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    Analyse

    Pourquoi la lutte anti-corruption fait du surplace: Les secteurs publics gangrenés

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4963 Le 17/02/2017 | Partager
    Justice, police et hôpitaux en tête
    En dépit des promesses, aucune avancée avec le gouvernement sortant
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    En dépit des différents stratégies et programmes de lutte anti-corruption, le Maroc n’a pas réussi à améliorer son classement dans l’Indice de perception de la corruption. Il stagne avec un score entre 36 et 37 points sur 100

    C’est l’un des slogans les plus galvaudés. Il revient en boucle à chaque campagne électorale. Plusieurs stratégies ont été lancées. Mais rien de concret n’a été réalisé dans la bataille pour venir à bout de la corruption qui gangrène plusieurs secteurs. Durant la dernière décennie, le Maroc a fait du surplace dans le classement de l’Indice de perception de la corruption de Transparency International. Il arrive à la 90e position. Certes, une petite évolution est constatée par rapport à l’année précédente.

    Mais c’est loin d’être suffisant pour atteindre les objectifs fixés. La stratégie nationale de lutte contre la corruption ambitionne de gagner 24 points d’ici 2025. L’objectif est de passer d’un score de 36/100 à 60/100. En principe, «c’est lors des premières années du lancement d’une stratégie que les plus grands efforts doivent être menés», déplorent les responsables de Transparency Maroc.

    A défaut de faire de grands pas, le Maroc stagne. Au point de voir s’installer une véritable corruption endémique.
    Au-delà de la perception, la corruption est une réalité, qui influence directement le quotidien des citoyens. Les résultats du dernier Baromètre de la corruption le confirment. Sur 1.200 personnes sondées, 49% ont déclaré avoir vécu une expérience de corruption dans le domaine de la justice, 39% au niveau de la police et 38% dans les hôpitaux publics. Un constat confirmé par les données de l’Enquête nationale sur la perception par les citoyens des Objectifs du millénaire (ODD), menée par le HCP. Il en ressort que 54,9% des personnes sondées estiment que la corruption est en hausse ces dernières années, au moment où 28,4% estiment que son évolution reste stable.

    Plusieurs facteurs sont cités pour expliquer la persistance de ce phénomène. Plus de la moitié des personnes interrogées par le HCP avancent que cela est dû à la «banalisation de cette pratique». Plus de 32% d’entre eux pointent le manque de rigueur dans l’application de la loi, au moment où 15,2% déplorent la difficulté de prouver les actes de corruption.

    Le gouvernement sortant ne s’est pas montré particulièrement entreprenant sur ce dossier. Même s’il s’agit d’un sujet dont certains partis, le PJD en tête, en avaient fait leur cheval de bataille pour convaincre les électeurs. Pour l’instant, la lutte anti-corruption semble se limiter aux effets d’annonce. Une année après son lancement, «cette stratégie n’a pas encore été dotée de mécanismes de mise en œuvre», selon les responsables de Transparency Maroc.

    Pour eux, son implémentation a besoin d’un chef d’orchestre, capable d’assurer la coordination entre les différents départements. C’est le même avis défendu par l’OCDE, dans son dernier rapport sur le Renforcement de l’intégrité du secteur public au Maroc. Pour les experts de cette organisation, c’est la nouvelle version de l’ICPC qui devrait jouer ce rôle. «La nouvelle instance doit occuper une place choisie dans le système national de lutte contre la corruption, et peut assurer un rôle de conseiller et de coordinateur horizontal», peut-on lire dans ce document. Or, l’ICPC peine encore à se remettre en selle (voir page suivante ).

    Repères

    • 90e C'est le classement du Maroc à l'Indice de perception de la corruption en 2016
    • 24 points à gagner d'ici 2025 dans cet indice selon la stratégie nationale anti-corruption
    • 1,8 milliard de DH prévus pour la réalisation des projets de cette stratégie
    • 54,9% des personnes interrogées par le HCP estiment que la corruption est en hausse au Maroc
    • 32% d'entre eux expliquent cette situation par le manque de rigueur dans l'application de la loi

    Le jour où le Maroc y a cru

    Lors de son lancement, la stratégie nationale de lutte contre la corruption a fixé des objectifs jugés trop ambitieux. A l’époque, Abdeslam Aboudrar, ancien président de l’ICPC, actuellement ambassadeur au Royaume-Uni, avait estimé que «le programme présenté contient tous les éléments d’une stratégie, avec des objectifs, des ressources, des projets et des instruments de mesure». Pour l’instant, rien n’a encore été fait. Car au-delà des 239 projets annoncés, articulés autour des axes de la gouvernance, de la prévention et de la répression, ce programme global, doté d’un budget de 1,8 milliard de DH, devra être décliné en plans d’action. C’est le prochain gouvernement qui se chargera de cette mission. Face au manque de visibilité concernant la composition de la prochaine équipe gouvernementale, des observateurs se demandent si le prochain ministre de la Fonction publique maintiendra la même stratégie ou lancera une nouvelle procédure pour définir d’autres priorités pour lutter contre ce fléau.

     

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