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Economie

Une étude de cas de management
Comment un groupe industriel basque brave la globalisation

Par L'Economiste | Edition N°:1739 Le 02/04/2004 | Partager

. Depuis 50 ans, Mondragon Corporation fonctionne sous forme de coopérative. Management élu par les salariés et à la clé des performances «extraordinaires»Mondragon Corporation Cooperativa est un cas rare, voire unique dans l'univers industriel à l'ère de la mondialisation triomphante. Ce conglomérat, qui fait la fierté de tout le pays basque, est aujourd'hui le cinquième groupe industriel espagnol. L'activité fer de lance est l'électroménager (Fagor) mais le groupe est aussi présent dans la grande distribution (Eroski, première chaîne en Espagne), la banque, les services et possède une caisse de prévoyance sociale qui assure une couverture supplémentaire à tous les salariés en plus de la sécurité sociale prévue par la loi.Depuis sa création en 1957, la maison mère de Fagor fonctionne sur le concept de coopérative, comme l'a voulu dès le départ son fondateur, José Maria Arizmendiaterrieta. Les bénéfices sont en partie placés dans un fonds de réserve conformément à la loi et une autre part est distribuée aux salariés en fonction des décisions de l'assemblée générale. Avec le temps et en dépit de l'internationalisation du groupe et de la pression de la globalisation, rien n'a changé à ce concept. MCC est une sorte de laboratoire de démocratie industrielle. Le président du Conseil recteur (l'équivalent de PDG dans une société anonyme) est élu par un vote secret au suffrage universel. Le reste du management est aussi désigné en assemblée générale après un processus de sélection et d'appel à candidature. C'est la démocratie directe dans son sens profond. Si le pouvoir appartient aux coopérants, cela ne veut pas dire qu'ils peuvent tout se permettre. L'expérience de cette coopérative est en elle-même un vrai pied de nez aux intégristes du capitalisme sauvage. Près de cinquante ans après sa création, le groupe basque est un compromis entre l'exigence de la solidarité et l'impératif de l'efficacité économique. Les syndicats? Il n'y en a pas au sein du groupe. Cela ne signifie pas que les salariés sont muselés. Les canaux d'expression existent à travers des petits groupes qui remontent les attentes des employés au management. A l'origine, ce groupe était un atelier de fonderie situé dans un tout petit village (Mondragon) qui compte actuellement 50.000 habitants. Il marche sur un modèle d'intégration totale. La multinationale possède même une université polytechnique, une des plus réputées du pays. Ce qui était à sa création un centre de formation continue s'est transformé en une structure qui irrigue le pays en ingénieurs parmi les meilleurs. En moins de cinquante ans, MCC est devenu un groupe de 60.000 employés aux ambitions internationales, avec un chiffre d'affaires de près de 10 milliards d'euros (voir détails plus bas). Son succès, la coopérative le doit aussi à la dynamique culturelle du pays basque et de ses habitants. . Changement dans l'approvisionnementComme toute entité économique, MCC (c'est l'appellation populaire dans la région) paie l'impôt sur le résultat, contrairement au statut des coopératives dans le paysage réglementaire au Maroc. L'esprit de coopérative ne brime pas les performances. Au contraire. Mondragon Corporation Cooperativa est une affaire florissante. Le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de près de 10 milliards d'euros (110 milliards de dirhams) l'an dernier. Dans ce chiffre, Fagor a contribué pour 4,05 milliards d'euros. L'électroménager arrive juste derrière la branche distribution (5,3 milliards d'euros, soit 54 milliards de dirhams). Sous la pression des concurrents asiatiques (sud-coréens notamment), la maison mère de Fagor voudrait rationaliser sa politique d'approvisionnement. Pas question de délocaliser en fermant des usines comme l'a fait dernièrement Samsung qui a transféré son unité de production espagnole en Tchéquie, l'Espagne étant devenue trop chère. MCC a fondé sa légende sur la création d'emplois et ce n'est pas la globalisation qui le contraindrait à nier ses principes. Pendant que ses concurrents ou des groupes industriels ferment sans se poser des questions les sites industriels pour améliorer leur rentabilité, la coopérative espagnole choisit de jouer jusqu'au bout la carte d'entreprise citoyenne. Bien au contraire, malgré une farouche bataille que lui livrent les marques italiennes et coréennes sur son marché national, le groupe a poursuivi sa politique de croissance. «Notre délocalisation se fera au niveau des achats, notamment dans les régions hors de la zone euro», confie le patron de Fagor Electrodomesticos, Pablo Mongelos. L'objectif est d'arriver à réaliser 50% des approvisionnements dans les pays low cost (bas coûts). C'est dans cette optique que le groupe Fagor a créé une joint-venture en Chine avec un partenaire local. A.S.

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