International

Le terrorisme frappe encore la Tunisie

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5311 Le 10/07/2018 | Partager
Le pays rend hommage aux victimes
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La Tunisie a rendu hommage, hier lundi 9 juillet, aux six membres des forces de sécurité tués la veille dans l’ouest du pays. Ceci, lors de l’opération terroriste la plus sanglante depuis la série d’attaques de 2015 et début 2016, revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Après une cérémonie sur une base de la Garde nationale près de Tunis, certaines victimes ont été enterrées dans la foulée.
Les autres policiers blessés, transférés à l’hôpital militaire de Tunis, sont dans un état stable, a indiqué le porte-parole de la Garde nationale, le colonel Houssemeddine Jebabli. Il a précisé que les opérations de recherches lancées dimanche avec l’armée se poursuivaient, mais aucune arrestation n’a eu lieu. ,Cette attaque risque d’accentuer la crise politique que traverse la Tunisie, où le Premier ministre Youssef Chahed fait face à une offensive au sein de son propre camp. Il a d’ailleurs récemment limogé le ministre de l’Intérieur et des dizaines de responsables du ministère ont été démis de leurs fonctions sans explication précise.
A Sidi Bouzid, dans le centre tunisien, des dizaines de policiers ont manifesté pour réclamer davantage de moyens, selon un correspondant de l’AFP. Des heurts ont régulièrement lieu à la frontière algérienne mais c’est la première fois depuis plus de deux ans que les forces de l’ordre essuient de telles pertes.
La dernière attaque de grande ampleur en Tunisie remonte à mars 2016. Des terroristes avaient lancé à cette date des opérations coordonnées contre des installations sécuritaires de Ben Guerdane, près de la Libye. Elles avaient entraîné la mort de 13 membres des forces de l’ordre et sept civils.
Bien que perpétrée dans une zone montagneuse, loin du littoral touristique, cette attaque intervient dans un moment sensible pour le pays du jasmin. Frappée par une série d’attentats meurtriers, notamment au musée du Bardo à Tunis et sur une station balnéaire en 2015, la Tunisie a beaucoup misé sur l’accalmie de ces deux dernières années pour relancer le tourisme. Même si la situation sécuritaire s’est nettement améliorée, le pays reste sous état d’urgence depuis l’attentat suicide commis en plein Tunis contre la sécurité présidentielle (12 agents tués), en novembre 2015. Selon le chercheur Matt Herbert, c’est dans les maquis du nord-ouest qu’ont péri le plus de membres des forces de l’ordre depuis la révolution, avec un bilan de 118 morts. Le pays garde notamment en mémoire la mort de 15 soldats en juillet 2014 dans une attaque au Mont Chaambi. Celle de dimanche «montre qu’il reste des poches où les problèmes de sécurité n’ont pas été résolus…», selon l’expert.

 

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