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    Migration: Comment Rabat donne l’exemple

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5314 Le 13/07/2018 | Partager
    Deux vagues de régularisation de migrants en l’espace de 3 ans
    Dispositif d’intégration via notamment l’éducation, le logement, la santé…
    Gotha mondial de la migration en décembre à Marrakech
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    La politique migratoire, initiée par le Souverain à la fin de 2013, a consisté dans un premier temps à régulariser la situation administrative de dizaines de milliers de migrants clandestins dont l’écrasante majorité est constituée de subsahariens (Ph Bziouat)

    En matière de gestion de l’émigration, le Maroc est en pôle position. En l’espace de trois ans, il a été placé sur une orbite internationale au point que son expérience en la matière fait l’objet d’études des spécialistes et de cours magistraux dans les plus grandes universités internationales. En effet, cette politique migratoire, initiée par le Souverain à la fin de 2013, a consisté dans un premier temps à régulariser la situation administrative de dizaines de milliers de migrants clandestins dont l’écrasante majorité est constituée de subsahariens. Après cette première opération qui avait concerné près de 24.000 personnes, une deuxième vague de régularisation a été lancée. Officiellement, 28.400 demandes ont été déposées. Ces dossiers représentent 113 nationalités. En tout cas, pour cette opération, la consigne royale a été claire: il s’agit d’accorder une durée de séjour plus longue (3 ans au lieu d’une année comme avant), avec des conditions plus souples. Cette politique pourrait s’expliquer par des transformations enregistrées au cours des dernières années. En effet, en matière d’émigration, le statut du Maroc a complètement changé.  Initialement pays de transit pour les candidats au mirage européen, il s’est retrouvé avec l’arrivée de centaines de milliers de migrants, pour la plupart des subsahariens, pays d’accueil. Comme l’Europe a renforcé sa politique sécuritaire aux frontières extérieures, l’étau s’est resserré sur cette communauté. Les plus futés ont commencé à travailler dans des secteurs pourvoyeurs de main d’œuvre comme le bâtiment, l’agriculture et le commerce notamment.

    «La responsabilité de chacun 

    et la solidarité de tous»

    Parallèlement à cette action administrative, la politique suivie sur instructions royales visait également une meilleure intégration des migrants dans la société. Il s’agissait de leur permettre l’accès aux services publics de base comme notamment l’éducation des enfants, l’habitat social et la formation professionnelle. Selon les statistiques officielles, pas moins de 7.500 enfants sont scolarisés dans le système d’enseignement public. Ces actions ont été entreprises en étroite collaboration avec une société civile très active et des organisations internationales très présentes. Le tout sous la supervision du Conseil national des droits de l’homme, présidé par Driss El Yazami
    Rabat est présenté comme un modèle dans la gestion des migrants. Cette posture est venue comme une conséquence de sa nouvelle politique migratoire. Aujourd’hui, c’est de notoriété publique, le Maroc défend le principe de la gouvernance de la migration qui repose sur la base de «la responsabilité de chacun et la solidarité de tous». Cette politique est érigée en modèle régional de gestion du phénomène migratoire. D'ailleurs, le Maroc et l’Allemagne co-président du 5 au 7 décembre prochain à Marrakech, le Forum mondial pour la migration et le développement. Quelques jours plus tard (10 et 11 décembre), un autre évènement d’envergure internationale sera organisé par les Nations-Unies dans la même ville. Il s’agit d’une conférence intergouvernementale qui devra adopter «le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières». 
    Toutes ces étapes qui se focalisent sur le Maroc sont la conséquence d’une politique en matière de migration. Le Roi a décliné sa vision pour le continent à l’occasion du 30e sommet de l’Unité africaine qui s’est tenu à Addis Abeba en janvier dernier. Le rendez-vous était fort symbolique puisqu’il s’agissait de soumettre le document de l’Agenda africain de la migration. Dans l’approche royale, cet Agenda doit tendre à faire de la migration un levier du co-développement, un pilier de la coopération sud-sud et un vecteur de solidarité. Dans cet agenda, il s’agit de «déconstruire, un à un, les mythes associés à la migration, comme l’évocation d’une déferlante migratoire», une image complètement fausse «puisque les migrants ne représentent que 3,4% de la population mondiale». De même, «la migration africaine est d’abord intra-africaine», avait souligné SM le Roi. L’autre mythe à faire tomber porte sur une idée reçue qui consiste à affirmer que la migration appauvrit les pays d’accueil. C’est faux «puisque 85% des revenus des migrants restent dans ces pays». De même «la migration est un phénomène naturel qui constitue la solution et non pas le problème», a affirmé le Souverain.
    Par ailleurs, le plaidoyer en faveur de l’Agenda africain sur la migration vise à endiguer le départ des jeunes du continent vers l’Eldorado européen, dans des conditions précaires et au péril de leurs vies. Dans ce discours qui avait marqué un tournant dans l’approche de ce phénomène, SM le Roi a appelé à la mise en place d’une «politique volontariste en faveur de cette jeunesse, l’avenir du continent». «Le destin de nos jeunes est-il au fond des eaux de la Méditerranée et comment la mobilité peut se transformer en une hémorragie?» s’est interrogé le Souverain.  Il a par ailleurs appelé à l’émergence d’une «nouvelle Afrique» qui «s’appuie sur une vision concrète et pragmatique». «Il est nécessaire que l’UA entame sa mue», a-t-il plaidé. Selon le Roi, l’agenda africain pour la migration, a été conçu selon une approche inclusive et participative».

     «Comprendre, anticiper et agir»

    L’initiative proposée par le Roi a porté sur la création d’un Observatoire africain de la migration qui aura pour mission de développer l’échange d’information entres les pays africains. Cet Observatoire, dont le travail sera basé sur le triptyque «comprendre, anticiper et agir», devra favoriser une gestion maîtrisée des flux migratoires. Le poste d’Envoyé spécial de l’UA chargé de la migration a été proposé. Son titulaire aura pour mission de «coordonner les politiques de l’Union dans ce domaine».


    The Moroccan dream

    LA répartition géographique des demandeurs de la carte de séjour de la deuxième vague de régularisation dément tous les pronostics. Contrairement à ce que l’on peut imaginer, les régions où se rassemblaient les migrants avant de prendre d’assaut les présides de Melilla et de Ceuta ne concentrent pas le plus gros des dossiers des demandeurs. C’est plutôt Casablanca qui arrive en tête avec le dépôt de 22,84% de l’ensemble des demandes. Elle est suivie de Tanger-Assilah, de Rabat, de Marrakech et Salé. Si les dossiers sont déposés dans ces provinces, cela montre que les migrants sont installés dans ces villes.
    Donc le projet des candidats à l’émigration vers l’Europe s’est estompé. Ils ont ainsi décidé de vivre le «rêve marocain».


     

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