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L'Edito

Pandore

Par L'Economiste| Edition N°:2358 Le 11/09/2006 | Partager

Dans l’esprit de ses concepteurs, l’attentat du 11 septembre 2001 devait être «l’acte fondateur», consacrant la rupture entre le monde islamique et l’Occident. Il devait aussi renforcer l’inhibition américaine en politique étrangère et provoquer le repli de cette grande puissance. L’effet obtenu fut l’inverse, totalement l’inverse. Le choc fut tel que les inhibitions conséquentes à la défaite du Vietnam, à l’idéologie humanitariste et multilatérale, ont disparu. Washington a pris conscience de la disproportion des forces en leur faveur. Les idéologies extrémistes de droite, qu’on croyait en perte de vitesse, se sont considérablement renforcées.L’introduction du concept d’«axe du mal» marque un changement idéologique radical. Les Etats-Unis ont décidé qu’ils ne devraient plus suivre le cours des événements, mais en prendre le contrôle, à tout prix. Ceux qui, peu ou prou, contesteraient ce contrôle deviendraient des ennemis à détruire.Les Etats-Unis ont décidé non seulement de combattre le terrorisme, mais de combattre et de détruire, également, ce qu’ils viendraient à considérer comme pouvant être un terreau favorable au terrorisme et tous ceux qui seraient susceptibles de le devenir. La notion d’axe du mal est une notion complètement subjective: c’est le plus fort qui définit le mal. Autre conséquence sur le monde arabe: il est désormais considéré comme globalement un ennemi à réduire. Les Etats-Unis ne font plus de nuance sur ce chapitre.Certes, sur le long terme, cette démarche est absurde, car elle ne peut qu’alimenter l’extrémisme. Mais Washington n’en a cure, car le principe, quasi-mystique, est simple: «rien de bon ne peut sortir de l’axe du mal et de ses proximités». Exemple parmi d’autres: la destruction des infrastructures libanaises par Israël, avec l’aval et l’appui américains, relève de ce principe.Ces changements planétaires sont durables, et modèlent même la vie de tous les jours: Ben Laden a ouvert la boîte de Pandore… On n’a pas fini de souffrir. Abdelmounaïm DILAMI

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