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Culture

Un Ramadan bien marocain sur la TVM

Par L'Economiste | Edition N°:1140 Le 09/11/2001 | Partager

. Ramadan 2001 sera celui de la production nationale. Hassan Hjij, responsable des relations presse à la TVM, nous explique comment la télévision marocaine fait du produit marocain son cheval de bataille- Tendances: Comment se prépare la grille du Ramadan au niveau de la TVM?- Hassan Hjij: Elle se prépare des mois à l'avance. Il y a des programmes qui sont stables et habituelles pour les téléspectateurs. Ceux-là ne bougent pas. Il s'agit notamment du journal télévisé, des émissions religieuses qu'on se contente de renforcer... Ce qu'on opère donc, c'est une sorte de changement de vision, c'est-à-dire essayer d'accroître les émissions de divertissement, de variétés et les drames. C'est un travail que nous entamons des mois avant le mois sacré afin de concrétiser cette vision, en donnant le pus d'importance à la production dramatique marocaine.- Procédez-vous à des études d'audience pour repérer les points forts et ceux qui le sont moins dans la grille?n Le vrai critère pour garder un programme, que ce soit durant le mois de Ramadan ou autre, c'est ce programme lui-même. - C'est-à-dire?- Il s'agit de savoir si ce programme arrive, en nous référant aux échos qui nous parviennent, à garder sa place à l'intérieur du programme global ou non. Cela en nous basant sur ce qui est écrit dans la presse, sur le courrier et sur l'avis de nos collègues ainsi que celui de l'administration. On peut donc dire que la pérennité d'un programme dépend de sa propre capacité à se renouveler et à accompagner les changements de l'audiovisuel. En plus, les heures de diffusion étant limitées, elles ne peuvent dépasser 24 heures. On ne peut donc garder toutes les émissions et encore moins y ajouter celles proposées par nos journalistes ou collaborateurs. On ne peut pas tout diffuser. Les programmes changent et sont remplacés par d'autres selon les saisons. - Qu'en est-il pour le mois de Ramadan?- Cela se passe de la même manière. Par exemple l'émission «Kounouz«, même si elle a beaucoup de succès, on arrête de la diffuser pendant le Ramadan et on la garde pour après, vu le caractère spécial de ce mois. Il en est de même pour l'émission «Al Maghreb lakoum«. Par contre, «Mirath«, qu'on avait arrêtée reprendra durant Ramadan parce qu'elle est en relation avec le patrimoine musical marocain. Le vrai critère pour définir les programmes à diffuser est son degré de convenance à la nature du mois. - Devons-nous comprendre qu'il n'y a pas d'études d'audience auprès du public, qui reste le destinataire final de tout produit télévisuel?- Les journalistes ont une formation autre que celle du simple téléspectateur et ont une plus grande sensibilité critique. Il se peut donc que ce qui plaît au grand public ne plaise pas à la presse. C'est pour cela qu'en plus de l'avis des journalistes, nous demandons celui du public. Nous prenons également en considération les résultats des études effectuées par la SAP (Société Autonome de Publicité). Dernièrement, elles ont révélé que le taux d'audience de la sitcom «La famille de Si Merbouh« est de 26%. - Cette orientation qui consiste à donner une place de choix à la production marocaine pendant le Ramadan, comment a-t-elle été instaurée? Et ne craignez-vous pas le fait de concentrer cette production en un mois se fasse au détriment des autres mois?- Cette décision qui consiste à diffuser la production locale en permanence a été prise cette année. Chaque mois verra la diffusion d'un téléfilm marocain. Nous avons déjà diffusé «le dossier bleu«, ce mois-ci, on passera «Les racines de l'arganier« et pendant le mois de Ramadan, on diffusera 4 films marocains. Et après, ce sera un film tous les mois. Les séries, les sitcoms et les feuilletons marocains passeront toute l'année. Chaque drame comprend 30 épisodes de façon à ce qu'il se termine après un mois. Tout ceci fait partie de la stratégie globale de production, qui a pour but de donner plus de valeur à la production marocaine. Je vous donne l'exemple de «La famille Si Merbouh« que nous avons passée en prime time. Nous avons eu des réactions de toutes sortes. Les gens n'ont pas apprécié d'être privés du feuilleton égyptien. Mais vous savez, la télévision est une question de goût et d'habitudes. Il est vrai que les gens se sont habitués aux feuilletons égyptiens en prime time. - Ce qu'ils vous ont vraiment reproché, c'est de l'avoir coupé et non de l'avoir remplacé.