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Sitec 93: Les Espagnols en force pour la délocalisation

Par L'Economiste | Edition N°:67 Le 18/02/1993 | Partager

En dépit d'une conjoncture internationale difficile, la seconde édition du Sitec 93 a été une réussite. Ce salon a été marqué, notamment, par la présence en force des Espagnols, la montée de la maroquinerie et les nouveaux tarifs du fret aérien.

De l'avis de la plupart des exposants et des organisateurs, le Sitec 93, organisé parle FEDIC en collaboration avec le CMPE a été encore une fois un succès. "Les résultats de ce salon ont dépassé nos attentes et ce, en dépit d'une conjoncture internationale très difficile avec des problèmes de récession, de dévaluation de certaines monnaies, de chômage, de consommation...", avancent les organisateurs.

Satisfaction a été le maître mot de ce salon. Sauf cependant pour l'activité de la chaussure, pas assez nombreuse ou organisée pour drainer vers elle une fréquentation honorable d'acheteurs.

Ce salon, "qui commence à avoir ses lettres de noblesse", selon l'expression du ministre du Commerce, de l'Industrie et de la Privatisation, Moulay Zine Zahidi, a été une ébauche au partenariat, mais aussi pour beaucoup un voyage de prospection.

Des commandes importantes et fermes, ainsi que des contrats de sous-traitance ont été passés au niveau de tous les stands. Les contacts ont été fluctuants, mais prometteurs. Certaines sociétés ont pu remplir, le second jour de la manifestation, près de 80% de leur carnet de commandes. "Ce que nous avons pu réaliser cette année au niveau commercial a été le résultat du Sitec précédent. Nous avons pu ajouter à notre actif trois nouveaux clients", déclare le dirigeant d'une société de maroquinerie. A l'instar du vêtement cuir, la maroquinerie, qui a connu il y a une dizaine d'années des problèmes, reprend "du poil" et se dit prête à se positionner sur le marché européen. Face à la concurrence asiatique ou indienne, l'industrie de la maroquinerie, du vêtement cuir et le Maroc disposent d'atouts. Mais il y a également des freins. En effet, l'importation d'un grand nombre de produits (accessoires, certaines peaux...), afin de coller le plus possible au goût européen, implique finalement un coût plus élevé des fabrications marocaines. Et ce, malgré une main-d'oeuvre abondante et bon marché. C'est ce qui ressort des différentes discussions entre exposants et visiteurs étrangers . "Nous sommes peut-être plus chers que certains pays d'Asie, mais nous avons plus d'atouts, notamment dans la production de petites quantités et la rapidité dans les livraisons", explique un dirigeant d'une société de vêtement de cuir.

Ainsi, proximité, petites quantités, temps court de fabrication, tels sont désormais les mots clés de la stratégie des industriels marocains. Ils ont également pour objectif de devenir le partenaire privilégié pour le haut et le moyen de gamme.

Placé pour la seconde fois sous le thème de "partenariat dans les industries du cuir", le Sitec 93 a abrité environ 86 sociétés exposantes, près du double du Sitec 92 et a accueilli environ 600 visiteurs étrangers (le double par rapport à l'an passé).

La délégation la plus importante était espagnole, suivie de celle de la France, du Portugal, de l'Italie, de l'Allemagne, de la Tunisie, de la Grande-Bretagne, de la Libye...

Deux délégations espagnoles, une de Vienna connue pour la chaussure enfant et une autre d'Elda, centre de la chaussure femme de haut de gamme, ont établi des contacts de partenariat et de sous-traitance avec des fabricants de chaussure enfant, femme et homme. Des réunions entre industriels et des visites d'unités et de l'Institut du Cuir se sont déroulées parallèlement au salon.

Par ailleurs, en marge du salon, s'est tenue une réunion consacrée à la présentation du protocole d'accord tarifaire mis au point par la RAM. Le trafic aller-retour est l'une des bases de ce protocole, ainsi que l'établissement d'un tarif unique entre le Maroc et l'Europe et ce, sur l'ensemble des régions desservies par la RAM.

Les vols cargos à destination de l'Europe seront mis en service à partir du mois de Novembre 1993.

Concernant la fréquence de vols, pour la France, la nouveauté introduite est la desserte de l'aéroport Roissy Charles de Gaulle par 3 vols hebdomadaires. Paris Orly sera desservi par 9 vols, Marseille par 4 vols et Nice par 2 vols.

Pour le reste de l'Europe, à savoir Bruxelles, Amsterdam, Rome et Frankfurt, 3 vols par semaine seront prévus.

Ce protocole, souligne M. Zouhri, Responsable du fret RAM, a pour but outre de mettre en place un tarif unique à l'import et à l'export sur toute destination à partir du Maroc, mais aussi de permettre aux exportateurs de profiter des conditions de ce programme individuellement ou en groupe.

