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    Economie

    Réquisitoire austère des stevedores contre l'ODEP

    Par L'Economiste | Edition N°:671 Le 30/12/1999 | Partager

    · La douche froide pour les responsables de l'Office
    · Pour ces derniers, la solution est de repenser l'ensemble des maillons de la chaîne des opérations portuaires


    Comme dans un film hitchkokien, le déplacement de cinq personnes sur le podium installe la tension. Les cinq personnes étaient les membres du bureau dirigeant de l'Association des Agents Maritimes Consignataires de Navires et Stevedores du Maroc (Assamat). Le podium était celui de la conférence tenue à Casablanca le 27 décembre dernier avec pour thème "Les opérations commerciales au port de Casablanca". Le silence religieux qui enveloppait la salle de conférences n'a pas tardé à être rompu. "Notre démarche n'est dirigée contre aucun cadre de l'ODEP. Mais néanmoins, nous sommes convaincus qu'il faut prendre des initiatives, et immédiatement". D'entrée de jeu, le président de l'Assamat, M. Mohamed Karia, a annoncé la couleur.
    Le bras de fer entre les deux parties a fait l'effet d'une douche froide parmi des responsables de l'ODEP. Calme et serein, le commandant Karia n'a pas mâché ses mots. "Initialement prévue pour le 20 décembre, cette conférence a été retardée d'une semaine à cause des pressions externes que nous avons subies".
    En fait, cet incident renseigne sur le jeu de menace qui a eu lieu entre ces deux partenaires, qui sont censés pourtant avoir des relations de client (ODEP) à fournisseur (Assamat). Aujourd'hui, le réveil a été d'autant plus brutal que le débat avait longtemps été différé. En revanche, le compteur de la facturation de l'ODEP ne s'arrête pas. Et c'est par là précisément que le branle-bas de combat a gagné les agents maritimes opérant au port de Casablanca.

    Avalanche de dysfonctionnements


    "Réalisant 40% du trafic portuaire national, ce port souffre d'une maladie chronique à cause de son système d'exploitation et de gestion par un organisme public en situation de monopole régi par l'ancien cahier des charges de la Régie Autonome du Port de Casablanca (RAPC)", a contesté M. Karia. A elle seule, cette déclaration résume, certes laconiquement, la situation du port de Casablanca ainsi que de l'ODEP, organisme gestionnaire. Autrement dit, un texte caduc réglementant l'activité portuaire et une politique de tarification désuète non basée sur les critères de la compétitivité des navires. Résultat, une avalanche de dysfonctionnements allant de la rupture de charge à la congestion portuaire en passant par des problèmes inhérents aux infrastructures d'accueil, de manutention et d'emmagasinage des marchandises.
    Dépassés par les tirs croisés encaissés durant la conférence, les responsables de l'ODEP étaient unanimes pour considérer que l'ordre du jour n'était pas connu et donc la réponse à toutes ces "attaques" n'a pas été préparée. "C'est un réquisitoire contre l'administration de l'exploitation des ports et non un débat autour du thème annoncé, celui des opérations commerciales", s'est insurgé M. Mohamed Hachami, directeur de la Planification et du Marketing du port de Casablanca. Il faut dire que la frontière entre un procès objectif et un diagnostic neutre est très floue. Pour M. Hachami, "les opérations portuaires constituent un ensemble de maillons d'une seule chaîne. Il faut donc repenser cet ensemble dans sa globalité".
    Indéniablement, le sentiment des assistants à la conférence était que les responsables du port avançaient des propos vidés de leur contenu. Tout aussi calme, M. Karia répond: "La différence qui existe entre nous est que vous avez tout votre temps, et nous n'en avons pas".


    ODEP: Près de 1,8 milliard de DH de chiffre d'affaires pour 1999


    L'Office d'Exploitation des Ports (ODEP) se porte bien. Son dernier Conseil d'Administration, tenu le 24 décembre au siège du Ministère de l'Equipement, vient d'en donner la preuve. "Le trafic portuaire à fin décembre 1999 devrait atteindre 51,8 millions de DH, en augmentation de 5,6% par rapport aux prévisions initialement arrêtées au titre de l'année 1999", s'est félicité M. Mohamed Halab, directeur général de l'ODEP. En fait, cette augmentation provient de l'accroissement du trafic des céréales (+55%), des hydrocarbures (+11,3%) et de l'acide phosphorique (+7,6%).
    Du coup, le chiffre d'affaires attendu pour cette année s'élève à 1.779 millions de DH, soit une augmentation de 2,7% par rapport au budget 1998. Pour l'année 2000, l'ODEP compte d'ailleurs consolider son chiffre d'affaires pour atteindre 1.806 millions DH. D'autres agrégats de la structure budgétaire de l'ODEP ont été avancés concernant l'année prochaine: le résultat d'exploitation sera de 350 millions de DH, les charges atteindront 1.490 millions de DH et la valeur ajoutée sera de 1.323 millions de DH.
    Côté prévisions, l'ODEP table sur un trafic portuaire estimé à 55 millions de tonnes. "Le trafic s'établirait à 33,5 millions de tonnes à l'import contre 21,5 millions à l'export", est-il indiqué. Par port, la répartition du trafic prévisionnel fait ressortir que l'augmentation globale attendue concernerait l'ensemble des ports à l'exception de celui de Casablanca qui enregistrerait une baisse limitée de 1%. En revanche, le port de Jorf Lasfar occuperait la première marche du podium. Il connaîtrait la plus forte augmentation, soit +26,2% en assurant le transit de 10,7 millions de tonnes.
    Par ailleurs, le programme d'investissement de l'ODEP pour la période 1999-2002 s'est vu accorder une enveloppe de 3.187 millions de DH. Objectif, "permettre aux ports d'accompagner la structure du trafic portuaire", est-il souligné. Quant à l'état d'exécution du programme d'investissement 1998-2002, les "engagements arrêtés à fin septembre 1999 s'élèvent à 443 millions de DH, ce qui représente 53% de l'enveloppe annuelle", a-t-il été rapporté lors du C.A.

    Hassan BOUCHACHIA

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