×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Sable: Comment sécuriser l’approvisionnement

Par L'Economiste | Edition N°:3380 Le 11/10/2010 | Partager

. L’offre légale actuelle ne dépasse pas 10 millions de m3. De 20 millions de m3 par an, la demande sera multipliée par deux en 2015 Les chantiers de construction immobilière et d’infrastructures exercent une forte pression sur l’exploitation des carrières de sable. Selon l’étude réalisée par l’Association des professionnels du sable et rendue publique fin septembre, le Maroc devra construire annuellement plus de 150.000 logements, trois barrages, 130 km d’autoroutes, un important programme portuaire, logistique, 1.300 lycées d’ici 2012. Les chantiers concernent aussi la construction des canaux et de stations dans le cadre du plan Maroc Vert, Azur, des centres hospitaliers, la mise à niveau urbaine, des villes nouvelles, la reconstruction de mosquées… Aujourd’hui, la construction d’un barrage nécessite 400.000 à 600.000 m3 de sable, un bâtiment public (lycée ou hôpital) 15.000 à 20.000 m3 et un logement entre 50 et 100 m3. Ce qui donne une idée précise des volumes de ce matériau qui devront être utilisés dans la réalisation des chantiers ouverts dans les quatre coins du Royaume. Selon les chiffres officiels, qui datent de 2009, l’offre de sable légale s’élève à environ 11,2 millions de m3. Ce sable provient essentiellement des oueds (3,6 millions de m3), des dunes (3,4 millions), du concassage (3 millions de m3). Le sable provenant du dragage représente à peine 1,2 million de m3. Or, la demande actuelle est de 20 millions de m3. D’où un déficit de 8,8 millions de m3. Comment s’explique donc cet important écart entre la consommation annuelle et l’offre officielle de sable? En fait, il s’agit de la part que représente l’informel.Au Maroc, le bâtiment consomme 73% de la production de sable. Le reste est absorbé aux travaux publics. Sur le plan de la répartition géographique de la consommation de sable, la région du Grand Casablanca se taille la part du lion, avec plus de 3 millions de m3, suivie de Tanger-Tétouan, avec plus de 2,5 millions de m3 et de la région du Souss avec un peu moins de 2 millions de m3.Selon les prévisions de l’Association des professionnels du ciment (APC), la demande en sable pourrait atteindre 30 millions de m3 en 2015 et 40 millions en 2020. Comment compenser donc le différentiel et faire face à la future demande?En raison de la forte pression sur le sable, l’exploitation des carrières ne se fait pas toujours dans des conditions normales. Dans le cas des carrières informelles, elle est assimilée à du pillage de la ressource. Ce qui a eu un impact important sur l’environnement, notamment la destruction du littoral et des cours d’eau ou encore la migration des sables vers la forêt. De plus, les lits et méandres des oueds ont été défigurés. Pis encore, dans certaines régions, les nappes phréatiques ont été perturbées. En outre, le sable connaît une certaine pénurie à Fès, Marrakech, Taza… L’approvisionnement en sable depuis des zones éloignées engendre des surcoûts de transport. Ces derniers sont estimés entre 10 et 15% pour chaque tronçon de 10 km. Et les prix ne sont pas uniformisés. Ils varient entre 300 DH à Fès et 180 DH environ à Casablanca. Une situation due à la non-réactualisation du dahir de 1914 relatif à l’exploitation des carrières, qui date de 1914. Le gouvernement a bien promulgué la loi 08-01 en 2002 pour mettre fin à l’anarchie, sauf que le décret d’application n’a pas encore vu le jour. Chose à laquelle la commission interministérielle chargée de la problématique du sable, réactivée en 2010, a essayé de remédier en préparant un projet de circulaire concernant l’exploitation des carrières. Le texte, qui vient combler l’absence d’un décret d’application pour la loi 08-01, a d’ailleurs été publié par le Premier ministre en juin dernier. La commission a également préconisé un scénario d’approvisionnement mixte via deux principales solutions alternatives: le dragage et le concassage. «Le gisement avéré pour le sable de dragage s’élève à 4,5 milliards de m3 à travers les deux façades maritimes du pays, tandis que les réserves avérées de sable concassage s’établissent à 2,5 milliards de m3», explique Hassan Jai, président de l’APS. Quant à l’extraction de sable en provenance des oueds, le secrétariat à l’Eau et à l’Environnement autorise environ 8,6 millions de m3 par an. Le ministère de l’Equipement et du Transport veut le plafonner à 3,3 millions de m3 par an. Pour sécuriser l’approvisionnement en sable, l’APS recommande le lancement d’appels d’offres relatifs au dragage du sable et l’activation du schéma d’exploitation des carrières massives. L’objectif est de promouvoir l’investissement dans ce secteur. L’adoption d’un cadre juridique et réglementaire pertinent et d’outils de gestion et de suivi des exploitations est également prévue. Au programme également, la professionnalisation des ressources humaines de l’administration dans le domaine de la gestion des carrières. La création d’un observatoire du sable de construction fait aussi partie des propositions des professionnels. Un dispositif destiné à prévenir tout dérapage au niveau des prix et des approvisionnements.


Dunes

A côté de ces sources d’approvisionnement, le sable des dunes, dont l’exploitation était évaluée à 15 millions de m3, ne sera plus extrait que dans la région de Laâyoune à raison de 1 million de m3 par an. Il s’agit d’une mesure visant à protéger le littoral, l’arrière-pays ainsi que les nappes phréatiques. Le sable des dunes était extrait au niveau de 168 points de prélèvement dont 30 communes littorales, 17 provinces et préfectures et 11 régions. Selon les statistiques officielles, il n’existe plus que 23 carrières de sable de dunes autorisées. La dernière autorisation accordée pour l’extraction de ce type de sable remonte à 2008.H. E.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc