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Culture

Ressources en eau et changements climatiques
Les véritables enjeux
Par Abdallah Mokssit(1)

Par L'Economiste | Edition N°:2655 Le 20/11/2007 | Partager

Le Groupe intergouvernemental des experts sur l’évolution du climat (GIEC) vient d’éditer la rapport intitulé «Climate Change 2007 The Physical Science Basis» (Changement climatique 2007 les bases des sciences physiques) avec son résumé destiné aux décideurs. Ce dernier a été principalement préparé pour permettre au lecteur de trouver les vérités scientifiques relatives au changement climatique loin de toute spéculation politique. Le rapport confirme les conclusions déjà rapportées dans les trois derniers rapports du Giec telles que l’augmentation du niveau de la mer menaçant plusieurs régions du monde, l’augmentation de la température globale, le dérèglement des systèmes climatiques sous forme de migration de certaines régions d’un type de climat (humide par exemple) vers semi-aride provoquant un bouleversement des types de végétation et de faunes qui régnaient de façon convenable. Le rythme et la fréquence des phénomènes extrêmes sont prévus à s’amplifier nécessitant des moyens d’adaptation avec des pouvoirs de réaction et de régulation plus expéditifs. La canicule en Europe en 2003, le cyclone Katrina (USA), les inondations d’Ourika, El Hajeb, Mohammédia en sont des exemples éloquents démontrant l’impuissance des pays réputés bien outillés et préparés. Si le niveau de confiance dans les conclusions telles que le réchauffement global des températures et la réduction déréglée des précipitations dans nos régions est très important, les experts s’accordent dans leur rapport relatif aux mesures d’atténuation et d’adaptation de privilégier les stratégies éprouvées en matière de pouvoir régulateur qui permettrait de cumuler et profiter des excès et de sauvegarder et redistribuer en cas de pénurie. Ainsi la stratégie d’irrigation du million d’hectares, la stratégie des barrages constituant des traductions de la vision éclairée des hautes autorités du pays saluées par d’éminents experts et survenant lors de phases de pénuries de ressources déclarées (sécheresses des années 80) non différentes des phases actuelles, ont prouvé leur pertinence comme cela a été précisé par d’éminents scientifiques nationaux tels que Abdeladim El Hafi qui a affirmé au journal L’Economiste (Edition électronique) que: l’idée de stopper la politique des barrages est une idée totalement «farfelue»; les barrages sont d’autant plus nécessaires que la sécheresse est structurelle dans notre pays, et internationaux tels que Eric Brun, polytechnicien ingénieur des ponts et chaussées et directeur du Centre de recherches de MétéoFrance, qui a avancé lors de la rencontre sur les changements climatiques Rabat, le 4 avril 2007, que: Des études menées sur la partie méditerranéenne des Alpes françaises prouvent que le changement climatique réduira considérablement les stocks de neige disponibles pour alimenter les rivières de montagne durant la fonte printanière. Ces résultats sont très probablement applicables aux régions de haute altitude de l’Atlas marocain et seules des mesures d’adaptation telles la construction de barrages pourraient en limiter les effets. Les barrages peuvent également limiter les dégâts associés à une recrudescence des précipitations extrêmes.Si des appels au recours à des mesures d’optimisation de la mobilisation de la ressource par la sauvegarde de la qualité, la réutilisation des eaux usées, l’exploration de technologies d’eau non conventionnelle telles que le dessalement de l’eau de mer ont été au centre des préoccupations du département en charge de l’eau, la consolidation de l’acquis en matière de stratégie de barrages et de transferts restent des atouts structurants salués avec objectivité par des pays développés comme le Japon qui montrent l’exemple en continuant à construire des barrages malgré les particularités et difficultés géomorphologiques de ce pays. Le vrai débat qui doit s’installer doit tourner autour de la dotation de notre pays de toutes les mesures et stratégies à même de renforcer ses capacités à devenir moins vulnérables aux impacts négatifs des changements climatiques et asseoir les bases d’un développement durable. Les mesures qui ont été déjà mises en place de façon anticipée ont valu des témoignages des premiers concernés par cette problématique des changements climatiques invités lors de la rencontre du 4 avril à Rabat sur les changements climatiques. Je citerai le discours du président du Giec qui s’est référé au discours royal prononcé lors de la Conférence des parties de la Convention cadre des Nations unies sur les Changements climatiques COP7. Celui-ci a qualifié notre pays de leader et locomotive potentiels à suivre au niveau régional et continental en matière de traitement de la question des changements climatiques.Dans ce contexte un cadre d’orientation peut être inspiré du discours royal prononcé lors de l’ouverture de la 9e session, «la dernière» du Conseil supérieur de l’eau et du climat le 21 juin 2001 à Agadir. L’attention doit, cependant, être attirée sur le fait que les conclusions relatives aux changements climatiques n’ont pas changé, substantiellement, depuis la date de ce discours; que le CSEC qui regroupe toutes les composantes actives du pays ainsi que toutes les expertises reconnues dans le domaine de l’eau et du climat à l’échelle internationale a applaudi ce gisement d’idées intarissable. Aussi, ce discours a-t-il passé en revue un point fort de la stratégie largement souhaité par des pays, y compris les développés, c’est l’approvisionnement des villes, l’irrigation du million d’hectares sans oublier dans le sillage l’accès à l’eau potable dans les régions rurales par le biais du Programme PAGER qui a été primé par les Nations unies.


Phénomènes extrêmes

Concernant les aspects relatifs aux ressources en eau en particulier, le rapport du Giec précise que la répartition des précipitations observées et prévues connaît et connaîtra des réductions dans certaines régions dans le monde et des excès dans d’autres et des distributions temporelles différentes. Le rapport annonce également plus de fortes précipitations et plus d’épisodes secs tout en insistant sur la conservation de la quantité globale. L’eau perdue lors des épisodes secs est obligatoirement récupérée lors des séquences de fortes pluies. Autrement dit, les précipitations qui tombaient de façon régulière dans l’espace et le temps seront concentrées dans des laps de temps très courts et intéressant des portions de l’espace très localisées. Elles tomberont sous forme de phénomènes extrêmes avec des intensités remarquables posant parfois en cas d’absence de bassins de rétention et de tampon (tels que les barrages) des problèmes pour les infrastructures comme routes, ponts, installations industrielles qui étaient dimensionnées pour des périodes de retour plus longues.-------------------------------------------------------------------------(1) Directeur adjoint et chef du Centre national de recherche météorologique- Président du groupe chargé des prévisions climatiques de l’Organisation mondiale de la météorologie- Membre du groupe de gestion de la Commission des sciences atmosphériques- Auteur principal du 4e rapport du Giec.

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