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L'Edito

L’auto-intox

Par Nadia SALAH| Edition N°:5501 Le 23/04/2019 | Partager
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Le Maroc vérifie, encore une fois, que l’absence de croissance, voire les régressions, créent des effets délétères d’auto-intoxication par de fausses informations. Cela fonctionne à tous les coups.

Les terribles enchaînements de sècheresse dans les années 1980-86 avaient permis l’installation d’une idée dominante: l’agriculture ne fonctionne pas car le Maroc est victime des latifundiaires privés, contrôlant de vastes propriétés qu’ils refusaient de mettre en valeur (sic!)

Or, la réalité était précisément à l’opposé: l’immense majorité des fermes marocaines sont si petites, que cela les empêche de rentabiliser les investissements. Rares étaient ceux qui se doutaient que le système d’héritage dans l’indivision était, est toujours, à l’origine du morcellement des terres en surfaces de plus en plus petites à chaque génération, soit tous les 25 ans.  Là était le vrai problème, mais gare à celui qui ostensiblement refusait de croire en la légende des latifundiaires.

Cette légende a disparu puisque l’agriculture se porte bien. Elle est sporadiquement remplacée par les «voleurs d’eau».

Le Maroc n’a jamais eu de crise aussi longue, aussi profonde que celle qu’il vit depuis presque une décennie. Il est alors compréhensible que chacun cherche une explication… qui explique tout, qui soit facile et qui permette de désigner des coupables sans viser personne précisément: les rentes et les rentiers. Ils s’accaparent des richesses sans fournir d’effort (sic!).

Ce ne serait qu’une légende comme une autre, si on ne voyait pas apparaître des rentes et des rentiers dans des textes administratifs ou dans quelques leçons d’économie: l’auto-intoxication s’étend, sans voir que les rentes sont très rares. Trop rares pour baser un développement sur leur suppression.

Mais attention, il y a de vrais «rentiers» qui profitent de la situation: le personnel politique adore ce genre d’explication, justifiant ses échecs, permettant de rester au pouvoir.

 

 

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