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L'Edito

Commerce

Par L'Economiste| Edition N°:2858 Le 11/09/2008 | Partager

Abdellatif Maâzouz, istiqlalien et ministre du Commerce extérieur, arrivera-t-il à convaincre ses coéquipiers, à commencer par son secrétaire général et Premier ministre, de l’urgence des problèmes d’exportations?Pas très sûr. Après tout, ce ne serait «que» le cinquième gouvernement à trouver qu’il n’y a rien d’intéressant dans le commerce extérieur… Evidemment, l’intérêt dépendait beaucoup de la capacité des ministres ou des secrétaires d’Etat ayant occupé le poste à proposer des programmes dynamiques, avec quelques chances de réussite… Depuis plus de quatre ans, la chute du taux de couverture du Commerce extérieur s’est accélérée. En cause, un phénomène très positif, puisqu’il s’agit de la croissance du Maroc. Mais en face de cet élément positif, rien n’a été entrepris pour pousser les exportations. Au contraire, le soutien de la demande intérieure est allé directement se greffer sur les importations. Le Maroc était donc déjà fragile, fragile et volontairement aveugle: le tourisme comblerait les déficits… ce qu’il a fait jusqu’à l’année dernière.Au moment où les comptes se sont inversés, lorsque les recettes courantes n’ont plus été suffisantes pour couvrir les dépenses, Rabat est resté amorphe. Pourtant, à partir de ce moment, nous étions en zone dangereuse, car nous pompions dans nos réserves pour financer notre train de vie et d’investissements. Pas plus de réaction quand les prix du pétrole et des céréales ont explosé. Au contraire, pour des raisons politiques qu’on peut comprendre, le choix du maintien des prix a été fait, mais ce choix de l’immobilisme a entretenu la demande. La dégradation du commerce extérieur ne pouvait que s’amplifier… ce qui s’est effectivement passé… Jusqu’à ce que les chiffres du tourisme viennent montrer que l’on ne peut plus compter sur lui. Il recule, et ce, sur les marchés les plus rémunérateurs.La situation est grave, bien plus qu’on ne veut officiellement le reconnaître.Nadia SALAH

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