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    Nudging: Incitez au lieu de commander

    Par Karim Agoumi | Edition N°:4920 Le 20/12/2016 | Partager
    Une pratique qui consiste à orienter les actions des employés sans altérer le libre arbitre
    Design de l’environnement de travail, applications 2.0, affichage visuel… Les outils clés!
    Un moyen d’impliquer davantage les troupes et d’économiser

    Inciter les salariés à prendre de nouvelles décisions plus rentables pour l’entreprise, c’est le concept particulièrement original du «nudging»! Une démarche originaire des Etats-Unis qui revient à agir sur l’inconscient sans jamais altérer le libre arbitre des employés. Un moyen d’améliorer la performance et la santé psychologique des collaborateurs tout en économisant les coûts d’un dispositif de motivation classique. Explications.
    Le nudging vient du terme anglais «nudge» qui signifie littéralement «coup de pouce». Une démarche qui consiste à manager différemment de la méthode traditionnelle «command and control» et d’orienter subtilement les comportements des employés en faveur de l’intérêt collectif en se basant sur des processus de prise de décision et en modifiant l’environnement de travail, nous apprend Saif Allah Allouani, psychosociologue, coach et consultant en ressources humaines. Une pratique qui se caractérise par des actions rapides et concrètes gratifiant certains comportements et suscitant la curiosité des collaborateurs. «Le nudging préserve le libre arbitre des employés. Il ne fait appel à aucune obligation ni à aucun discours incitatif formel», ajoute par ailleurs le spécialiste. En entreprise, les «nudges» peuvent prendre plusieurs formes. L’on distingue tout d’abord ceux basés sur l’inconscient et notamment sur le réaménagement de l’environnement de travail, explique Saif Allah Allouani. Ainsi, le décloisonnement des bureaux peut encourager les échanges tandis que le placement d’espaces pour fumeurs au sous-sol décourage les employés de faire le déplacement. Le nudging peut également être fondé sur la raison. Dans ce cas, le feed-back peut dans un premier temps être visuel. Par exemple, si une entreprise cherche à réduire sa consommation d’électricité, elle peut afficher d’une manière visible le niveau de consommation d’électricité quotidien par département. Une pratique qui suscite le désir naturel chez les individus de paraître mieux que les autres et d’agir en faveur du bien collectif», précise l’expert en ressources humaines. Le feed-back peut également être obtenu via les réseaux sociaux et les applications sur smartphone.
    Un moyen d’impliquer davantage les collaborateurs dans leur travail et d’optimiser considérablement leurs performances. En effet, en suivant leurs propres décisions, ces derniers se sentent immédiatement plus engagés et donnent alors le meilleur d’eux-mêmes. La démarche est par ailleurs autrement moins coûteuse que les primes ou encore les promotions. Le nudging s’avère également clairement plus bénéfique pour les troupes sur le plan socio-psychologique.
    Au Maroc, la méthode est couramment employée mais sans que le terme «nudging» y soit explicitement associé, confie Saif Allah Allouani. Le nudging visuel est ainsi très pratiqué au sein des entreprises industrielles où l’on affiche régulièrement les accidents de travail ou encore le niveau de qualité. La démarche existe également dans les agences commerciales où les vendeurs disposent de poste de travail à usage collectif afin d’encourager le concept de la vente proactive.

    Une démarche déjà employée par certains gouvernements

    Le «nudging» a été exposé pour la première fois au public en 2008 dans l’ouvrage «Nudge: la méthode douce pour inspirer la bonne décision» du professeur de droit à Harvard Cass Sunstein et de l’économiste Richard Thaler. Les deux auteurs se sont inspirés des concepts de l’économie comportementale pour proposer des solutions originales à des problèmes de santé publique ou encore d’écologie. Depuis, plusieurs gouvernements ont eu recours à la démarche pour encourager les fonctionnaires et les citoyens à s’engager dans le nouveau paradigme, confie Saif Allah Allouani, psychosociologue, coach et consultant en ressources humaines.

     

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