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    Le CCME plombé par l’absence du président

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5314 Le 13/07/2018 | Partager
    «Driss El Yazami n’y a pas mis les pieds depuis 5 ans», selon son SG
    Le projet de loi organisant le travail du Conseil se fait attendre
    Le Conseil des oulémas installé à Bruxelles doit être revu
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    Pour son secrétaire général Abdallah Boussouf, le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME) joue un rôle consultatif auprès de SM le Roi (Ph. Bziouat)

    - L’Economiste: Comment se porte la coopération avec les autres intervenants, notamment le ministère, la Fondation Hassan II, … ?
    - Abdallah Boussouf:
    La multiplicité des intervenants signifie que le Maroc donne une importance capitale à la question migratoire. Le Conseil est consultatif auprès de SM le Roi. Notre métier est l’évaluation des politiques publiques en vue d’élaborer des avis pour que celles-ci  soient en phase avec les attentes et les aspirations de la communauté marocaine à travers le monde. Le ministère est dans l’exécutif, la Fondation Hassan II est chargée de l’enseignement et des questions d’ordre culturel. Actuellement, il n’y a pas de vraie coordination entre ces institutions, avec parfois le non-respect des attributions. 

    - Votre Conseil ne semble pas tourner à plein régime. Pourquoi?
    - D’abord à cause de l'absence du président. Driss El Yazami n'a pas mis les pieds au Conseil depuis 5 ans. Pour nous, c'est un handicap. Ensuite, nous n’avons pas de texte qui organise le travail du CCME. Le gouvernement doit élaborer un projet de loi pour remédier à cette situation.

    - Sur la table, une proposition pour que les membres du Conseil soient élus par la communauté marocaine. Qu’en pensez-vous?
    - Nous avons fait aussi une proposition pour marier les deux formules. La désignation pour avoir de l'expertise, car, il s’agit d’un Conseil consultatif qui doit élaborer des avis, sur la base des compétences de ses membres. L’élection servira à avoir une certaine représentativité. Nous avons donc proposé de constituer le corps des grands électeurs qui viendront de l’ensemble du tissu associatif marocain au niveau de chaque consulat. Ils vont élire leurs représentants dans le futur conseil. Nous attendons toujours un feed-back à notre proposition.

    - Vous avez aussi lancé des programmes de lutte contre la pensée extrémiste dans les milieux des MRE. Quel bilan en tirez-vous?
    - Ce travail, qui s'inscrit dans le long terme, a commencé à donner ses résultats. Le partenariat avec l'Institut Goethe en Allemagne a permis de former des imams marocains à la langue, l'histoire et la civilisation allemandes. Aujourd'hui, ils sont capables de produire leurs prêches en allemand. D’autres résultats sont visibles sur le terrain, avec l'émergence d'une élite intellectuelle au sein des imams. Nous avons également soutenu la création d'une pièce de théâtre, portée par un de nos membres qui s'appelle Rachid Benzine, qui a été récemment jouée au Maroc. 

    - Sur le terrain, l'extrémisme prospère, notamment dans les prisons et les quartiers.
    - Nous ne sommes pas la seule institution qui travaille sur ce dossier. Le haut Conseil des oulémas des Marocains du monde est installé à Bruxelles. Il est destiné à l'encadrement religieux des Marocains du monde. Aujourd’hui, nous constatons que ce Conseil est touché par une certaine inertie.

    - Pourquoi ?
    - Il faut qu'il soit composé d’oulémas capables d'abord de produire des discours dans des langues européennes. Ce n'est pas le cas. Il y a dix ans, il avait joué un rôle dans l’introduction du modèle marocain qu’est le rite malekite. Aujourd'hui, il doit passer à une deuxième phase pour répondre aux besoins du débat sur l'islam en Europe. Car, pour être un acteur fiable, il faut que les membres de ce Conseil soient capables d'être des interlocuteurs de l'ensemble de la société, et dans les langues des pays d’accueil.

     

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