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Politique Internationale

En concert à Casablanca : "Enigma" et Lonnie Gordon révèlent un public avide

Par L'Economiste | Edition N°:39 Le 23/07/1992 | Partager

Qui croit en Dieu croit dans le démon" chante "Enigma" dans un de ses succès. Ce groupe au look ambigu fut la vedette de la soirée organisée par Jazzy Company, le 18 Juillet au Complexe sportif MohammedV. A en juger par le succès et l'enthousiasme des milliers de spectateurs, il y a un besoin, et donc un marché porteur pour des entreprises, dans le "Show business". Pour sa première opération, Jazzy Company a présenté une "gamme de produits", de concepts. "Enigma" est défini par ses promoteurs européens, ses managers, comme un concept. A l'origine, un essai en studio: le Rock était mélangé sans complexe au chant grégorien. La musique électrique contemporaine était mariée aux incantations de l'église slave, dont l'origine remonte à plusieurs siècles et aux mélodies de la flûte de pan. L'essai s'étant avéré concluant, des managers du spectacle s'en emparent pour en faire un concept, une "production", de type "New Age". Résultat: 14 millions de disques vendus en 18 mois.

Et c'est donc ce concept qui était présent à Casablanca. Pas d'orchestre sur scène, la musique est "envoyée" par un "DJ": Riad Kneife. D'habitude ce Disque Jockey partage ses nuits entre "les Bains Douches", les "Folies de Pigalle" et le "Café Vogue", boîtes de nuit branchées à Paris. Il est venu avec 50 kilos de disques pour pallier à l'absence d'orchestre et soutenir le "visuel" Enigma: trois hommes et trois femmes qui chantent et dansent avec une rare synchron-isation. Ils alternent les mouvements lents et amples et de brusques figures rapides. Les bras remontent vers le ciel, dans des attitudes incantatoires. Puis ils cherchent un partenaire, l'enlacent: le tableau se veut alors érotique, pervers.

"C'est l'éternel tiraillement de l'homme entre Dieu et le Diable, le bien et le mal, que symbolise Enigma. Le mal guette le bien qui triomphe toujours", nous confiera le leader du groupe, Raphaël, au nom prédestiné. "Enigma a un côté secret, mystique. Nous vivons l'ère du verseau et la religion est à l'ordre du jour", poursuit-il. Sa barbiche lui donne d'ailleurs un air de Raspoutine. Ses deux compères ont été surnommés, pour les besoins du concept "Croux" (croix) et "Trex". Le premier s'efforce d'évoquer le Christ et le second le curé de base. Quant aux trois comédiennes, elles ont été surnommées "Elvira", "Barbix" et "Isabo". L'une est blonde et symbolise la pureté, l'autre est rousse, pour la douceur et la tentation, la troisième est brune et joue à la femme fatale. C'est le sex-symbol du groupe. Un point commun, elles jouent alternativement les "saintes nitouches" dans de longues robes, ou la provocation en tenues légères.
Autres danses érotiques, celles d'une troupe de cinq danseuses françaises, offerte en "apéritif" selon l'expression du Rasta chargé de l'animation. Un "Soft Drink" pour émousser la salle. Elles dansent sur scène, sans chorégraphie, comme elles l'auraient fait sur une piste de discothèque. Un peu de Jerk, un zeste de Rap et quelques déhanchements à la manière de Madonna. Une banalité pour un spectacle en Europe. A Casablanca, elles entraînent les milliers d'adolescents dans un délire dansant: chacun y va de sa spontanéité ou de quelques pas de Rap très en vogue. C'est toute la frustration de loisirs qui apparaît lors de telles soirées.

Défoulement en règle

L'espace du Complexe Moham-medV, le volume de la musique, l'intensité des percussions suffisent à provoquer un défoulement en règle.
Si bien que Lonnie Gordon, qui arrivait en fin de spectacle, trouve un public surchauffé, avide d'une prouesse artistique. La chanteuse noire aux cheveux rasés et blonds méritait une sono moins forte, mais plus fine. Son "One woman show" devait être un exercice de chant. Il est apparu comme un exercice physique. Les muscles saillants de son dos et de ses jambes, révélés par une robe courte, les grosses perles de sueur sur sa peau, ont marqué, laissé une impression d'engagement physique sur scène.
Lonnie Gordon définit son style comme un mélange de "Dance Music" et de Soul. Elle rappelle fortement Donna Summer, de la grande vague Disco par sa musique, sa voix.
Elle définira son style comme de la "Danse Music, chargée de Soul". La tendance de la musique américaine, nous confiera-t-elle, va vers un mélange "électronique et terrestre". Encore un concept artistique, que son manager, celui de Michael Jackson affinera, développera. Au total, les trois prestations ont conquis les milliers de jeunes, adolescents pour la plupart. L'organisation de Jazzy Company paraissait réussie: des spectateurs regretteront néanmoins d'avoir été conviés à 20 heures pour un spectacle qui ne commençait qu'à 21h. Pourtant, les passages étaient planifiés, minutes pour finir à 23 heures. Par ailleurs, le podium devait être surélevé: les spectateurs sur les gradins avaient bénéficié d'une bonne visibilité, tout en restant assis. Ceux du terrain, qui avaient payé plus cher ont vu le spectacle debout, souvent sur des chaises pliantes.

K. B.

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