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    Politique Internationale

    Surf: le sport-passion devient un look branché

    Par L'Economiste | Edition N°:39 Le 23/07/1992 | Partager

    Le surf n'était qu'un sport de plage. Il est devenu le symbole d'une manière d'être sur les plages: sportive, branchée, bronzée. C'est le rêve d'Hawaï ou de Californie à la portée de jeunes passionnés. Enquête sur les amateurs, l'activité, le prix des équipements.

    Qualifie de "sport de luxe", le surf ne cesse pourtant d'attirer des passionnés issus, des différentes couches sociales, observent les revendeurs d'équipements spécialisés.
    Ils admettent que le prix du surf-board reste élevé. Mais, ils soulignent qu'en parrallèle, la commercialisation de planches de seconde main, de "bonne occasion", permet à beaucoup de jeunes de "réaliser leur rêve" et de pratiquer le surfing. M. Mohammed M'Nabhi est un surfeur de longue date. Il gère "océan surf shop"le seul magasin spécialisé de Rabat. Il explique: "les surfeurs américains, australiens, brésiliens affluent sur nos plages, tout particulièrement, entre les mois de Décembre et Février. Avant de repartir, certains me vendent leurs planches que je revends moi-même après" Il ajoute que le surf est une passion qui ne reconnaît pas les différences sociales. Il cite son propre exemple: d'origine, plutôt modeste, il noue des amitiés avec des surfeurs marocains et étrangers. Il s'explique: "une bonne partie des surfeurs que je connais sont aisés. Certains qui achètent leur planche directement des U.S.A mais nous formons tous une même famille".
    Plus qu'un sport nautique, le surf s'érige, aujourd'hui, en une manière d'être. "Avant, le surf était un art. Maintenant, c'est devenu une mode", remarque M. Pascal Frendo qui gère "Malibu", un surf-shop au centre-ville de Casablanca. Le surfeur est reconnaissable d'un simple coup d'il, rappellent les amateurs. Il se distingue, d'abord, par sa morphologie. Son corps porte des signes qui ne trompent pas. Au fil des jours, des mois et des ans, la fréquentation continue de la mer finit par stigmatiser son corps de surfeur et lui donner "une allure physique agressive". Allure qui lui permet de mieux négocier et maîtriser la force des vagues déferlantes. Le surfeur se distingue, après, par son comportement vestimentaire. "Lorsqu'on touche au surf, on jette tout ce qui est classique comme vêtements. On ne porte plus que les effets-surf. Le look-surfer, quoi?!" explique M. Smaïl Hyjazi, un jeune surfeur un amateur plus chevronné est M. Zine El Abidine Guemmi, 28 ans. Il pratique le "surf à fond" depuis 13 années. Il estime que, de toute façon, "on reconnaît un surfeur dans l'eau".

    Spot: des vagues "belles et terribles"

    Glisser, au moyen du surf-board, sur la pente d'une vague déferlante, y faire des figures est la passion des surfeurs. "Chaque vague a un sens, une trajectoire" disent les surfeurs.
    Sur les 3.000 km de côte que le Maroc possède, les surfeurs sont arrivés à élire un bon nombre de spots. Dans leur propre jarçon, le spot désigne le lieu où se trouve "une vague surfable". Le spot le plus célèbre est "la pointe des ancres", proche du village de Taghazout, au Nord d'Agadir. Dans ce spot, la vague est à la fois "belle et terrible". Les surfeurs étrangers le fréquentent beaucoup, souligne-t-on. Les surfeurs casablan-cais ont le choix, au gré des vents et marées, entre le spot de Bouznika et celui de Dar-Bouazza. Un petit détour à Mohammadia reste toujours envisageable. A Rabat-Salé et Mehdia, "le plongeoir", "la cascade", "le shore break" sont des spots qui méritent également le détour, chaque spot a son propre régime. La direction des vents, l'altitude des marées et le style des vagues changent d'un spot à un autre. "Chaque soir, je regarde la météo pour avoir une idée. Mais, il arrive que M. Météo se trompe" note un surfeur.

    Fréquenter la mer

    D'un simple hobby, le surf devient donc une nécessité pour le surfeur "c'est un fléau" disent les premiers. "C'est une drogue" lancent les seconds. "Etudes et surf ça ne colle pas" avertissent les autres. Les expressions divergent. Mais le sens voulu est le même: le surf exerce, lentement mais sûrement, son emprise sur ses adeptes. Smaïl H. explique qu'un surfeur se réveille dès 4h du matin, prend son petit déjeuner son matériel puis "trace". Autrement dit, il se dirige vers la mer. Il parcourt le bord de la plage, choisit son spot. Si les conditions idéales du surfing sont au rendez-vous, le surfeur "oublie le monde" jusqu'au coucher du soleil. Le soir, c'est le K.O. toal; "On mange et on dort". Mais, le lendemain, la passion revient, plus forte, irresistible. Des jours entiers se succèdent à ce rythme infernal. Seules les mauvaises conditions atmosphériques contraignent un surfeur à rester chez lui. Il peut y avoir d'autres raisons. M. Smaïl H. raconte que des surfeurs débutants n'ont pu consacrer un tel dévouement au surf car leurs parents les en ont empêché. Il se contentent ainsi de ne faire le surf que pendant les Dimanches et les vacances. Les surfeurs pratiquent le surfing en groupe.
    "On s'éclate à fond" disent-ils. En fait, la pratique en groupe est un élément psychologique sécurisant. Dans la mer, le surfeur doit "réaliser son équilibre sur une planche en déséquilibre". Une mauvaise maîtrise de soi-même, un faux-départ sur la pente d'une vague déferlante, peut coûter la vie à un surfeur.

    3.000 à 6.000DH, la planche

    Outre une planche, un surfeur a besoin de certains accessoires. En hiver, il doit porter une combinaison isothermique pour se pémunir contre le froid. Actuellement, il existe 6 surf-shops sur Casablanca. Le marché est jugé encore "petit". Mais, les professionnels estiment qu'il devrait s'élargir à mesure que le surf se vulgarise, M. Frodon explique qu'un surf-shops ne vend pas uniquement des planches mais tout ce qui est en rapport avec le surf. "En moyenne, nous vendons une à deux planches par mois. L'essentiel de nos ventes porte sur d'autres produits-surf". L'activité d'un surf-shops couvre trois créneaux. D'abord, "le Grand matériel" (planches, combinaisons, body-board). Puis les "accessoires": (attachés, palmes, slaps, auto-collants).
    Et enfin, "la confection" avec ses deux segments: Tee-shirt, sweet-shirt, short, maillots, pour l'été. Pull, chemises, pantalon-jogging, pour l'hiver.
    L'essentiel du chiffre d'affaires se fait pendant les vacances d'été et de fin d'année. Le prix d'une planche neuve varie entre 3.000 et 6.000DH. Les professionnels expliquent que le prix-public est élevé en raison du cours du Dirhams et des frais d'importation.
    Le prix d'une planche d'occasion oscille entre 1.000 et 4.000DH, des professionnels du milieu ont monté des ateliers pour "Chaper" localement des planches. Leur prix reste également élevé car "les matières de base sont importées". Un tee-shirt, de confection locale, coûte entre 100 et 250DH. Un tee-shirt importé atteint facilement 500DH, notoriété internationale oblige. Le prix d'un short varie entre 150 et 700DH. Même les autocollants coûtent aux environs de 10DH, un porte-clés, 20DH.
    Cette année, le "look-surfer" abandonne le fluorescent. Il tend vers des couleurs "moins vives". La mode du surf est bien partie.

    Abdelkhalek ZYNE

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