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    Politique Internationale

    Un champignon à la rescousse des diabétiques

    Par L'Economiste | Edition N°:521 Le 03/06/1999 | Partager

    · Découverte en Afrique d'une molécule, produite par un champignon, qui mime l'activité de
    l'insuline et stimule la captation du glucose

    · Nom de baptême: "L-783,281"


    Diabétiques, vous n'aurez peut être plus besoin de subir régulièrement la corvée des injections d'insuline. Une équipe des Laboratoires Merk, aux Etats-Unis, vient de découvrir une molécule qui mime les effets de l'insuline sans toutefois suivre le même chemin qu'elle. Produite par un champignon indigène, Pseudomassaria, qui se développe dans les forêts africaines, près de Kinshasa, cette molécule a été baptisée "L-783,281". Elle pourrait, selon les scientifiques, servir de base à l'élaboration d'une toute nouvelle classe de médicaments administrés par voie orale. "Ces travaux se révèlent d'une importance capitale. Non seulement ils ont mis en évidence un mécanisme d'activation des récepteurs tout à fait inédits, mais ils pourraient également ouvrir la voie à de nouveaux traitements du diabète", souligne le Dr Gérard Reach, directeur de l'Unité génie biomédical et diabète sucré de l'Inserm (Paris). La "L-783,281" n'est pas une protéine et ne subit donc aucune dégradation lors de la digestion. Elle pourrait alors rentrer dans la composition de comprimés. Pour en arriver là, plus de dix-huit chercheurs ont passé en revue quelque 50.000 molécules différentes et ont analysé in vitro leur influence sur les récepteurs de l'insuline. Le but initial de l'équipe de Bei Zhang et David Moller (Merk Research Laboratories, New Jersey) était de trouver des alternatives aux traitements actuels (insuline, biguanides, sulfamides hypoglycémiants, etc.). C'est peut-être fait. A priori, cette nouvelle molécule possède tous les atouts pour devenir la remplaçante incontestée des injections d'insuline.

    Le diabète est caractérisé par une hyperglycémie provoquée soit par une déficience complète en insuline (type 1 ou insulino-dépendant), soit par une diminution de la sensibilité des cellules cibles (type 2 ou non insulino-dépendant). Toute la difficulté des traitements réside donc dans le rétablissement d'une concentration ou d'une affinité normale.
    L'insuline, en se liant au domaine extracellulaire de ses récepteurs, provoque une autophosphorylation de la partie intracellulaire, qui entraîne à son tour la cascade des réactions caractéristiques de cette protéine. Or, les chercheurs ont observé que le composé "L-783,281" déclenche cette autophosphorylation et est très sélectif. Plusieurs tests complémentaires ont en effet indiqué qu'il ne présente aucune affinité avec d'autres récepteurs comme ceux des facteurs de croissance, habituellement activés par l'insuline et ses analogues. "Cette molécule agit de façon totalement originale. Elle ne se fixe pas à la zone extracellulaire du récepteur, mais va directement à la partie interne, en passant sans doute par la membrane de la cellule", explique le Dr Reach.
    Au-delà de cette caractéristique, la "L-783,281" stimule également la captation du glucose et les expériences in vivo sur des souris atteintes de diabète de type 2 ont montré une baisse de leur hyperglycémie. Reste maintenant à prouver sa totale innocuité avant d'envisager son utilisation à grande échelle.


    Les complications de la maladie


    Quel que soit le type de diabète, des complications peuvent survenir si la glycémie reste élevée. Après plusieurs années de déséquilibre, la maladie peut affecter les yeux, les artères (hypertension artérielle, angine de poitrine, arthrite des membres inférieurs), les nerfs ou encore les reins. Jusqu'à aujourd'hui, le traitement de cette maladie s'effectuait notamment à travers des injections d'insuline. Peut-être... plus pour longtemps.

    Abdelaziz MEFTAH
    (Info Science)

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