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    Société

    Faut-il lire le Coran autrement?

    Par Amin RBOUB | Edition N°:4854 Le 09/09/2016 | Partager
    Replacer le texte dans le contexte
    Pourquoi il faut distinguer Dieu et parole de Dieu
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    Il ne faut pas réduire le Coran à un ensemble de commandements et d’interdictions… Il est surtout une incitation à penser et à agir. «Le texte est une chance offerte à chacun pour retrouver le chemin de Dieu», font valoir Mahmoud Hussein  (Ph. M. H.)

    Dans un contexte de stigmatisation de l’Islam et des musulmans, de radicalisations tous azimuts, de crispations et d’amalgames sur fond d’attentats terroristes presque au quotidien, de Daesh… le monde musulman se doit plus que jamais de revenir sur les fondamentaux du texte coranique, du hadith, de la Sunna... pour contrer l’obscurantisme dans ses multiples expressions. C’est en substance l’esprit qui a animé un débat organisé par le mouvement associatif Les Citoyens: un réseau qui vient «promouvoir l’esprit de citoyenneté et du mieux vivre ensemble». L’idée est de monter un think-tank pour lancer des réflexions sur des thématiques sensibles comme la religion, les libertés individuelles, les principes de démocratie, l’éducation… Pour lancer le débat, Les Citoyens ont organisé une 1re conférence intitulée: «Ce que le Coran ne dit pas». Une rencontre animée par Mahmoud Hussein, pseudonyme de Bahgat Al Nadi et Adel Rifaat, deux auteurs d’un essai éponyme (Editions Grasset 2013). «Nous n’avons aucune espèce de prétention à apporter des solutions… Nous ne prétendons pas résoudre toutes les questions», précisent les deux auteurs. Une réponse méthodologique pour lever toute ambiguïté face à un public très attentif à un sujet aussi sensible. Pour commencer, Mahmoud Hussein  sont revenus sur les circonstances de la révélation. L’idée est de replacer le texte dans son contexte, pour comprendre les versets complexes. Du coup, pour mieux cerner le texte, il va falloir revenir sur les premières années de l’Islam, la vie du Prophète, ses compagnons, les chefs militaires… «Chacun d’eux est une mémoire… Chacun détenait un fragment du Coran». La prise en compte de la mémoire collective de cette époque-là, dans une société d’oralité, de rites et de mythes est aussi l’un des soucis majeurs des auteurs de «Ce que le Coran ne dit pas». La prise en compte de cette dimension permet d’intégrer le passage de l’oral à l’écrit.  Or, dans le temps présent, l’on a tendance à oublier ou du moins faire l’impasse sur cette période cruciale de compilation du texte coranique. «Le Coran est admis par tout le monde comme étant la parole de Dieu». Mais ce n’est pas Dieu, ce n’est qu’un fragment de Dieu. Les deux penseurs estiment qu’il faut distinguer Dieu et Sa Parole, la parole de Dieu n’est pas assimilable à Dieu. «Dans le Coran, il  y a du conjoncturel, du temporel… A partir de là, cela demande à chaque croyant de revenir aux injonctions. Chacun est responsable de ses actes… ». A partir de ce prisme, «le Coran cesse d’apparaître  comme un ensemble de commandements et d’interdictions… Il devient plutôt une incitation à penser et à agir. A ce moment-là, le texte est une chance offerte à chacun  pour retrouver le chemin de Dieu», font valoir Mahmoud Hussein. De l’avis des deux auteurs, ce n’est qu’au XXe siècle qu’une lignée d’intellectuels et de penseurs ont commencé à remettre en question le caractère dogmatique des textes. Parmi eux, Arkoun, El Ansari… c’est ce mouvement d’intellectuels qui a permis une remise en question du débat, mais sans pour autant remettre en cause la source divine. Ces penseurs ont intégré des grilles d’analyse liées à l’historicité, la philologie, la linguistique, les connotations esthétiques… C’est en résumé la dimension critique nourrie par les sciences humaines et sociales.  Mais il est tout aussi possible de démontrer le lien entre texte et contexte sans recourir aux sciences profanes. Une utilisation rationnelle des circonstances de la révélation (Assbab Annouzoul) permet de déduire qu’il y a plusieurs versets qui portent sur des faits, des personnes, des situations, des contextes…  Plus encore, il est impossible de comprendre l’islam sans passer par la lecture de la Sira. Un corpus qui permet de situer le contexte de la révélation des versets. Sachant que le Coran n’a pas été transmis d’un seul coup, mais sur une période de plus de 20 ans dans différents contextes pour résoudre des problèmes précis. Mahmoud Hussein ont d’ailleurs répertorié les différents textes apparus dans leur ordre chronologique. Un exercice qui consiste à reprendre l’affiliation du texte  en remontant jusqu’aux compagnons du Prophète. Pour rappel, la Sira a été établie dans une période bouillonnante et de grande fécondité religieuse et culturelle avec une floraison de textes et hadiths. C’est ce qui a permis de mettre en place la pensée fondatrice de l’Islam. Aujourd’hui, dans un contexte de dénigrement, de stigmatisations et de radicalisation,  le souci est de reprendre fidèlement les grands textes et faire en sorte que le grand public puisse y accéder en dehors des manipulations délibérées ou pas.

    Les fondamentaux

    Les textes fondateurs de l’islam émanent de trois sources: le Coran (paroles d’Allah révélées au Prophète Mohammed par l’entremise de l’Ange Gabriel. Le hadith  qui consigne les propos tenus par le Prophète pour éclairer les portées, les interprétations du Coran et en ressortir les valeurs spirituelles, morales et sociales. S’ensuivent les chroniques, qui transmettent les témoignages des compagnons et contemporains du Prophète. Elles donnent des indications précises  sur ses faits et gestes, les événements marquants de sa vie. Un éclairage sur les premiers siècles de l’islam.

     

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