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L’après-Brexit: Ce que prévoit le plan britannique

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5311 Le 10/07/2018 | Partager
Une zone de libre-échange et un nouveau modèle douanier
Dominic Raab nommé ministre du Brexit
Le gouvernement britannique fait bloc face aux critiques
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Dominic Raab (à gauche) a été nommé ministre du Brexit du gouvernement britannique après la démission de David Davis. Celui-ci était en désaccord avec les orientations de la Première ministre Theresa May (Ph. AFP)

L’eurosceptique Dominic Raab a été nommé ministre du Brexit du gouvernement britannique après la démission de David Davis en désaccord avec les orientations de la Première ministre Theresa May. 
Raab (âgé de 44 ans) était jusqu’ici secrétaire d’Etat chargé du Logement, après avoir occupé le poste de secrétaire d’Etat à la Justice dans le gouvernement May.
Le gouvernement britannique était en pleine crise après la démission du ministre des Affaires étrangères Boris Johnson et le départ annoncé des secrétaires d’Etat au Brexit Steve Baker et Suella Braverman. Ceci, au lendemain de la présentation du plan pour l’après-Brexit dont voici les principaux points:
Zone de libre-échange: Dans ce document, l’exécutif britannique propose la création d’une zone de libre-échange entre le Royaume-Uni et l’UE avec un ensemble de règles communes pour les biens industriels et les produits agricoles. Londres souhaite également que le Parlement britannique puisse rejeter de futures règles qui ne lui conviendraient pas, tout en acceptant les conséquences que cela pourrait impliquer.
Souplesse pour les services: La proposition britannique prévoit que le secteur des services fasse l’objet d’arrangements différents par rapport aux biens, pour conserver une souplesse de fonctionnement, notamment vis-à-vis des marchés hors UE. Londres accepte la fin du passeport financier, qui permet aux sociétés de proposer leurs services sans entrave dans l’UE depuis le Royaume-Uni et propose des accords pour préserver les avantages mutuels des marchés intégrés et protéger la stabilité financière.
Fin de la libre circulation: La proposition britannique souhaite mettre fin à la libre circulation des personnes pour redonner au Royaume-Uni le contrôle de sa politique migratoire. Londres aspire toutefois à un dispositif permettant aux citoyens britanniques et de l’UE de continuer à voyager dans les territoires des uns et des autres, d’y faire des études ou de travailler.
Un cadre juridique: Le Royaume-Uni souhaite la mise en place d’un cadre institutionnel commun pour permettre le bon fonctionnement de la future relation avec l’UE, avec un mécanisme de résolution des conflits et un système d’arbitrage indépendant. 
Londres confirme également son intention de quitter la juridiction de la Cour de justice de l’UE, mais souligne que les tribunaux britanniques pourraient tenir compte de la réglementation européenne pour les affaires tombant sous le coup de règles communes.
Droits de douane et frontières: Le gouvernement britannique propose d’appliquer à ses frontières les droits de douane et règles commerciales du Royaume-Uni aux biens qui lui sont destinés. Puis les droits et règles de l’UE pour les biens destinés à l’Union en provenance de pays tiers. Selon Londres, ce système permettrait d’éviter les contrôles douaniers entre le Royaume-Uni et l’UE. Une manière de résoudre l’épineuse question d’un rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord.
Absence d’accord: Le gouvernement britannique réaffirme qu’il est dans l’intérêt des deux parties de parvenir à un accord sur le Brexit, prévu le 29 mars 2019. Mais, alors que la date se rapproche, il souligne aussi la nécessité d’intensifier le travail de préparation pour faire face à tous les scénarios possibles, en particulier celui d’une éventuelle sortie de l’UE sans accord avec Bruxelles.


L’UE, pas inquiète: La démission du ministre du Brexit David Davis n’est pas un problème pour l’Union européenne, a indiqué le porte-parole de la Commission européenne. 
Interrogé pour savoir si une démission à un tel niveau politique était un problème, le porte-parole en chef de l’exécutif européen, Margaritis Schinas, a répondu: «Pas pour nous». «Nous continuerons à négocier de bonne volonté avec la Première ministre May et les négociateurs britanniques», a-t-il ajouté au cours d’un point de presse.
Les milieux économiques et financiers: Ils ont dans l’ensemble plutôt bien accueilli le plan de May, y voyant une légère inflexion en direction du «Brexit doux» qu’ils appellent de leurs voeux. Les marchés britanniques étaient d’ailleurs bien orientés lundi 9 juillet dans la matinée. La livre sterling gagnait un peu de terrain face à l’euro et au dollar. 
Les milieux d’affaires restaient néanmoins prudents espérant que le gouvernement britannique allait éviter d’autres départs qui pourraient le déstabiliser davantage. Ils déploraient en outre le manque de détail sur la question des échanges de services avec l’UE, qui représente la majeure part du commerce britannique.


 

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