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    Economie Internationale

    Réforme de la PAC: C'est le tollé

    Par L'Economiste | Edition N°:324 Le 02/04/1998 | Partager

    La réforme de la Politique Agricole Commune a du mal à convaincre. Aussi bien les agriculteurs que les politiques ont manifesté leur désaccord avec les propositions de la Commission Européenne.

    Le projet de réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) soulève un tollé général. Partout en Europe, les agriculteurs manifestent leur mécontentement. Déjà vilipendée par les syndicats et les groupements d'intérêt agricoles, la réforme proposée par Bruxelles est maintenant contestée par les plus hautes instances politiques. Ainsi, Le Président français Jaques Chirac estime excessives les propositions de réforme formulées par la Commission Européenne et souhaite qu'"elle revoie la copie", rapporte l'AFP. De son côté, son Premier ministre M. Lionel Jospin a considéré que la baisse systématique des prix pourrait conduire à une impasse. Autre officiel à rejeter la réforme, le ministre de l'Agriculture allemand Jochen Brochert qui a annoncé qu'il exercerait une résistance résolue au "paquet Santer". Du nom du président de la Commission Européenne Jaques Santer, le plan de réforme propose diverses mesures pour réformer la PAC.

    Globalement, l'Europe prévoit d'allouer toujours autant d'argent à ses agriculteurs. Cependant, l'allocation des subventions sera désormais conditionnée par l'accomplissement de nouvelles tâches. Il s'agit principalement d'actions de protection de l'environnement ou d'amélioration de la qualité des produits. En outre, la Commission propose une baisse des prix agricoles garantis dans les céréales (-20%), la viande bovine (-31%) et le lait (-15%). Cette baisse ne sera que partiellement compensée par une hausse de l'aide directe. Pour la Commission, la réforme indispensable de la PAC répond à trois exigences. D'abord, rendre l'agriculture européenne plus compétitive sur le marché mondial. Ensuite, préparer l'UE aux difficiles négociations agricoles prévues fin 1999 dans le cadre de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Enfin, s'assurer que le budget communautaire "n'explosera pas" une fois l'Union élargie aux pays de l'Est et à Chypre.
    Les ministres européens de l'Agriculture, qui auront la lourde tâche de négocier cette réforme, ont commencé le mardi 31 mars leur premier examen en conseil spécial. Le projet a déjà reçu sa première volée de bois vert de la part de plusieurs Etats européens: Irlande, Espagne, Angleterre(1). Pour sa part, la Commission Européenne reste sereine. "J'ai connu des réactions similaires lors de l'élaboration de la précédente réforme qui date de 1992. En fin de compte, les revenus des agriculteurs ont beaucoup grimpé", a déclaré à l'AFP M. Santer, peu sensible aux critiques.

    Et de critiques, il n'en manque pas. Tous les groupes politiques du Parlement européen ont en effet mal accueilli le "paquet Santer". Même le groupe des verts, qui s'est félicité de retrouver dans le texte des idées "qu'il défendait depuis longtemps", s'est inquiété de l'absence de "Camisoles de force" pour les Etats membres. A défaut de critères précis de distribution des aides des Quinze, la réforme pourrait, selon les Verts, se traduire par une répartition arbitraire des subventions.
    D'un autre côté, Bruxelles devra aussi prendre en compte les doléances de l'Allemagne, de l'Autriche, des Pays-Bas et de la Suède. Ces derniers estiment que leur contribution financière est trop élevée et injuste et demandent donc un allégement de leurs versements aux caisses communautaires.
    C'est donc un exercice de haute voltige qui attend le président de la Commission Européenne pour faire passer le projet de réforme.

    Ghassan KHABER
    (1) A l'heure ou nous mettions sous presse, n'était pas encore connue la totalité des prises de position adoptées par les Quinze.

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