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Entreprise Internationale

Virgin Music Group change de mains

Par L'Economiste | Edition N°:21 Le 19/03/1992 | Partager

Le géant britannique de l'industrie du disque Thorn-Emi vient de racheter pour 560 millions de Livres (environ 5 milliards de Francs) le dernier grand producteur indépendant du secteur, Virgin Music Group, et avec, une série d'artistes célèbres: les Rolling Stones, Phil Collins, Brian Ferry, Peter Gabriel, Simple Minds, UB40 etc...
Cette acquisition permet à Thorn-Emi de se hisser à la position de leader d'un marché estimé à 24 millions de Dollars en 1990 et fortement concentré, détenant ainsi quelques 20% de ce marché avec un chiffre d'affaires de 13 milliards de Francs et un bénéfice avant impôts de 1,3 milliard.
En rachetant Virgin, dont le bénéfice imposable s'est élevé en 1991 à 21,2 millions de Livres pour un chiffre d'affaires de 330,1 millions, EMI récupère 25.000 titres qui viennent s'ajouter à son catalogue de 800.000 titres (la valeur d'une maison de disques se mesure à son catalogue) et retrouve ainsi la première place de l'édition qu'elle avait occupée dans les années soixante grâce aux Beatles.
Le prix de la transaction peut paraître très élevé comparé au bénéfice imposable, mais "il est faible par rapport aux opérations pratiquées récemment dans le secteur du disque", explique un analyste de secteur. "Cela s"explique par les faiblesses internes de l'entreprise", ajoute-t-il.
Celles-ci se traduisent au niveau de son endettement (500 millions de Francs), de sa gestion très peu ou pas du tout rationalisée, de la faiblesse de ses marges, enfin, au niveau de la production de compacts disques.
Sur ce dernier point, Virgin ne maîtrisait pas la production de C.D. car elle faisait appel à la sous-traitance alors que c'est le segment le plus porteur actuellement.
Pour gagner son pari, Colin Southgate, le président d'EMI, a décidé de restructurer le groupe, en gardant néanmoins au Label Virgin son identité et en maintenant l'essentiel de son management, et de nommer Richard Branson, le fondateur et patron de Virgin "président à vie".
En cédant Virgin, ce dernier recevra 4 milliards de Francs, le reste ira au groupe japonais Fujsankei qui détenait 25% de Virgin.
Malgré les failles actuelles de Virgin, le président d'Emi table sur le triplement de ses bénéfices. Il pense y parvenir grâce à son excellent réseau de distribution et à sa politique de marketing, deux atouts incontournables pour le marché de la musique en particulier.
En effet, "les investissements sont devenus si importants qu'il faut pour les rentabiliser, (...) maîtriser l'impression, la distribution et le marketing" constate un consultant chez KPMG, une société d'audit à Londres.
En fait, c'est surtout la distribution qui devient de plus en plus inaccessible puisqu'elle nécessite des équipes de vente et une logistique importantes.
La difficulté de maîtriser ce maillon a provoqué en cinq ans un mouvement de concentration considérable faisant du secteur, un des secteurs industriels les plus oligopolistiques: 90% du marché mondial sont, en effet, détenus par six grands groupes: les Japonais Matsushita et Sony, les Européens Thorn-Emi, Bertelsamann et Polygran et l'Américain Time Warner.

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