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Economie

Sécurité: Le déni du risque peut coûter cher

Par L'Economiste | Edition N°:3056 Le 29/06/2009 | Partager

. L’improvisation est à bannir dans les sites de production. Une responsabilité partagée entre l’Etat et l’entreprise «Ne vous occupez de rien, je m’occupe de tout». Petite phrase assassine. Souvent des chefs d’entreprises estiment que «les mesures de sécurité sont une affaire purement interne». Souverainisme ou avarice? Aussi maîtrisés soient-ils, les risques d’un incendie ou d’une explosion guettent toujours un site industriel. Seveso en Italie, AZF en France, Bhopal en Inde, Rosamor au Maroc… A chaque fois, les drames industriels ont déclenché des tempêtes politiques et engendré des lois. Citons à ce titre la Directive européenne Seveso adoptée en 1982, modifiée en 1996, puis amendée en 2003. Un amendement qui a adopté «le principe de probabilité d’occurrence» d’un danger. La maîtrise du risque, industriel ou naturel, est plus qu’une obligation. Ce sont des techniques qui ne tolèrent pas l’approximatif. Moncef Ziani, président de la Fédération marocaine du conseil et de l’ingénierie, regrette que «l’arsenal juridique soit imparfait et n’oblige pas les opérateurs à faire des études de risque» (voir p. 4). Une des tares qui a été d’ailleurs maintes fois soulevée lors du colloque sur «la maîtrise du risque technologique et environnemental», tenu le 25 juin à Casablanca. Le code du travail -articles 281 à 344- impose aux employeurs de respecter les mesures préservant la santé et la sécurité au travail. En déniant ces droits, la responsabilité pénale d’un dirigeant d’entreprise est engagée. Le verdict de l’affaire Rosamor en juin 2008 est édifiant: le patron de l’usine, son fils et un ouvrier ont écopé de peines de prison ferme allant de 2 à 4 ans et d’amendes de 1.000 DH. Le déni du risque a donc un coût financier, moral et surtout pénal. Il y a des moyens pour rattraper les retards et combler les failles. Le lieutenant-colonel Monet du service d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône évoque la formule du coquillage: «Des couches successives de sécurité qui vont du dessin d’une unité industrielle, à la construction, l’exploitation, puis la maintenance et l’audit des mesures de prévention…». Ce qui implique d’installer des procédures de veille. Le président de la commission sécurité des cimentiers (APC), Mustapha Regragui, évoque le Safety tours ou encore le casque orange. Pendant une heure un collaborateur se balade au sein de l’usine, relève les anomalies sécuritaires et les transmet à sa hiérarchie. Cela évite les imprévus et au pire limite les dégâts. Ce qui induit aussi une fluidité dans la communication entre le directeur et ses collaborateurs (voir p. 6). Il est vrai par ailleurs que des guides de sécurité fleurissent ici et là pour sensibiliser les patrons. «L’initiative est louable, encore faut-il les rendre publics», avertit Nadia Salah, modératrice du colloque à titre gracieux et directrice des rédactions du groupe Eco-Médias. Car l’Etat en tant que garant de la sécurité publique a une obligation d’information. Préserver la sécurité des citoyens ne se limite pas à traquer les terroristes et les malfrats. Elle implique notamment d’identifier, de contrôler, de cartographier… les sites dangereux. Du coup, les autorisations de complaisance ne devraient plus avoir droit de cité. Ne serait-ce qu’en signe de respect pour la mémoire des victimes de l’incendie de Rosamor. Mais là c’est un effort à double niveau: appliquer les lois et changer les mentalités. Faiçal FAQUIHI

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