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    Analyse

    Comment le Maroc «donne espoir» aux migrants

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4861 Le 22/09/2016 | Partager
    La scolarisation permettra au Maroc d’éviter une bombe à retardement
    Près de 7.000 élèves inscrits dans les différents niveaux éducatifs
    La demande d’accès aux services sanitaires dépasse les prévisions
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    La scolarisation des enfants des migrants était l’une des principales revendications des ONG. Aujourd’hui, la machine est en marche, malgré une évolution en dents de scie en fonction des années. Des mesures d’accompagnement, lancées par les autorités en partenariat avec des associations, devraient favoriser la hausse du nombre des inscrits

    La gestion de la crise migratoire divise les Etats depuis quelques mois. Réunis lundi dernier aux Etats-Unis, les représentants des différents pays membres de l’ONU ont pu aboutir à l’adoption de la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants. Cet accord «exprime la volonté politique à protéger les droits de cette catégorie, et à se partager la responsabilité des mouvements massifs à l’échelle mondiale». Du côté marocain, cette Déclaration est jugée conforme au modèle national de la politique migratoire. «Elle reprend pratiquement toutes les orientations royales, prônant une approche globale, avec une responsabilité partagée, et surtout considérant la dimension humaine comme essentielle», selon Anis Birrou, ministre chargé des MRE et des Affaires de migration, qui a représenté le Maroc au Sommet sur la gestion des déplacements massifs des réfugiés et migrants, organisé en marge de la 71e assemblée générale de l’ONU.
    Trois ans après son entrée en vigueur, la stratégie marocaine de gestion des flux migratoires a permis de rompre avec la situation de précarité qui marquait le quotidien des migrants subsahariens. L’idée était de «donner espoir», comme l’a rappelé le ministre. Concrètement, il s’agissait de «répondre aux besoins élémentaires des migrants». En tête, la scolarisation des enfants, décisive dans la construction d’un projet de vie au Maroc. Avant l’entrée en vigueur de la nouvelle politique migratoire, plusieurs associations impliquées dans ce domaine avaient tiré la sonnette d’alarme. «Priver les enfants des migrants de scolarisation constitue une véritable bombe à retardement dans les prochaines années», répétaient en chœur plusieurs acteurs associatifs. Depuis 2013, les enfants des migrants sont admis dans les écoles du système formel. Près de 7.000 d’entre eux avaient rejoint les bancs des établissements scolaires l’année dernière. Ce chiffre est en recul par rapport à 2014/2015, où leur nombre avoisinait 7.500 élèves. Le département de tutelle ne donne aucune explication concernant cette baisse du nombre des enfants scolarisés. Mais reconnaît que l’évaluation de cette expérience a montré «le besoin de mettre en place un dispositif d’accompagnement des bénéficiaires dans les démarches administratives». Les ONG ont joué un rôle décisif dans ce domaine. Parallèlement, des caravanes de sensibilisation et de mobilisation sont menées pour assurer l’insertion des enfants non scolarisés. L’année dernière, cette opération a été menée par la Direction de l’éducation non formelle. Résultat: l’inscription de 565 enfants d’immigrés et réfugiés, dont 344 au primaire, 105 au collège et 116 au lycée lors de la dernière année scolaire.
    En matière d’accès aux soins de santé, les migrants bénéficient désormais d’une série de facilités. En tête, «l’uniformisation des procédures de leur prise en charge dans les cas d’urgence», ainsi que leur intégration au Ramed. Aucun chiffre n’est donné concernant le nombre des bénéficiaires de ce système. En matière d’accompagnement, la demande semble dépasser les prévisions du ministère de tutelle. Par exemple, le programme «Tamkine migrants» prévoit la prise en charge médicale et psychosociale complémentaire de 1.500 femmes. Or, 928 femmes ont bénéficié de ce programme lors de la première année, alors qu’il couvre la période allant de 2015 à 2018.

    Faute d’emplois, l’informel reste dominant

    Théoriquement, les migrants peuvent bénéficier des différents programmes d’accès au logement comme Fogarim, Fogalog ou Fogalef. Sauf que pour l’instant,  ce chantier n’a pas encore été mis en marche. «Il doit être concrétisé à court terme», fait-on savoir. «Une campagne de communication sera menée pour présenter les différentes offres aux populations ciblées». En matière d’accès à l’emploi, seuls 27 contrats de travail ont été visés par le ministère de l’Emploi entre 2015 et 2016. Mais les migrants résidant de façon légale peuvent bénéficier de l’accompagnement des programmes de recherches d’emploi, notamment ceux gérés par l’Anapec. Un dispositif d’identification des besoins et de recherche de main d’œuvre étrangère a permis de montrer que 60% de cette population est actuellement en activité, essentiellement dans l’informel.

     

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