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Par L'Economiste| Edition N°:657 Le 10/12/1999 | Partager

La stratégie du lièvre a fonctionné: en attirant en grande pompe l'un des leaders mondiaux du tourisme comme Accor, l'effet d'annonce a provoqué l'intérêt de ses concurrents.
L'année 1999 restera comme l'année des records d'intentions d'investissements dans le domaine. Le Maroc revient dans le peloton des pays honorables dans leur stratégie touristique et ce, malgré l'énorme point noir que représente la lenteur du traitement judiciaire des créances du CIH dans ce domaine.
L'accélération des intentions d'investissements dans le tourisme est patente. Cette accélération révèle néanmoins les dysfonctionnements. L'investissement touristique ne va pas sans son assise foncière: pas d'hôtel, pas de piscine, pas d'espaces de loisirs sans terrain. Mais c'est là que l'intention politique qui avait correctement fonctionné dans la stratégie du lièvre rencontre maintenant des obstacles sérieux.

Deux ans de négociations et d'aller-retour avec une collection d'administrations qui ne savent pas accorder leurs violons, c'est beaucoup trop. Eaux et Forêts, Domaines, Habous, Communes, Préfectures, Equipement...
La liste des propriétaires publics de terrains publics est fort longue. Chacun à sa procédure, laquelle souffre d'exceptions multiples et variées mais surtout opaques. Chacun a ses intérêts, lesquels ne sont surtout pas ceux de l'Etat pris dans sa globalité.
Chacun tient par dessus tout à son «exception culturelle», laquelle a comme résultat le plus sûr de faire savoir au monde entier que le Maroc est sans doute le plus beau pays pour y imaginer hôtels et autres parcs d'attractions, mais que c'est le dernier endroit où il faut faire la folie d'investir. Personne n'a assez de capital-temps pour y réussir.

Nadia SALAH

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