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    Culture

    Un polar à l’envers et de la belle littérature

    Par Nadia SALAH | Edition N°:4864 Le 27/09/2016 | Partager
    Leila Slimani est déjà parmi les grands écrivains
    On en parle pour le Goncourt
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    Leila Slimani, moitié marocaine, un quart algérienne, un quart française et très parisienne,  publie son deuxième roman, nettement au-dessus du précédent, qui pourtant était déjà de facture remarquable (Ph. AFP)

    Cette fille n’est vraiment pas ordinaire: elle commence, dans les six premières lignes, par dire tout ce qui va arriver et comment. Ce qui arrive, c’est vraiment du «hard». Et voilà le lecteur qui commence à angoisser. Suspense saisissant: il faut se tenir la main pour ne pas tourner la page avant d’avoir fini de la lire. Certaines phrases sont si courtes que les yeux les manquent.
    Oui, on sait tout ce qui va survenir, avant d’attaquer la page 2. Mais ce qui compte, c’est que les personnages de Leila Slimani, eux, ne savent pas ce qui va leur arriver. Les personnages sont trois, que trois, c’est bien suffisant. Les autres ne servent qu’à animer l’espace, à faire un peu d’air. Sauf les enfants, qui sont des marqueurs, capables d’anticiper le scénario. Ainsi le font-ils rouler à deux vitesses: la leur et celle des trois adultes.
    Une fois que la «machine» est bien maitrisée, bien comprise (par le lecteur),  l’auteure s’amuse. Comme le font les chats avec leur proie, elle s’amuse à promener ses victimes-personnages au bord du gouffre, un gouffre dont ils ignorent tout, mais que le lecteur, lui, a déjà bien repéré. Et puis non, finalement, le drame ne sera pas pour cette fois…

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    «Chanson douce» (Gallimard) sera-t-il sélectionné pour le Prix Goncourt de cette année? On en parle beaucoup. Il y aurait peut-être deux Marocains sur les rangs, Leila Slimani et Fouad Laroui, pour «Ce vain combat que tu livres au monde» (Julliard)

     

    Le lecteur repart, une boule sur le coeur, vers la prochaine quasi-catastrophe, construite avec douceur et cruauté puis évitée par… inadvertance.
    C’est ainsi jusqu’à la fin, une fin connue depuis le début.
    On a du mal à croire que «Chanson douce» n’est qu’un deuxième roman, tant le scénario et l’écriture sont originaux et maitrisés. Le premier livre, «Dans le jardin de l’ogre» (réédité en Folio), s’occupe beaucoup moins du scénario, mais il réussit un incroyable tour de force: parler d’une femme intoxiquée au sexe, sans jamais tomber dans la pornographie, l’érotisme ou la pathologie. Remarquable.

     

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