×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Dossiers

Tourisme
Le deal Accor/Club Med accroît la visibilité stratégique du Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:1795 Le 22/06/2004 | Partager

Accor et Club Méditerranée sont très engagés au Maroc. Le récent arrimage du groupe fondé par Trigano au numéro un mondial de l’hôtellerie élargit incontestablement la visibilité de la destination marocaine dans la globalisation. Marc Thepot, directeur général d’Accor Maroc, commente la nouvelle donne qu’entraîne ce rapprochement.- L’Economiste: Quelles peuvent être les incidences stratégiques du rapprochement entre Accor et Club Med pour la destination marocaine?- Marc Thepot: Avec cette prise de participation, le Maroc conforte sa position de destination-phare en termes d’investissement pour Accor et Club Méditerranée. Il est un peu tôt pour se prononcer sur les opportunités qu’un tel rapprochement pourrait induire localement. Ceci étant, on connaît de part et d’autre les atouts respectifs des protagonistes concernés. Au Maroc, Accor avec Risma est un acteur-clef de la politique touristique. Il a un savoir-faire éprouvé en matière de gestion hôtelière et s’est clairement positionné comme un acteur professionnel dans l’hôtellerie haut de gamme avec Sofitel, de la gestion des Spa à Marrakech, Essaouira et Marina Smir, de la commercialisation et la gestion des unités golfiques à El Jadida, sans oublier la notoriété installée du concept d’hôtellerie économique avec Ibis Moussafir. Risma est en passe d’atteindre les 2 milliards de dirhams d’investissement au Maroc. Quant au Club Med, le savoir-faire dans l’animation et la gestion des activités loisirs des clubs est incontesté. Son récent partenariat avec la CDG au sein du fonds d’investissement annoncé le 12 juin à Marrakech montre une volonté d’engagement pérenne au Maroc. De ces deux volontés désormais fédérées sous la bannière Accor, vont naître immanquablement des synergies en termes de commercialisation (Jet Tours étant une vraie locomotive), de gestion sociale et économique et de partage d’expériences, entre autres. C’est en tous les cas pour les clubs gérés par Accor à Marrakech et Agadir, une vraie nouvelle donne».- Quel est le poids commercial du Maroc dans le portefeuille tourisme du groupe Accor?- Sur le plan de l’image, les unités loisirs ont un poids considérable puisque la même clientèle en «affaires» apprécie le savoir-faire d’Accor dans nos unités de loisirs comme le Palais Jamaï à Fès, le Sofitel Thalasso d’Essaouira ou celui de Marrakech. Ces mêmes clients peuvent goûter aux plaisirs du Old Cataracte en Egypte, de Sofitel Loisirs en Thaïlande ou à l’ île Maurice. Cet impact est considérable et crédibilise aux yeux de la clientèle, le savoir-faire d’Accor. En termes de chiffre d’affaires, le Maroc ne représente peut-être que 10% mais ce sont des pourcentages qui pèsent lourd! Sans oublier bien sûr, le poids des agences de voyages fédérées au sein de l’«Alliance T».- Où voyez-vous d’éventuelles synergies entre l’activité du Club Med et celle du groupe Accor au Maroc? Votre programme de développement tiendrait-il compte de la nouvelle donne?- Comme je vous l’ai indiqué, on peut imaginer de nombreuses pistes de synergies. Elles passent d’abord et avant tout par les hommes et les femmes sur le terrain. Au Maroc, les équipes dirigeantes des deux entités se connaissent et s’apprécient. Il faut prendre le temps sans brouiller les organisations et les hiérarchies en place et en collant au tempo que nos patrons fixeront pour ces mises en synergie. Mais on sent bien que des pistes sont à explorer en termes de gestion des ressources humaines (viviers de personnel, gestion de la saisonnalité, formation aux métiers, etc.), en termes de commercialisation (les réseau d’agences de voyages et les réceptifs), en termes de gestion des achats ou de partage de savoir-faire, voire en termes de prescription. Quant au programme de développement, sans faire de la politique-fiction, on imagine mal ignorer les projets des uns et des autres à l’avenir puisque d’une certaine façon, ils solliciteront -au moins partiellement- les ressources d’Accor.- Sur le plan opérationnel, quel impact l’adossement du Club Med à Accor peut-il avoir dans les opérations de deux sociétés au Maroc?- C’est trop tôt pour le dire mais dès lors que l’on parle de «partenariat stratégique», on parle immanquablement d’«opérations». Il n’y a pas de doute là-dessus. Et le Maroc sera sûrement une terre d’apprentissage, ne serait-ce que parce que le tourisme et l’industrie des loisirs sont des secteurs-clefs «industrialisants et transversaux», disent les experts, et que tous les atouts sont réunis avec le Club et Accor-Risma pour que la vision 2010 soit une réalité s’appuyant sur des partenaires français alliés historiques du Maroc et de son développement».


