Régions

Dakhla-Oued Dahab accompagne ses artisans

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5281 Le 28/05/2018 | Partager
14 projets programmés pour un budget de 32,9 millions de DH
Formation, promotion, appui technique et renforcement des infrastructures
Dans le pipe, un institut d’art traditionnel et une maison pour les femmes artisanes
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Dar Saniaa (maison de la femme artisane) est un projet dédié à l’accompagnement et l’appui à la femme artisane de la région Dakhla-Oued Dahab. Ce bâtiment, dont les travaux de construction sont prévus à partir de juillet 2018, sera mis à disposition d’une association féminine pour en assurer la gestion et devrait abriter des formations et plusieurs activités en lien avec la maroquinerie et les produits du terroir de la région (Ph. SB)

Dans la région Dakhla-Oued Dahab, le secteur de l’artisanat est une activité particulièrement présente dans l’économie locale. Bijouterie, maroquinerie, produits du terroir, couture et tissage sont les métiers les plus prépondérants dans la région. Le développement urbain rapide a contribué de son côté à l’émergence de nouveaux métiers comme la ferronnerie, le plâtre, le zellige et la tapisserie.

Le Plan stratégique de développement intégré et durable de la région Dakhla-Oued Dahab 2016-2021 a donné une impulsion importante à ce secteur, intimement lié à l’économie sociale et solidaire dans la région, en accompagnant les artisans et en professionnalisant les métiers. Le secteur dénombre 3.500 artisans dans la région Dakhla-Oued Dahab, 48 coopératives, 26 associations professionnelles et 15 petites entreprises actives dans l’artisanat et l’économie sociale.

Depuis 2016, ce sont quelque 33 millions de DH qui ont été déployés pour mener 14 projets au total. En 2017, des sessions de formation continue de production et de services ont bénéficié à 150 artisans. Les composantes de la formation concernent principalement le design, la matière première et l’utilisation d’outils de travail modernisés.

La session de 2018 devrait, quant à elle, bénéficier à 90 artisans dans le cadre d’une convention en cours de signature avec l’Ecole nationale de commerce et de gestion de Dakhla (ENCG). Trois millions de DH ont été déployés pour ce programme. La formation par apprentissage a, quant à elle, bénéficié à 39 apprentis en 2016 et à 48 en 2017. En 2018, ce programme prévoit la formation de 70 bénéficiaires.

L’ensemble de ces formations a mobilisé un budget de 1,2 million de DH. A noter que 100% des bénéficiaires sont des femmes. En parallèle, le secteur a pu bénéficier d’un financement dans le cadre de l’INDH pour un ensemble de 82 projets générateurs de revenus avec un montant de près de 8 milliards de DH entre 2006 et 2017. L’année 2017 a également connu la mise en place d’un Registre régional des artisans.

«C’est une initiative qui reconnaît le métier d’artisan à travers un statut professionnel, mais permet aussi de bénéficier de facilités pour l’octroi de crédits bancaires dans le cadre de conventions signées avec les banques partenaires», assure Mohamed Salem Boudija, directeur régional du ministère de l’Artisanat, de l’Economie sociale et solidaire (MAESS).

En outre, et pour ce qui est de l’appui à la production, le programme a permis la création et l’équipement d’un centre d’appui technique pour bijouterie, ainsi qu’un point de vente d’argent brut pour l’activité d’orfèvrerie. Par ailleurs, l’ensemble des artisans est encouragé à participer aux foires et salons de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire, aussi bien de la région qu’au niveau national et international.

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L’axe de commercialisation a été renforcé avec la construction d’un grand complexe d’artisanat dans la ville de Dakhla qui réunit l’ensemble des métiers et permet aussi bien aux artisans individuels qu’aux coopératives et associations d’exposer leurs produits (Ph. SB)

La région abritera dans ce sens la deuxième édition du Salon régional des produits de l’artisanat et de l’économie sociale pendant le Ramadan. De plus, la région Dakhla-Oued Dahab organisera pour la première fois, à partir de 2018, un marché itinérant de l’économie sociale et solidaire afin de promouvoir les produits de l’artisanat et de l’économie sociale de ses artisans, et qui se déroulera à El Jadida, Tanger et Marrakech.

L’axe d’appui au secteur de l’artisanat est décliné à travers la modernisation des outils et l’acquisition de machines sophistiquées au profit des artisans d’un coût total de 1 million de DH. Les artisans exerçant l’activité de bijouterie bénéficient désormais, collectivement, d’une machine pour le laminage du métal d’argent, ce qui leur permet de consacrer davantage de temps pour la conception et le design de leurs produits.

  Pour ce qui est de la labellisation, quatre entités de production ont réussi à décrocher le label national «Morocco Handmade».

«Ce label constitue un outil de marketing important pour l’accès à de nouveaux marchés, mais aussi une reconnaissance de l’engagement qualité et responsabilité sociétale des artisans», ajoute Boudija. A partir de 2018, plusieurs projets ont été lancés ou sont en cours de démarrage.

Pour ce qui concerne la formation, et à partir de la deuxième moitié de 2018, un programme pour le renforcement des capacités dans la gouvernance et les techniques de gestion sera mis en place au profit des porteurs de projets de l’économie sociale et solidaire. Un budget de 1,2 million de DH y sera alloué.

Passé en quelques années du statut de secteur social à celui de secteur économique productif, l’artisanat contribue aujourd’hui activement au développement économique de la région. Les femme artisanes, particulièrement touchées par les actions du plan de développement du secteur, ont constitué pas moins de 15 coopératives depuis le lancement de celui-ci. Un résultat qui conforte les efforts fournis et confirme l’efficacité de l’approche genre dans ce programme.

Un institut pour enseigner l’artisanat

L’institut d’art traditionnel, dont le chantier devra être lancé en juillet prochain, sera dédié à la formation aux métiers de l’artisanat: menuiserie, ferronerie, tapisserie, tissage, etc., qui seront déclinés au fur et à mesure de la mise en place du programme des formations. Il sera construit sur une superficie de plus de 6.000 m2 et inclura, entre autres, des ateliers par corps de métier, des salles de cours et d’informatique ainsi qu’une bibliothèque. Cet institut aura la particularité de disposer d’un espace d’accueil composé de 20 chambres doubles pour recevoir les bénéficières des formations, provenant aussi bien du Maroc que de l’étranger. Le budget total alloué pour la réalisation de l’institut est de 13 millions de DH.

De notre correspondante permanente, Sabrina BELHOUARI

 

 

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