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L'Edito

Notre sort

Par Nadia SALAH| Edition N°:5372 Le 16/10/2018 | Partager
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Des élus ne se sont pas mis à leur avantage en se précipitant sur les buffets. Les vidéos se sont répandues partout. Pas génial comme image de marque! Très destructeur vis-à-vis de la fonction. Dommage que ceux qui condamnent ces comportements ne soient pas intervenus auprès des collègues qui se sont désastreusement «oubliés».

Allez, soyons magnanimes et disons que c’était pour avoir la baraka et l’emporter à la maison. Et passons.

Il n’empêche qu’il faut prendre au sérieux les difficultés liées au travail des Chambres. Les textes qu’on leur confie sont de plus en plus nombreux, de plus en plus techniques. Le contexte économique et social est de plus en plus complexe, peuplé de groupes de pression qui ne disent ni leur nom, ni leur objectif.

En face de ces changements, nous n’avons à offrir aux élus que les conditions de travail qui étaient les leurs dans les années 1960-80. Et en plus c’était le temps où leur fonction comptait fort peu, face à feu Hassan II, face à l’exécutif sécuritaire et face à des enjeux comme le Sahara ou les risques de coups d’Etat. Il faut dire aussi ce qui est: une éducation très élitiste donnait de hautes compétences dans la haute administration.

Elles ne sont pas perdues heureusement, mais elles sont un peu dispersées dans la masse et ne se sentent plus protégées comme elles l’étaient. Et puis, pour faire bonne mesure, il n’est pas certain que les partis d’aujourd’hui veillent autant que ceux de l’Indépendance à la formation de leurs propres élites.

En un mot comme en cent, ce qui valait pour hier n’est plus de mise: les élus ont un impératif besoin de compétences. Ils ne peuvent toutes les avoir personnellement. Il faut donc constituer pour eux et autour d’eux des réserves de connaissances et de compétences. Entre les super-moyens d’informations du Congrès américain et le «presque rien» du Maroc,  on doit trouver un équilibre.

Car c’est notre sort que les élus jouent tous les jours.

 

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