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    Courrier des Lecteurs

    Risque pays: L'approche globale réhabilitée

    Par L'Economiste | Edition N°:284 Le 12/06/1997 | Partager

    La crise financière mexicaine a révélé les limites de l'approche par les ratios macro-économiques. Depuis, l'accent est mis sur les facteurs de creusement du déficit courant, la volatilité des capitaux et les vulnérabilités structurelles.


    Les formes du risque pays se diversifient et leur appréciation devient de plus en plus complexe. C'est le constat tiré par la revue Conjoncture de la banque Paribas dans son édition de mai 1997. Le concept de risque pays est composite. Il englobe tous les aléas susceptibles d'affecter le déroulement d'opérations, qu'elles soient commerciales, industrielles ou financières.
    Les pays industrialisés se sont pour la plupart développés grâce aux capitaux étrangers. Toutefois, le processus n'a pas été linéaire, car marqué par des crises financières.
    Outre les Etats et les banques, de nouvelles catégories de prêteurs et d'emprunteurs privés apparaissent durant la décennie 90. Ce qui marque la prépondérance des capitaux privés dans le financement externe de nombreux pays dits émergents. "Les réformes structurelles mises en place par la plupart de ces pays tendent-elles à réduire le ris-
    que global d'insolvabilité?".
    Pour Olivier de Boysson, auteur de l'article, les concepts et les modes de financement ont changé, mais la nature des crises potentielles reste liée à l'accumulation trop lourde de la dette par rapport aux capacités de remboursement.

    Il est à préciser que les risques-pays sont liés à l'état du pays et sont indépendants de la qualité du débiteur, du projet ou de l'opération. Ils se matérialisent sous forme de risque soit de transfert, soit de paiement, soit de performance. A cela s'ajoutent les risques de marché et le risque souverain. "Il est parfois difficile de faire une nette distinction entre ces différentes notions". A titre d'exemple, le risque de performance peut se transformer en risque de paiement si une part importante des exportations est donnée en gage aux créanciers. De même, une crise de change peut être déclenchée par la perception d'une incertitude politique ou une faiblesse institutionnelle, même si le pays n'est pas surendetté.
    "Le processus de cristallisation soudaine de ces risques semble particulier aux pays émergents". Il provoque généralement "un effet de coup de tonnerre".
    Par ailleurs, la crise mexicaine a mis en relief l'insuffisance de l'approche par les ratios macro-économiques. Cette crise est à l'origine du regain d'intérêt pour l'approche globale des facteurs de risque. Ainsi, l'accent a été mis sur la détermination du niveau soutenable de déficit courant et sur les facteurs de creusement de ce déficit. La fragilisation du financement de ce déficit par des capitaux volatils a également été mise en valeur. "Le coup de projecteur s'est en outre porté sur les vulnérabilités structurelles, sur l'opacité institution-nelle et sur la moralité des cercles dirigeants". De même, les notions d'économie de développement et de stabilité politique et sociale ont bénéficié d'un regain d'intérêt. En fait, l'importance de ces facteurs n'était pas ignorée jusque-là mais leur poids a été réévalué.

    Tous ces facteurs se traduisent en signaux pour les marchés financiers des pays à risque. En fait, le marché a une fonction de mesure du risque (pricing) qui repose sur les anticipations des agents. Quand le risque augmente, la hausse de la prime de rémunération exigée par les apporteurs de capitaux joue le rôle d'avertisseur. Les autorités peuvent alors contrôler la situation en réduisant la demande globale par une politique de rigueur notamment.
    La volatilité des prix et le niveau des spreads sur les actifs à taux fixes constituent des instruments usuels de mesure du risque pour les marchés financiers. "Les benchmarks de taux sont fournis par les emprunts souverains en devises qui sont réputés être des indicateurs d'un socle de risque". Les agences de notation adoptent cette logique et n'accordent pas généralement de notes supérieures aux risques privés. Les divergences importantes relevées dans les jugements des grandes agences s'expliquent par la complexité objective de l'évaluation du risque pays. Elles s'expliquent aussi par l'importance du jugement subjectif qu'elles intègrent. "Il n'est pas étonnant que la notation influe peu sur le niveau absolu des spreads qui, eux, restent très sensibles aux variations de la liquidité internationale".

    Mouna KABLY

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