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Economie

Sucre: La compensation amortit la flambée des prix

Par L'Economiste | Edition N°:3181 Le 30/12/2009 | Partager

. La régulation joue depuis les pics de mai dernier. Pas de répercussion sur la vente au détail DU jamais-vu depuis 28 ans. En 12 mois les cours du sucre ont presque été multipliés par deux. D’un peu plus de 200 euros la tonne à fin décembre 2008, les prix du sucre brut ont ainsi grimpé à près de 420 euros à la même date de cette année. Selon l’Office des changes, la valeur des achats, arrêtés à fin octobre dernier, a déjà marqué un bond de 57% tirée en cela par une hausse simultanée du volume (+32%) et du prix moyen de la tonne importée (+19%).Sur cette période, le volume des importations a atteint 831.000 tonnes pour une contre-valeur de plus de 2,8 milliards de DH. Alors qu’il s’est situé à 629.000 tonnes pour un coût d’environ 1,8 milliard de DH, sur les dix premiers mois de 2008. Du coup, la valeur de la tonne importée s’est élevée à 3.370 contre 2.860 DH. Certes, la hausse était prévisible, mais nul ne pouvait se prononcer sur son niveau et encore moins en préciser la date. C’est ce qui explique le fait que le Maroc a anticipé les importations. Comparé aux autres denrées alimentaires qui ont perdu entre 30 et 55% de leur valeur, le sucre a, par contre, flambé de plus de 57% à fin octobre.Mais depuis, les choses ont beaucoup changé. Après un léger recul en novembre, les cours du sucre brut et raffiné ont repris leur envolée le mois suivant. Ils sont soutenus par une révision à la baisse de la production du Brésil et une forte demande d’importation, notamment de l’Inde dont les récoltes de canne à sucre ont été affectées par une mousson assez avare en pluies. Toutefois, l’Organisation internationale du sucre (ISO) prévoit désormais un déficit mondial de production d’environ 7,2 millions de tonnes en 2009/2010 au lieu de 11,3 millions la campagne précédente. Quelles conséquences pour le Maroc dans la mesure où le système de tarification basé sur un prix cible de 4.700 DH/tonne s’est retrouvé, à maintes reprises, inadapté? En effet des pics de prix dépassant de loin ce seuil ont été enregistrés déjà en mai et août derniers. Ceci sans compter les frais d’approche et de transport. De fait, révèle le PDG de Cosumar, Mohammed Fikrat, «la régulation a fonctionné dès le mois d’avril». Sans donner plus de précisions, cela sous-entend la suspension ou du moins la réduction des équivalents tarifaires pour maintenir le prix cible à 4.700 DH/tonne. Ceci, quel que soit le niveau des cours sur le marché international. Car, l’enjeu est de garantir l’approvisionnement du marché local, mais aussi de protéger la production nationale. En clair, c’est le même scénario que celui adopté en 2006.

Réduction de la production
Pour le moment, la consommation porte sur 1,2 million de tonnes dont 55% proviennent du sucre brut d’importation et 45% des plantes sucrières produites localement. A ce niveau, pas moins de 80.000 familles de producteurs sont concernées. Et le plan d’investissement en cours de réalisation par le principal opérateur vise justement la mise à niveau de l’amont agricole dans l’objectif d’augmenter la part de la production locale. En s’abstenant d’augmenter le prix du sucre, l’Etat devrait donc supporter le poids de la hausse à l’international. «Décision qui n’est pas exclusive au Maroc», fait remarquer Fikrat. D’autres pays ont pris des mesures draconiennes pour réguler leur marché du sucre. Ces mesures vont du simple contrôle des stocks jusqu’au rationnement, voire au gel des exportations. A l’origine, une forte baisse de la production en Inde d’environ 44% par rapport à l’année 2008. Or, ce pays, qui se classe second producteur mondial après le Brésil, compte aussi comme premier consommateur de sucre. Du coup, ses stocks se trouvent au plus bas niveau dans la mesure où sa production a accusé déjà une chute de 20% en 2008. Et pour sécuriser son approvisionnement, il vient de décréter la suspension des droits de douane à l’importation. L’autre facteur qui doit doper la spirale de la hausse tient aux achats de l’Union européenne. Autrefois net exportateur, celle-ci importe aujourd’hui 25% de ses besoins en sucre. A noter que l’UE a engagé, depuis 2006, une politique de réduction volontaire de sa production sucrière dans l’objectif de limiter les subventions. Sa production n’est plus que de 12 millions de tonnes alors que les besoins se chiffrent à 15 millions. En d’autres termes, le déséquilibre s’il persiste est annonciateur de pénurie. Si toutefois des mesures d’ajustement ne sont pas apportées. Car, faut-il le rappeler, le marché du sucre est fortement réglementé partout dans le monde. Et les échanges ne portent que sur moins du tiers de la production mondiale.La bonne nouvelle vient, en effet, de ce gros fournisseur mondial qu’est le Brésil même si sa production s’annonce en légère baisse. Habituellement, 45% de sa production est destinée à l’alimentation et 55% à l’éthanol. Or, quelle sera la répartition dans les jours qui viennent? L’enjeu est de taille car la marge de manœuvre du Brésil reste très liée au prix du pétrole dont dépend celui de l’éthanol. Or, avec la hausse qui se dessine du baril du brut, les agriculteurs brésiliens auront tout intérêt à fournir le marché des biocarburants plutôt que celui du sucre.Aziz GHOUIBI

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