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    Economie

    Habitat: Enième promesse de relance

    Par Nadia DREF | Edition N°:5264 Le 03/05/2018 | Partager
    Concertations élargies autour de la redynamisation du secteur
    La feuille de route du secteur
    En 2017, la production a atteint 160.000 unités avec un déficit de 400.000 logements

    Le ministère de l’Habitat cherche encore sa feuille de route. Tant attendu, le plan de relance du secteur tarde à venir. «Des mesures pourront être prises avant fin 2018», confie Abdelahad Fassi Fehri, ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville. C’était en marge de la cérémonie de lancement de concertations élargies sur la redynamisation du secteur de l’habitat, organisée hier 2 mai à Rabat.

    Promoteurs public et privé, architectes, géomètres-topographes, bureaux d’études… La mobilisation est grande. «Le défi majeur à relever est la mise en place de programmes adaptés au contexte national permettant de donner un nouveau souffle au marché immobilier, en corrélation avec les besoins et les attentes des ménages», précise la tutelle. 

    Pour affiner la réflexion, les ateliers se poursuivront jusqu’au 10 mai. C’est une opportunité pour débattre du diagnostic du secteur ainsi que des contraintes et défis actuels et futurs qui pèsent sur cette activité. Les résolutions et recommandations opérationnelles prises devront constituer la base du futur plan de relance visant à satisfaire les attentes des opérateurs ainsi que des ménages.

    «Ces défis ne sauraient être relevés que si le secteur de l’habitat s’engage dans une mutation profonde de ses modes opératoires», relève la tutelle.

    «Pour les années à venir, nous devrons poursuivre les grands chantiers et réorienter les politiques afin de répondre à une demande future estimée à 1,5 million de logements. Nous travaillerons également sur la mise en place d’un nouveau programme dont 44% dédiés au logement social et 13% au locatif», fait valoir le ministre de tutelle.

    Dans le même esprit, Fatna El-K’hiel, secrétaire d’Etat, chargée de l’Habitat, a insisté sur l’importance de l’amélioration de la qualité des logements en respect du développement durable. «Le défi est de concevoir une nouvelle politique afin de renforcer l’attractivité du secteur et de faciliter l’accès au logement dans les villes, sans oublier le monde rural qui nécessite davantage de concentrations ainsi que des efforts de l’Etat», précise la secrétaire d’Etat.

    Le plan de redynamisation passera par une nouvelle approche en matière d’intervention de l’Etat dans ce secteur stratégique et sensible. Logement à 250.000 DH, habitat à 140.000 DH, offre dédiée à la classe moyenne, locatif, programmes pour le monde rural… La demande persiste mais des efforts sont attendus pour garantir un marché efficient et répondre à des besoins encore latents.

    D’où la nécessité de nouvelles mesures susceptibles de redynamiser le secteur. Le constat aujourd’hui est que les programmes en cours sont presque arrivés à leur fin de cycle, d’autres ont montré leurs limites. C’est le cas des logements sociaux à 250.000 DH dont le dispositif incitatif devra prendre en 2020.

    D’ailleurs, les promoteurs immobiliers comptent reconduire ce programme sur de nouvelles bases: accès au foncier public via appels d’offres, un prix de 5.000 DH HT/m² pour le logement social, verticalité-hauteur… Des mesures difficiles à retenir surtout qu’elles interviennent à un moment où ce segment du marché connaît une crise alimentée par d’importants stocks d’invendus. D’autant plus que le ministre des Finances écarte, pour le moment, l’option d’accorder de nouvelles incitations fiscales aux promoteurs.

    En marge de la rencontre avec les opérateurs, le ministre de l’Habitat a également présenté les réalisations du secteur. Certes des objectifs ont été atteints mais le bilan reste insuffisant. En 2017, la production annuelle de logements a atteint 160.000 unités. Ce qui a permis de réduire le déficit à près de 400.000 logements.

    En matière de recasement, le programme «Villes sans bidonvilles» a permis l’assainissement de 58 villes sur 85 agglomérations programmées. En 2018, 3 autres villes recevront ce label. A ce jour, 251.000 ménages ont vu leurs conditions de vie s’améliorer, représentant ainsi 66% de la population ciblée par ce programme. Pour les villes restantes, l’état d’avancement varie entre 50 et 75%, apprend-on auprès du département de l’Habitat.

    La tutelle prévoit également redynamiser le Conseil national de l’habitat qui ne s’est pas réuni depuis 2016. Les premières recommandations à l’issue de ce travail de concertation élargie seront examinées lors de la prochaine cession.

    Ateliers thématiques

    Des ateliers thématiques se déroulent du 2 au 10 mai au ministère de l’Habitat. Ils sont axés autour des principaux chantiers de réforme initiés par la tutelle. Les débats portent sur la question de l’accessibilité des logements et la recherche d’une meilleure rentabilité sociale. S’y ajoutent la résorption et la prévention de l’habitat insalubre, la stimulation du secteur locatif ou encore la prise en compte des aspects qualitatifs et ceux de durabilité. Les concertations porteront également sur des questions liées à l’intégration des notions de mixité sociale ou encore le respect de l’équité spatiale, y compris entre l’urbain et le rural ainsi que l’encadrement juridique du secteur.
    Ces rencontres verront la participation de représentants des départements ministériels, d’établissements publics, des banques, des fédérations professionnelles, d’universitaires, d’experts, d’associations de la société civile ainsi que des acteurs et intervenants dans l’acte de bâtir.

    Chiffres-clés

    • 1 million de personnes employées dans le secteur de la construction
    • 1,5 million de demandeurs de logements
    • 257,2 milliards d’encours de crédits à l’immobilier
    • 12 opérations de titrisation ont été réalisées depuis 1999 portant sur un total d’actifs de 12 milliards de DH dont 75% concernent des créances immobilières
    • 60% du parc est réalisé par le biais de l’auto-construction
    • Plus de 8 millions de logements existants dont 9% sont vacants
    • Plus 60% de taux d’urbanisation

    Source: Ministère de l’Habitat

     

     

     

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