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International

Un Afghanistan riche de son sous-sol, chance ou calamité ?
Par le colonel Jean-Louis Dufour

Par L'Economiste | Edition N°:3329 Le 28/07/2010 | Partager

On se souvient d’un article retentissant paru le 14 juin dans le New York Times . Son auteur annonçait la découverte en Afghanistan par les Etats-Unis de gisements miniers, non seulement imposants mais riches de minerais très divers, fer, cuivre, plomb, zinc, cuivre, certains plus rares comme l’or, l’argent, le marbre, l’amiante, le mercure, ou très demandé comme le lithium aux multiples usages industriels (électronique, industries spatiales, batteries) et même médicaux. Six semaines après la publication de cet article, une fois retombés les remous médiatiques marqués par un certain intérêt mâtiné de doute, il n’est pas superflu de se demander ce qu’il advient de cette information dont on ne trouve plus guère d’échos. Son éventuelle véracité peut donner un espoir à l’intervention occidentale, ouvrir de prometteuses perspectives à l’Afghanistan, motiver politiquement des Américains et leurs alliés, pourtant pressés de ramener leurs soldats à la maison. Deux questions se posent: ces informations sont-elles fondées? Dans l’affirmative, l’Afghanistan peut-il en attendre son salut ? A la première question, on est tenté de répondre par « oui», à la seconde, par un «oui, peut-être», nettement moins catégorique!Oui, l’Afghanistan recèle dans son sous-sol des ressources minières à la fois très variées et probablement abondantes. Très vite, après le 14 juin, des lecteurs curieux ont pu découvrir sans la moindre difficulté que l’information livrée par le New York Times n’était pas précisément nouvelle. Dès les années 1980, les Soviétiques avaient relevé de nombreux indices. Quelques prospections, forcément partielles, avaient identifié des gisements dont quelques uns étaient d’ailleurs déjà connus. Bien entendu, une prospection systématique demeure à mener. Cela exige du temps et des efforts, surtout dans un pays en proie à une insécurité quasi générale et permanente. Les Américains ont donc pu fort bien découvrir de nouveaux gisements et améliorer les connaissances que l’on peut avoir sur les ressources minérales déjà découvertes dans ce pays.Au milieu des années 1980, le gouvernement afghan s’apprêtait à exploiter sur une grande échelle certaines mines avec le soutien technique des Soviétiques. A l’époque, priorité avait été donnée aux vastes réserves du pays en fer et en cuivre. A leur tour, les Américains, en 2006, ont entamé des discussions avec les autorités afghanes sur le meilleur moyen d’exploiter ces richesses. En 2009, le gouvernement afghan commençait à lancer des appels d’offre pour divers projets d’exploitation minière. Deux ans plus tôt, une société chinoise d’Etat (MCC, voir encadré) avait acquis pour trois milliards de dollars, la mine de cuivre d’Aynak, dans la province du Logar, au sud-est de Kaboul, et engagé des travaux préliminaires. Toutefois, l’insécurité générale, l’incertitude sur le devenir du régime afghan, l’irrationalité supposée du mouvement taliban n’incitent guère les investisseurs à prendre des risques. De plus, les infrastructures manquent, en particulier les routes et les voies ferrées dont l’existence constitue un indispensable préliminaire à toute exploitation rationnelle de quelque minerai que ce soit. Or le gouvernement afghan n’a ni la capacité, ni les moyens de les aménager. Dans ces conditions, les uns et les autres sont tentés d’attendre le retour de la paix pour s’engager dans des investissements aussi risqués.