Concernant les tarifs, la RAM propose pour 25 tonnes un prix de 8DH/ Kg à l'export et de 6FF (ou équivalent) à l'import. Une quantité de 50 tonnes sera facturée à 6,50DH à l'export et 5FF à l'import. Le prix descend encore à 5DH et 4FF pour 100 tonnes. Le poids minimum par expédition est de 100Kg. De plus, les tarifs sont, précise M. Zouhri, commissionnables en faveur des transitaires. La RAM a, par ailleurs, proposé une restructuration de la grille des tarifs promotionnels à destination des Etats-Unis et du Canada.

Enfin, la Compagnie a mis en place ce qu'elle appelle une "complémentarité de transport, avion-camion, qui est une solution de qualité et de compétitivité".

Sur la France, et pour l'instant, la RAM a signé un accord avec un transporteur, Les Transports Fouya, qui livre tout l'Hexagone et qui est implanté à Roissy Charles de Gaulle. Ce protocole d'accord, globalement bien accueilli, sera signé entre la Compagnie et la FEDIC.

Deux exposants au Sitec: Un grand groupe et une PME

Les Tanneries Agouzzal

L'activité de la tannerie est caractérisée par la dualité existante entre la tannerie artisanale (qui a toujours existé au Maroc) et la tannerie industrielle dont la première unité a été créée en 1929 (tanneries Jean Carrel à Essaouira).

La tannerie-mégisserie intervient, en seconde position après la chaussure, pour 32% dans la valeur globale de la production réalisée par le secteur cuir en 1992.

Le Groupe Agouzzal détient dans ce secteur une grande part de marché.

Ce Groupe, qui englobe les secteurs de l'agro-alimentaire, des produits de la mer, de la chimie-parachimie, du cuir, des métaux et articles de bâtiment, des services, de l'agriculture et de l'immobilier, vient d'entamer sa quatrième décennie d'existence. Ce groupe emploie près de 8.000 salariés répartis dans une trentaine de sociétés et réalise un chiffre d'affaires d'environ 2 milliards de DH.

Concernant les tanneries, le groupe coiffe quatre sociétés (Tanneries de Meknès, de Mohammedia, du Maroc à Casablanca et les tanneries d'Essaouira) auxquelles s'ajoutent deux unités de vêtements en cuir et de maroquinerie, Somicuir et Fashion Agouzzal.

Ce secteur d'activité emploie 1.500 personnes et dispose d'une capacité de production annuelle de 40 millions de pieds carrés, toutes peausseries confondues, et de 1.500 tonnes de cuir à semelle. Le marché de la chaussure est important puisqu'il s'accapare près de 60% de la production globale des tanneries du groupe, précisent les dirigeants. Le groupe est également présent dans le vêtement, la maroquinerie et l'ameublement.

Au niveau de l'export, 14 millions de pieds carrés par an sont destinés au marché européen, africain et asiatique.

A partir de 1990, le groupe s'est dirigé vers le vêtement, la maroquinerie et la bagagerie par la création de la société Somicuir.

Celle-ci, employant une centaine de personnes et créée conjointement avec un partenaire espagnol, destine sa production au marché espagnol et aux îles Canaries. Suite aux résultats obtenus par Somicuir, une seconde société Fashion Agouzal, également spécialisée dans les mêmes produits, a vu le jour.

JK II: Histoire d'un sac

Lorsqu'une biologiste rencontre un économiste, qu'est-ce qu'ils se racontent? Tout simplement des histoires d'accessoires, de sacs. De cette association (juridique et maritale) est née une "première expérience dans la maroquinerie qui n'a pas marché" et une seconde version avec "JKII", dirigée par M. et Mme Kettani . Créée en 1989, JK II axe son activité principalement sur le sac femme. Mais, il a fallu aux dirigeants beaucoup de "tâtonnements" pour, selon leur expression, arriver à trouver leur voie et à se spécialiser dans le sac femme.

"La première entreprise que nous avions créée était en quelque sorte une expérience de fabricant, avec aucune notion de création. Nous ne savions qu'exploiter de la main d'oeuvre.

Nous avions commencé par le vêtement en cuir, la petite maroquinerie, la bagagerie, le sac femme, un peu de tout", expliquent les dirigeants .

Aujourd'hui, le sac est devenu leur marque de reconnaissance. Près de trois mois sont nécessaires à l'élaboration d'une collection, destinée essentiellement au marché français. Pour cela, les dirigeants de JK II font appel à des stylistes français avec lesquels sont discutés les choix des matières, des couleurs, des formes, des tendances...C'est à partir des salons que les dirigeants de la société testent leurs produits et voient s'ils "sont dans le coup". Leur production est essentiellement destinée à l'export sauf pour la fin de l'année pour les cadeaux d'entreprise. Petit à petit, la société JK II commence à récupérer beaucoup de clients français qui s'approvisionnaient en Italie. Les prix offerts devenant trop chers, ils se tournent actuellement vers le Maroc.

"Nous sommes aujourd'hui très optimistes, car nous avons enfin un véritable secteur de la maroquinerie", souligne M. Kettani. Pour lui, la maroquinerie est une activité artisanale "où près de 80% du travail est réalisé à la main". C'est aussi "un travail de méthode, de précision et de rigueur", ajoute Mme Kettani.

Meriem OUDGHIRI

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