- Le problème qui s'est posé est celui de la grille qui a commencé en octobre. C'est un problème qui est inhérent à toutes les télévisions du monde dont la rentrée coïncide avec ce mois. Nous avons donc entrepris une aventure en programmant cette sitcom en prime time. La véritable finalité est d'habituer les téléspectateurs au produit marocain, qui doit avoir la priorité. Car le fait de réhabiliter ce produit revient à réhabiliter notre patrimoine et à donner plus de valeur à l'artiste marocain. C'est en gros la stratégie globale de la nouvelle grille.- Qu'en est-il des feuilletons syriens, y en aura-t-il pendant ce Ramadan?- Ils seront présents. On ne peut en priver les téléspectateurs qui les apprécient. Ce serait une violation de leurs droits. Notre devoir est de satisfaire tous les goûts dans le respect de la qualité des produits proposés. Ce n'est qu'ainsi que notre télévision peut devenir populaire et plaire à toutes les sensibilités et ethnies du Maroc. - Pourquoi le téléspectateur a-t-il l'impression que dès qu'il s'agit d'élaborer les programmes du Ramadan, les responsables se contentent de remplir un moule préétabli qui ne change pas?- Cette année, vous allez remarquer qu'il y a un changement radical au niveau de la diffusion, pour la simple raison que le nouveau directeur des programmes maîtrise bien son travail, qu'il s'agisse de la production ou de la programmation. Ce que vous appelez, à juste titre, «un moule« disparaît cette année au profit d'une nouvelle vision globale qui correspond mieux à la nature du mois sacré.- Pourquoi ce sont les mêmes réalisateurs qui reviennent tous les Ramadans?- Le choix du réalisateur se fait en coordination avec la société de production de l'oeuvre dramatique. Ce n'est pas la télévision qui l'impose. Le réalisateur est négociable entre les deux entités. Il est choisi en fonction de la nature du travail lui-même. Vous savez, chaque réalisateur est spécialisé dans un genre précis. Ce qui est normal. Cette année par exemple, Fatima Boubekdi, Mohamed Minkhar, Mohamed Ksaïb, Farida Bourquia, Nacer Lahouir, Saïd Bentachfine, Boubker Mekouar... proposent aux téléspectateurs des oeuvres variées. S'il n'y avait pas les problèmes financiers et toutes les autres complications, la production locale serait plus intense. La télévision marocaine est fière de contribuer, d'une manière ou d'une autre, à donner du travail aux artistes.- Parmi les réalisateurs que vous avez cités, beaucoup sont essentiellement des réalisateurs d'émission qui sont convertis à la production dramatique? - Oui, mais si vous voyez l'itinéraire de Lahouir, vous constaterez qu'il a réalisé beaucoup de fictions. Ce n'est, donc, pas un critère. En plus, nous n'avons pas de réalisateurs spécialisés dans un genre de production. Il n'y a pas de production télévisuelle au Maroc qui favoriserait l'existence de ce genre de spécialisation. Le marché local est très restreint, vu la philosophie générale de la gestion des capitales au Maroc. - Que faites-vous pour contrer la concurrence des autres chaînes paraboliques?- Nous parions sur la production locale. Nous passerons des films qui vont satisfaire toutes les sensibilités ethniques marocaines, en l'occurrence des films et une pièce de théâtre amazigh. Les produits importés ont la cote auprès des téléspectateurs, mais nous nous sommes assignés un rôle qui relève du nationalisme. Notre télévision n'a pas un but lucratif. Les annonceurs ne nous intéressent pas, car c'est la SAP qui s'en occupe. Nous avons un budget annexe pour couvrir nos dépenses. - Il est une tradition que les Egyptiens ont instauré et que nous avons adoptée pendant un Ramadan. Il s'agit des «Fawazirs«. Mais l'expérience n'a pas fait long feu. Qu'en est-il aujourd'hui de cette expérience?- Nous n'avons pas reçu de bonnes offres. Nous nous sommes, donc, contentés des bonnes propositions pour être à l'abri des mauvaises critiques.

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