Economie

Risque pays: Le Maroc dans le trio de tête africain

Par Franck FAGNON | Edition N°:5308 Le 05/07/2018 | Partager
Il préserve sa note B1 chez Euler Hermes
50 milliards de dollars de nouveaux débouchés pour l’export marocain d’ici 2030
Washington et Pékin n’ont aucun intérêt à une guerre commerciale
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Le commerce mondial devrait continuer de progresser à un rythme correct à court terme. Sur un horizon plus long, un club de pays africains composé du Maroc, de l’Afrique du Sud, du Nigéria, du Ghana ou encore de l’Angola devrait se distinguer. Les exportations additionnelles marocaines se chiffreraient à 50 milliards de dollars d’ici 2030

Les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine ont pesé sur les marchés au premier semestre et continuent d’influencer le comportement des Bourses. Mais la probabilité d’un affrontement entre les deux premières puissances mondiales serait très faible selon plusieurs observateurs.

Derrière ces pressions, le groupe d’assurance crédit Euler Hermes est partagé entre le poker commercial et la querelle commerciale. L’hypothèse d’un affrontement ne représente que 5% du scénario de l’assureur crédit qui a présenté hier, mercredi 4 juillet, ses nouvelles prévisions macroéconomiques.

Un affrontement entre les Etats-Unis et la Chine n’arrange aucune des deux parties, sachant que les velléités protectionnistes de l’administration Trump visent aussi des produits importés d’Europe, notamment les voitures. Au-delà du choc qu’un conflit commercial engendrerait sur le commerce mondial, celui-ci coûterait 1,7 point de croissance aux Etats-Unis, prédit Euler Hermes.

La Chine limiterait les dégâts à 1 point. En revanche, l’Europe serait le principal perdant puisque l’incidence sur la croissance est estimée à 1,9 point. Les économies émergentes, elles, seraient plongées dans une récession généralisée selon les hypothèses des économistes de l’assureur crédit.

Si l’on se limite au poker commercial, les conséquences sur le commerce mondial et les performances des pays protagonistes seraient négligeables. D’ailleurs, les flux commerciaux dans le monde devraient continuer à progresser à un bon rythme selon les dernières prévisions.

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 La remontée du cours du pétrole va soulager des pays comme le Nigeria ou encore l’Angola qui sortent de deux années difficiles. Le regain de l’activité en Afrique du Sud devrait aussi soutenir la croissance du continent à court terme. Le Maroc est crédité de 3% en 2018 et 2019

La croissance s’établirait à 4,1% (en volume) en 2018 et 3,7% l’année prochaine. Sur les marchés africains et sur une période plus longue, un club de pays composé du Maroc, de l’Afrique du Sud, du Nigéria, du Ghana et de l’Angola devrait se distinguer.

La demande additionnelle adressée au Maroc totaliserait 50 milliards de dollars d’ici 2030 selon les prévisions d’Euler Hermes. Le pays préserve sa note B1(associée à un risque faible) auprès de l’assureur crédit tout comme le Ghana et le Botswana. Ces trois économies détiennent les meilleures notes du continent.

La croissance marocaine s’établirait à 3% en 2018 et sera du même acabit en 2019. La moyenne régionale est estimée à 3,6% et 3,9% pour tout le continent en 2018. La remontée du cours du pétrole va soulager des pays comme le Nigeria ou encore l’Angola qui sortent de deux années difficiles.

A l’échelle mondiale, l’activité progresserait de 3,3% après 3,2% en 2017. Si la dynamique reste positive, «les moteurs de l’économie mondiale pourront se désynchroniser dès cette année. La croissance américaine devrait s’accélérer alors qu’un ralentissement est attendu en Europe et en Chine», préviennent les économistes d’Euler Hermes.

La montée du protectionnisme, le resserrement de la politique monétaire des banques centrales et un choc inflationniste pourraient altérer le cycle actuel de la croissance.

 

 

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