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    COP22

    Des pré-COP régionales en attendant Marrakech

    Par Jaouad MDIDECH | Edition N°:4879 Le 19/10/2016 | Partager
    Casablanca-Settat a abrité l’une d’elles pour la société civile
    Une déclaration finale et un ensemble d’engagements à présenter lors de la grand-messe
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    Autorités locales, administration régionale, secteur privé, syndicats, universités, communauté scientifique, différentes composantes de la société civile étaient présents à Casablanca pour établir un diagnostic de la plus grande région du pays en termes de population et de ressources économiques, pour échanger sur les enjeux des changements climatiques sur le territoire (Ph. JM)

    Une rencontre africaine et internationale au mois de septembre dernier, des pré-COP régionales ce mois d’octobre, l’Académie du Royaume du Maroc qui organise à Marrakech du 18 au 20 octobre une rencontre dédiée au changement climatique et du nouveau temps du politique à laquelle sont conviés d’éminents experts, dont Nicolas Hulot… Le monde associatif, des chercheurs et des académiciens s’activent ainsi d’arrache-pied à travers toutes ces manifestations à déblayer le terrain à la grand-messe de Marrakech.
    A Casablanca, les 14, 15 et 16 octobre, ils étaient plus de 2.000 personnes à la faculté de médecine et de pharmacie de l’Université Hassan II pour élaborer des recommandations sur leur région à présenter à la COP22 de Marrakech. Une pré-COP de la région Casablanca-Settat, comme celles qui se sont déroulées au mois de juillet dernier à Oujda (pour les régions de Fès-Meknès et l’Oriental),  les 10 et 11 octobre à Rabat (pour la région de Rabat-Salé-Kénitra), et celle qui aura lieu à Laâyoune (pour les régions de Seguia Hamra, Oued Eddahab et Oued Noun) les 19 et 20 octobre .
    C’est la Coalition marocaine de la justice climatique (CMJC) et Driss El Yazami, chef du pôle société civile au sein du comité de pilotage de la COP22, qui sont à l’origine de ces quatre rencontres transrégionales pour présenter des bilans et diagnostics en rapport avec les changements climatiques dans les 12 régions du Maroc.

    Aboutir à des engagements participatifs

    Autorités locales, administration régionale, secteur privé, syndicats, université, communauté scientifique, différentes composantes de la société civile étaient présents à Casablanca pour établir un diagnostic de la plus grande région du pays en termes de population et de ressources économiques, pour susciter des échanges entre les acteurs territoriaux et les citoyens sur les enjeux des changements climatiques sur le territoire. Objectif: aboutir à des engagements participatifs sur la protection de l’environnement et le développement durable conformément aux dispositions de l’Accord de Paris. Et il faut dire que le diagnostic territorial de la région, présenté dès le début de cette mini-COP par un grand bureau d’étude de la place, est loin d’être reluisant. Appréhendé sous l’angle des changements climatiques, il révèle certes des atouts indéniables comme l’importance du poids socioéconomique de la région, sa diversité géographique et ses quelques projets structurants, mais il met le doigt aussi sur  nombre de dysfonctionnements.

    Grande vulnérabilité territoriale et sociale

    La région de Casablanca-Settat, selon ce diagnostic, souffre d’une grande vulnérabilité territoriale et sociale: «Disparité intrarégionale entre les territoires, précarité sociale et pauvreté, urbanisation non maîtrisée, grande faiblesse des espaces verts, pénurie en ressources hydriques, assainissement, pollution de l’air, gestion des déchets, proximité des zones à risques (cours d’eau, littoral, etc.), prolifération d’habitats indécents, migration climatique…».
    Des défaillances aggravées par le dérèglement climatique qui risquent d’entraîner des catastrophes dont les principales victimes seraient les populations de la région. Les acteurs locaux, pour parer à ces catastrophes, «ont le devoir, et cela est valable pour toutes les régions qui ont abrité des pré-cop, d’enclencher une dynamique pour l’élaboration d’une stratégie et un plan d’action au plan territorial d’ici 2020 et 2030», alerte Kamal Lahbib, acteur associatif et membre fondateur de la Coalition marocaine pour la justice climatique. 2020 est la date où le Maroc, à l’instar des autres Nations du monde, se devra de présenter ses engagements sur le plan territorial. 2030 sera la date butoir fixée pour que les maires de la planète rendent compte de la mise en œuvre de ces engagements sur le terrain.

    Enormes défis face aux changements climatiques

    Justement, un sommet des maires de la planète est prévu en marge de la COP22, comme celui qui a eu lieu en 2015 à  Paris. Toutes ces pré-COP, organisées à la veille de la COP de Marrakech, n’ont d’autre ambition, selon la CMJC, que  «de renforcer la mobilisation et la communication nationale, pour aboutir à des engagements participatifs sur la protection de l’environnement et le développement durable, propres à chaque région à l’horizon de 2030». Sauf qu’à Casablanca-Settat lors de sa pré-COP, tenue le week-end dernier, alors que les défis sont énormes face aux changements climatiques, «les élus locaux ont brillé par leur quasi-absence», déplore Abdelhakim Chafai, militant des droits de l’homme, membre de la CMJC et membre organisateur de la pré-COP de Casablanca.
    «Mis à part le maire de la ville, Abdelaziz Omari, aucun parlementaire de la région n’a daigné participer aux travaux de cette rencontre de Casablanca-Settat», continue-t-il. N’empêche, au terme de trois jours d’échanges, les décideurs au niveau territorial se sont engagés, dans une déclaration finale, à tout mettre en œuvre pour atteindre les objectifs de la déclaration du Sommet des élus locaux pour le climat, accueilli par la ville de Paris pendant la COP21. Ils comptent aussi améliorer davantage ces engagements dans leurs plans d’action et programmes, pour les présenter à la COP22 de Marrakech le 14 novembre 2016 lors de la rencontre des chefs de région et des maires. L’une des décisions phares de cette COP régionale est la création d’un «Espace régional du climat et du développement durable (ERCDD) en vue de la concertation et du dialogue continu entre tous les acteurs de la région, et la mise en place d’un comité régional de suivi regroupant des représentants de la société civile, des collectivités, des universitaires et du secteur privé».
    Un autre engagement pris dans ce mini-sommet: «Des plans de prévention des risques, d’efficacité énergétique, tout en mettant l’humain au cœur des priorités régionales».

    Programme

    Les quatre pré-COP régionales, à l’image de celle de Marrakech,  se déroulent en quatre espaces. Un espace «Side events» pour les activités de débat, de réflexion et de renforcement des capacités autour de la COP22 et du changement climatique (de la vulgarisation à l’expertise). Un espace Stands appelé «Actions & Initiatives climat» est dédié à l’exposition des actions et des initiatives sur le climat, proposées par les acteurs locaux des quatre régions cibles (collectivités, services régionaux des ministères, établissements publics, secteur privé, universités, écoles). Un espace pour les «activités parallèles»: visites des sites, projets d’activités territoriales d’adaptation et atténuation. Le quatrième espace,  intitulé «Concertation & Dialogue», est consacré à des  rencontres d’échanges entre les élus, les acteurs de la société civile et les citoyens. Toutes ces pré-COP régionales sont à l’initiative de la société civile marocaine, un partenaire incontournable de la COP22, réunie au sein de la Coalition marocaine de justice climatique.

     

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