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    Tribune

    "Nous rentrons dans un siècle d'actions et d'amitié avec les femmes"

    Par L'Economiste | Edition N°:657 Le 10/12/1999 | Partager

    Par Fettouma BENABDENBI*

    Lors du séminaire sur un "Siècle de Femmes", organisé à Rabat du 1er au 3 décembre par la jeune association Féminin Pluriel, j'ai été chargée de faire la synthèse des travaux.
    J'avoue que ma tâche n'a pas été facile, car comment résumer en trois jours, 100 ans d'histoire vivante, et comment rapporter fidèlement et en 5 minutes toutes les réflexions, tous les ressentis et toutes les recommandations.
    Et bien je l'avoue, j'ai osé et j'ai usé, avec liberté, du pouvoir d'écoute et d'interprétation que les organisateurs m'ont octroyés, simplement pour partager avec vous, ce que cette rencontre a suscité comme débats et recommandations, qui nous interpellent à un moment ou à un autre, en cette fin de siècle, à quelques jours du troisième millénaire.
    L'idée force qui est sortie de cette rencontre, c'est que nous sommes en voie de quitter un siècle d'affrontements et de débats sur les femmes, pour rentrer dans un siècle d'actions et d'amitié avec les femmes.

    C'est-à-dire un siècle de l'humanité qui honore les humains que nous sommes l'humanité où les hommes et les femmes debout, la tête sur les épaules, sont mus par le désir, conscient ou inconscient, de bâtir et réussir ensemble, le monde auquel ils aspirent; cet Etat de droit où l'on aime mal et où l'on se respecte davantage, où le privilège de la "vie publique" est un droit et un devoir de tous les Marocains et de toutes les Marocaines, de tous les instants et dans tous les domaines.
    Tous les thèmes qui ont été abordés durant ces trois jours, sur la conditions féminine à l'échelle nationale et internationale, tant au niveau juridique, économique que social, ont eu le mérite de faire ressortir les forces et les faiblesses des politiques et des mesures d'accompagnement, surtout dans le domaine des droits et des devoirs, ces droits qui, dans leur formation, reflètent l'état de santé d'une société:
    · Le droit à la justice équitable, celle qui protège les êtres et plus particulièrement les plus vulnérables, en l'occurrence les femmes et les enfants de toute forme de violence et de discrimination.
    · Le droit à la santé, pour simplement dire non à une société génocidaire de ses femmes en couche, dont le taux de mortalité reste très élevé dans notre pays.
    · Le droit à l'éducation, pour dire non au taux élevé d'analphabétisme chez les femmes, principales éducatrices des générations présentes et futures.
    · Le droit au travail, pour dire non à la pauvreté.
    · Le droit de participer à la vie politique du pays, pour une meilleure implication des femmes dans l'organisation et le management social, et dire oui et en choeur à un projet de société qui fédère l'ensemble de la société, et où chacun revendique et assume son statut d'artisan du changement.
    Et tous ceux qui ont abordé la question des droits ont fait ressortir la nécessité de leur mise en oeuvre, ici et maintenant:
    · pour protéger la société de ses déviances;
    · pour renforcer le capital confiance dont une société solidaire a besoin pour faire face aux défis du troisième millénaire tels que la montée des intégrismes de tous bords, la paupérisation des populations et les contraintes de la mondialisation; lequel capital s'édifie et se régénère dans la famille, tissant son lien social dans le modèle de relation pères-mères.
    La mise en oeuvre de ces droits, dans le sens de l'exercice, de la protection et de la consolidation, constitue un devoir et une exigence citoyenne qui incombent à tous ceux et toutes celles qui participent directement ou indirectement, dans les choix et les orientations décisifs pour le développement global, au service de la dignité humaine.

    L'enjeu d'un avenir sécurisé et sécurisant pour tous, est trop important pour le céder au profit d'intérêts limités qui ne permettent pas à toute une société de grandir et de faire grandir.
    Ce débat passionnant a débouché logiquement sur la question du genre, "gender", posant la question féminine non plus comme une question conjoncturelle et accessoire, mais comme une question de société, voire, une des causes de nos impasses actuelles, où les décideurs hommes ont un rôle dominant et responsable à jouer, puisque ce sont ceux qui ont la charge lourde de la décision, les invitant à soutenir clairement le plan d'action pour l'intégration des femmes au développement et à faire participer davantage les femmes dans les process de décision, et partager ainsi la part de risque d'une société en devenir, pour mieux maîtriser un avenir ensemble.

    *Sociologue à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS)
    Présidente d'Espod, association pour la promotion de l'entreprise féminine


    Les actions


    Les actions des organismes internationaux à Mexico, à Copenhague, à Pékin et au Caire pour ne citer que ces réunions, ainsi que celles menées par les ONG nationales, et par notre gouvernement ont contribué et contribuent encore, activement:
    · à mettre en valeur cette nécessaire prise de conscience pour une meilleure intégration des femmes au développement;
    · à montrer la relation de cause à effet de la place des femmes dans le développement et le phénomène de la pauvreté dans le monde avec tout ce qu'il génère comme violence armée ou non;
    · à définir les stratégies d'actions sur le terrain à mettre en oeuvre pour une implication effective des femmes dans les programmes locaux, régionaux, nationaux et internationaux;
    · à accoupler concrètement et dans une grande cohérence la volonté politique avec le pouvoir de décision.


    La question de la religion


    Le futur meilleur auquel nous aspirons et les changements incontournables qu'il demande, a été confronté à la réalité dans laquelle il s'effectue.
    C'est ainsi que la question de la religion a été partie intégrante des débats, et il a été démontré par des spécialistes du fiqh, que l'Islam est une religion du bien-être de toute la communauté. Une religion de communion et de paix, contre tous les obscurantismes, tous les extrémismes, toutes les discriminations; une religion qui ne s'inscrit, ni dans l'immobilisme, ni dans les ruptures. Une religion des équilibres pour l'équilibre de tous et de toutes; une religion de "l'ijtihad" où la quête de la sagesse invite chaque individu homme ou femme, à la liberté et à la maturité, raisonnant notre petit "égo individuel et social" vaniteux et prétentieux, lui prescrivant un apprentissage de tous les instants, du respect de l'autre, de tous les autres, nous invitant au grand "jihad", celui du "nefs".
    "De celui qui dans la bataille, a vaincu mille milliers d'hommes et de celui qui s'est vaincu lui-même, c'est ce dernier qui est le plus grand vainqueur".
    Une religion qui, nous invite tous et toutes, de passer du pouvoir de domination vers le pouvoir de service, le pouvoir de construire et d'édifier ensemble, sur la base de valeurs sacrées et universelles, valeurs de l'Islam, cet Islam qui alimente nos coeurs et nos raisons telles que l'éducation, la protection des plus faibles, la solidarité, la coresponsabilité, la tolérance, le respect de l'autre, l'honnêteté, toutes ces valeurs mues par ce souci permanent du bien commun en lien vital avec le bien-être des personnes, hommes, femmes et enfants, dans le respect des différences.

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