La prospérité ou la guerre
Le jour où seront satisfaits ces divers préalables, les richesses minérales de l’Afghanistan feront peut-être son bonheur et celui de ses habitants. Jared Diamond , dans ses travaux sur le déterminisme géographique, souligne qu’un pays possédant de vastes ressources minérales tend vers la stabilité, pourvu qu’il soit doté d’un gouvernement central suffisamment fort. Faute de quoi l’Etat en question court à la catastrophe. En Afghanistan, le risque est de voir l’argent tiré un jour du fer, du cuivre, du cobalt, de l’or, du lithium,… servir in fine à financer les luttes ethniques, tribales et idéologiques.En la matière, rien qu’en Afrique, les exemples ne manquent pas. Les diamants de Sierra Leone ont amené le Front révolutionnaire uni à évoluer de la contestation d’un régime corrompu à un racket meurtrier ayant les pierres précieuses pour enjeu. Dans l’Est du Congo-Kinshasa, un milliard de dollars d’or est extrait et exporté chaque année sans que le gouvernement, faute de contrôler son territoire, puisse en percevoir taxes, impôts et royalties. Au chapitre « or », du budget congolais de 2008, les recettes s’élevaient à 37 000 dollars... Si le gouvernement afghan échouait lui aussi et dans des proportions semblables à tirer profit de l’exploitation de son sous-sol, à peine serait-il capable d’entretenir une poignée d’hélicoptères. L’Afghanistan peut toutefois faire son profit des erreurs des autres. Kaboul veillerait à ce que toute entreprise minière étrangère forme et emploie des travailleurs locaux pour extraire les minerais et aussi pour aménager les infrastructures nécessaires. A cet égard, le Nigeria est l’exemple à ne pas suivre, là où une population s’est vue privée de ses moyens d’existence par l’exploitation du pétrole sans obtenir en échange la moindre compensation, en matière d’emplois ou de services publics élémentaires. Les habitants du delta du Niger, tous pêcheurs ou paysans, ont vu leur environnement ravagé par la pollution des sols, auprès de laquelle la marée noire du golfe du Mexique ressemble à une aimable plaisanterie et dont les victimes seront indemnisées. A l’inverse, le Botswana utilise les revenus tirés de la vente de ses diamants pour construire des routes, édifier des centrales électriques, porter le niveau de vie de ses citoyens, hier encore très pauvres, à celui d’une honnête classe moyenne. La Malaisie emploie également avec bonheur ce que lui rapportent son étain et son pétrole. Cela suppose un système rigoureux de gouvernement, un contrôle effectif des contrats, la lutte contre les intermédiaires abusifs, l’interdiction notifiée aux entreprises étrangères de soudoyer ces derniers. Plus facile à dire qu’à faire, dira-t-on. Sans doute! Pourtant le gouvernement afghan, instruit de ce que son ministre des mines avait reçu des Chinois de MCC, en décembre 2009, à Dubaï, un pot de vin à hauteur de trente millions de dollars, a signé l’Accord international de transparence des industries extractives, créé il y a sept ans. Encore faut-il qu’un contrat ne soit pas directement signé par un dictateur corrompu. En Zambie, son président a traité, là aussi, avec une entreprise chinoise dans de sombres circonstances. Résultat, les exportations de cuivre zambien, d’une valeur annuelle de 3 milliards de dollars, en rapportent royalement au budget de l’Etat la maigre somme de 100 millions chaque année, une misère…Si l’Etat afghan doit percevoir un jour des revenus miniers substantiels, il devra veiller à ce qu’une bonne part de cet argent soit publiquement affectée aux Conseils villageois, sans passer par des intermédiaires ministériels, de manière à ce qu’il bénéficie directement aux habitants eux-mêmes.L’Afghanistan n’est pas seul dans ce monde à connaître semblable situation, celle de pays pauvres mais dont le sous-sol, très partiellement exploré, se révèle prometteur. Compte tenu du besoin mondial en matière premières, les prix connaissent une hausse quasi continue. Les pays qui en sont détenteurs doivent alors résister à la pente dangereuse qui les entraîne vers les violences internes. En Afghanistan, comme ailleurs, il n’est pas aisé d’imposer de l’extérieur des règles de bonne gouvernance, même quand on dispose, comme les Occidentaux, de troupes sur le terrain. Les citoyens de ces pays n’ont pas d’autre solution que d’assimiler, pour mieux les éviter, les erreurs déjà commises et tirer le plus grand profit de leurs ressources toujours rares et menacées, car évidemment convoitées.o

Hub chinois

«Le beau patrimoine minéral de l’Afghanistan n’a pas échappé à ses voisins chinois. Une société d’Etat, China Metallurgic Group Corp (MCC), n’a pas hésité à débourser plus de 3 milliards de dollars, bien plus que n’étaient prêts à débourser les grands mineurs internationaux, pour mette la main sur la mine de cuivre d’Aynak, dans la province de Logar. Selon une étude de l’US Geology Survey, ce gisement contient 12 millions de tonnes de cuivre, soit une valeur de 88 milliards de dollars. Globalement, ce seraient 60 millions de tonnes de cuivre qui seraient présents dans les sous-sols du pays.Les mineurs chinois pourraient bien créer un gigantesque « hub » cuprifère entre les mines de cuivre d’Afghanistan et celles du Pakistan, tout proche…Ce sont bien le cuivre et le minerai de fer, également massivement présent en Afghanistan, et dont l’industrie chinoise a un ardent besoin, qui sont les priorités du grand voisin. Avec 2,1 milliards de tonnes de minerai de fer, la zone de Kaji Gak, constitue le plus important gisement non encore exploité d’Asie». (Daniel Krajika, L’Usine nouvelle, 16 juin 2010.)

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