A la mi-saison, nos chiffres sont bons

Pour l’instant, les chiffres d’Accor au Maroc sont bons puisque nous nous acheminons vers une croissance de 13% du chiffre d’affaires à périmètre comparable au-delà de nos prévisions. Des destinations comme Fès qui souffraient se réveillent peu à peu. On y observe une augmentation de 40% du chiffre d’affaires sur le segment 5 étoiles qui était, il est vrai, très sinistré. Toutes les destinations progressent. On est en ligne avec nos objectifs à fin mai (et juin est dans la même lignée). Les clubs (1.100 lits) affichent un taux d’occupation de 77% avec des prix moyens qui restent déprimés par une concurrence vive et des TO qui font la loi. Les Ibis Moussafir (1.000 chambres) confirment leur bonne santé avec 70% de taux d’occupation et de bons prix moyens. Les Sofitel du Maroc (940 chambres environ) confirment leur bonne tenue et le Sofitel Marrakech (bientôt 350 chambres avec sa prochaine extension) trouve sa place sur le marché avec 53% à fin mai et de bons prix moyens. Signe d’une bonne reprise de l’activité après les évènements pénibles de 2003 qui ont fortement affecté l’hôtellerie de luxe, les taux d’occupation de nos 6 Sofitel ont gagné 10 points et le chiffre d’affaires s’est accru de 20% environ suite à la bonne reprise des prix.


Les TO à bas prix? Ils sont les bienvenus!

- L’Economiste: Il semble que le phénomène des TO «à bas prix» se soit développé sur Marrakech et Agadir. Certains professionnels craignent que cela n’impacte négativement le positionnement de ces destinations. Quelle est votre analyse sur la question?- Marc Thepot: Nous avons tous été contents d’avoir ces TO» discounter» au moment où la conjoncture internationale poussait les clients habituels à rester chez eux. Des TO comme «Etapes Nouvelles» ont accepté de prendre des risques aériens considérables, ils ont financé des campagnes de promotion du Maroc d’une grande ampleur. Ces TO ont sauvé nombre d’hôteliers confrontés à des échéances financières incontournables. Leurs clients sont d’ailleurs des consommateurs qui achètent «malin» et qui peuvent ensuite revenir en individuel avec des budgets plus larges. Il faut seulement veiller au positionnement diversifié de nos destinations touristiques. Mais ne nous leurrons pas. Avec le fractionnement des congés, le développement des courts séjours, l’attrait des vacances... le marché des loisirs ne sera pas uniquement constitué de clientèle de luxe à haute contribution. Il faut seulement qu’il y ait une offre plurielle. Cette pluralité est à l’image de la vie de tous les jours tout simplement.


Boom des réservations par Internet

- L’Economiste: Quelles sont les grandes tendances «au niveau clientèle, marché, ou tarifaire» de la première moitié de la saison?- Marc Thepot: En dehors de ce que j’ai précédemment évoqué, l’évolution est incontestablement un développement des comportements d’achat individuel et de dernière minute. A ce titre, les réservations par Internet réalisent des bons considérables (+40% d’une année sur l’ autre pour les hôtels Accor du Maroc) même si ce mode de commercialisation reste minoritaire (10% pour nous). Par ailleurs, on sent un engouement pour les circuits, une réduction de la durée moyenne des séjours et tout simplement, le désir d’un tourisme «porteur de sens et apporteur d’émotions». Bref, une évolution qui ne peut que profiter au Maroc, qui doit désormais se préoccuper de l’environnement de ce touriste itinérant (qualité des infrastructures, sécurité, qualité et hygiène, fluidité des procédures, etc.). Une chose est sûre, 2003, «Annus horibilus», est derrière nous!

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc