Entreprises

Tourisme: Un réquisitoire sans appel du Comité d'experts!

Par Amin RBOUB | Edition N°:5280 Le 25/05/2018 | Partager
Très critique, le diagnostic relève plein de dysfonctionnements
Pilotage, gouvernance, aérien, plan Azur, produit... au scalpel

Le bras de fer de la Corporation des opérateurs du tourisme est en train d'éclipser des dossiers stratégiques, dont dépendra l'avenir du secteur et de la destination Maroc. Aujourd'hui, tout l'enjeu consiste à réactiver le Comité des sages élargi, qui a été constitué le 12 février dernier, et co-commandité par Miriem Bensalah, en sa qualité de présidente sortante de la CGEM. 

Le Comité des experts compte une douzaine de membres, dont des représentants de la CNT. Mission: élaborer une feuille de route pour le tourisme et la soumettre à la tutelle.

C'est à Amyn Alami qu'incombe le pilotage du Comité d'experts (Comex) censé recadrer le déploiement de la Vision 2020, redynamiser le secteur, voire se projeter à l'horion 2030. Sauf que cette feuille de route ne fait pas l'unanimité auprès de l'ensemble de la corporation. D'autant plus que cela fait près de 2 mois que le Comité sollicite une audience auprès du ministre Sajid pour avoir l'avis et le soutien de la tutelle. Mais la requête des experts est restée sans réponse.

De sources proches du Comex, le livrable fait un diagnostic détaillé, une sorte de revue statistique de 2010 à 2015 et relève une série de dysfonctionnements. Des discordances structurelles dans l'équation touristique. Le diagnostic vient à point nommé prendre la juste mesure et le pouls d'un secteur en perte de visibilité.

Il se penche sur le produit, l'aérien, la promotion, le business model ou encore la capacité et le pilotage. Le tout dans une logique prospective qui va jusqu'à 2025-2030. Les axes portent aussi sur des recommandations détaillées pour améliorer le pilotage, la gouvernance du privé, l'aérien, le plan Azur, ou enfin l'offre Produit.

La refonte du business model de RAM est érigée en chantier stratégique: «le business model actuel est une aberration». L'on se demande si le gouvernement veut vraiment une compagnie nationale viable qui profite au développement régional ou non. Sur le même registre, pour des raisons de compétitivité, l'ONDA devrait passer au statut de concession publique/privée. Car l'état actuel des aéroports ainsi que leur gestion ont montré leurs limites.

Par ailleurs, le rapport recommande la fusion entre la Smit (Société marocaine d'ingénierie touristique) qui met en œuvre la stratégie de développement du produit avec l'ONMT. L'enjeu est d'enclencher des synergies entre le produit et la promotion, mais aussi deux entités sous la coupole du même ministère, qui ne communiquent pas.

Ce schéma s'inspire du modèle français où une seule et même structure assure à la fois le produit et la promotion. La réflexion du Comex va plus loin et anticipe la régionalisation avancée. Elle propose un moratoire sur les futurs investissements hôteliers, surtout dans les régions en surcapacité à l'instar de Marrakech.

Mais ce sera un moratoire ponctuel, jusqu'à ce que les hôteliers atteignent 70% de capacité de remplissage. A ce moment-là, exit le moratoire. Le Comité d'experts compte également mettre en place un organe indépendant de régulation.

Changement de paradigme

En guise de conclusion, le Comex recommande un changement de paradigme de façon à privilégier la demande à l'offre. Parmi les propositions phares du Comex, la privatisation de l'ONMT, qui devient une agence privée de promotion. Sur l'aérien, il va falloir sauver le navire amiral RAM.

 

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