×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Affaires

Un chantier naval, deux aventuriers et un procès

Par L'Economiste | Edition N°:2748 Le 03/04/2008 | Partager

. Un concepteur de bateaux et son client s’accusent mutuellement . L’affaire est devant les tribunauxL’affaire pourrait très bien sortir directement d’un téléfilm ou d’un feuilleton américain de série B, mais la réalité dépasse parfois la fiction. De plus, l’histoire se passe au Maroc et plus précisément à Kénitra.Tout commence en 2005, date à laquelle Gilles Duchamp, un homme d’affaires franco-suisse décide d’acheter un yacht à voiles. Il fait la connaissance de Luc Simon, directeur commercial d’une société basée à Cannes et spécialisée dans la construction des catamarans à voiles. Duchamp se lie d’amitié avec Simon qui lui conseille de construire son bateau au lieu de l’acheter. «Ce qui devait nous permettre de réaliser nos rêves respectifs. Simon allait enfin pouvoir créer son chantier naval, et nous (Duchamp et son épouse, ndlr), pourrions faire le tour du monde en bateau», se rappelle Duchamp. Le 3 mai 2005, les deux hommes signent leur premier contrat. Selon les termes de ce dernier, Simon devait se charger de la construction du Kéréon 77 pour le compte de Duchamp. Et c’est la ville de Kénitra qui fut choisie pour la mise en place du chantier naval. Simon crée alors la société Team Industry qui dirige le chantier. «Entre novembre 2005 et avril 2006, j’ai transféré, à la demande de Simon et sur le compte de son groupe, des acomptes pour un montant global de 550.000 euros (ndlr, près de 6,4 millions de DH)», affirme Duchamp. Ce dernier passera même une seconde commande après quelques mois. «Le chantier avait très bien démarré et Simon commençait à avoir des commandes d’autres clients. Il m’a donc convaincu de passer commande pour un second yacht. Ce que j’ai fait tout en lui transférant 75.000 euros comme premier acompte.» Mais la belle histoire d’amitié entre les deux hommes se terminera en juin 2007. Alors que la livraison du premier yacht semblait se rapprocher, «Simon m’interdit de visiter le chantier et prétendit que je n’étais plus un de ses clients», affirme Duchamp. Conscient de la gravité de la situation, il s’adresse alors au tribunal de commerce de Rabat en référé pour réclamer la saisie conservatoire du yacht (Kéréon 77). Une saisie qui ne sera jamais appliquée puisque l’huissier (aux compétences maritimes quasi inexistantes) ne saura jamais quel yacht était le Kéréon 77. Duchamp réclame et obtient la nomination d’un expert afin de déterminer l’existence du yacht objet du litige, l’état d’avancement de sa construction et la date de sa livraison. Mais l’expert ne trouvera pas de Kéréon 77 sur le chantier naval de Team Industry. Convaincu alors qu’il est bel et bien victime d’une escroquerie, Duchamp dépose plainte contre Simon et son entreprise auprès du procureur du Roi près le TPI de Kenitra. Une plainte à laquelle Simon ripostera en introduisant à son tour une requête auprès du même tribunal accusant Duchamp de faux et usage de faux. L’accusation concerne les ordres de virement fournis par l’autre partie pour prouver les acomptes déjà versés à Team Industry. Contacté par L’Economiste, Simon n’a pas souhaité répondre à nos questions. «Je n’ai rien à dire sur ce sujet. Je pense qu’il faut laisser la justice, en laquelle j’ai confiance, suivre son cours», répète Simon. Les points noirs qui entachent son activité ne l’empêchent pourtant pas de faire des projets. Du moins, pour le moment. Face au nombre croissant des commandes, Simon compte agrandir son chantier naval. Actuellement installée sur près de 3 ha et employant 200 personnes environ, la société négocie l’achat d’une dizaine d’hectares supplémentaires afin de satisfaire ses nombreux clients. Reste à savoir si les démêlés en justice influenceront ou non la santé de ce projet?Naoufal BELGHAZI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc