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Justice

Des crimes «sans cadavres» aux enquêtes futuristes avec Europol

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5234 Le 21/03/2018 | Partager
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Les jeunes 14-25 ans ignorent majoritairement les dangers que représente l’usage des réseaux sociaux. «Ils sont à peine 22% à y voir un risque très important», selon l’enquête 2017-2018 du Centre marocain de recherches polytechniques et d’innovation

Suzanne Vergnolle est formelle: «Le droit n’apportera pas toutes les  réponses. Il faut apprendre aussi à utiliser les outils technologiques».  Cette juriste française travaille sur la protection des données des mineurs et la coopération pénale internationale. «Tous les textes de loi du monde ne bloqueront pas les criminels. Il faut encourager la collaboration public-privé et élaborer des techniques technologiques pour combler l’inefficacité juridique», recommande son confrère suisse, Me Sébastien Fanti. Que faire face à ces délits transfrontaliers? Les enquêteurs sont unanimes. Les preuves sont dispersées sur un ou plusieurs territoires étrangers. Aussi, l’accès à un mail, une vidéo ou une image attentatoire à la vie privée obéit à des procédures longues et complexes. D’autres obstacles s’y ajoutent: archivage numérique, arbitrage dans le stockage des données, évolution technologique -qui a conduit notamment à l’extinction des disquettes-, déperdition de la preuve avec le temps, limitation légale de la durée de conservation des données... Christian Aghouram est l’ancien chef de l’Office central de lutte contre la cybercriminalité. Ce commissaire de police française évoque «une criminalité sans cadavre». Avec la possibilité de voir aussi des enquêtes classées depuis des décennies et relancées après l’apparition d’un nouvel élément.  La convention de Budapest sur la cybercriminalité apporte des éléments de réponse aux Etats membres du Conseil de l’Europe et aux Etats signataires. «Le Maroc a déposé ses instruments de ratification et est déjà membre du réseau H24», assure le commissaire Christian Aghouram, formateur à l’Ecole de police de Kénitra. Dans son préambule, la convention de Budapest revient sur «la convergence et la mondialisation permanente des réseaux informatiques» et y exprime «les préoccupations» des Etats parties. 
Les banques de données s’avèrent donc nécessaires en matière de coopération pénale internationale. «Même si les services de sécurité ont tendance à garder jalousement leur information», regrette un ancien du Conseil de l’Europe. Europol, l’Office européen anti-criminalité, dispose d’une base de données (ISCE). Toutes les polices du monde peuvent y introduire leurs images et vidéos. Les enquêteurs peuvent recouper leurs données: 800 séries de photos et de vidéos leur sont accessibles.

 

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