Politique

Procès-Attentats: La Cour “corrige-t-elle des erreurs”?

Par L'Economiste | Edition N°:1576 Le 06/08/2003 | Partager

. Des condamnés d'Assirat Al Moustakim devant les juges mais pour d'autres chefs d'inculpation. Parmi eux, Khalid Aboubi, qui est sorti de prison deux jours après les événements du 16 maiAlors que des procès s'acheminent vers leur fin, d'autres commencent à peine à la Cour d'appel de Casablanca. Ainsi, hier, la Chambre criminelle présidée par le juge Lehsen Tolfi, a entamé les auditions du groupe dit de Abdelhak Hamdi. Lequel comprend 12 personnes. Parmi elles, plusieurs supposés kamikazes réservistes, mais aussi des éléments actifs dans Assirat Al Moustakim, un mouvement à l'idéologie absolutiste dont les membres ont été condamnés à la suite d'un meurtre, sur fatwa, commis en février 2002. Dans ce procès, près de 14 personnes étaient poursuivies pour meurtre sur “fatwa”, donc avec préméditation. Les peines qui avaient été prononcées en janvier vont de l'innocence pour deux prévenus à 20 années de réclusion criminelle pour la personne qui aurait porté le coup fatal. A l'époque, la piste du fanatisme défendue par le Parquet n'avait pas convaincu les juges. En tout cas, il n'y a pas eu de condamnation collective, et la personne désignée comme le “leader spirituel du groupuscule”, Zakaria Miloudi, n'avait écopé que d'une année de prison pour “escroquerie”. Le Parquet a, visiblement, gardé de cette mésaventure procédurale un goût amer d'inachevé que les attentats du 16 mai ont accentué. Bref, le dossier d'Assirat Al Moustakim a été exhumé et l'accusation prête à ses membres d'autres crimes en relation avec les actes terroristes de Casablanca. La partie n'est pas pour autant jouée. Le juge Tolfi gardera probablement en tête que c'est sa même chambre criminelle qui a été “indulgente” avec les membres d'Assirat Al Moustakim. De même, le Parquet devra apporter des preuves sérieuses de leur implication dans les attentats de Casablanca alors que, par exemple, l'un d'eux était, au moment des faits, en prison. L'audition de Khalid Aboubi était, en effet, très attendue par l'opinion publique. Condamné à un an de prison ferme, il a été libéré le 18 mai 2003, soit deux jours après les événements de Casablanca. Selon une source judiciaire, Aboubi a été arrêté le 23 mai à la sortie de la mosquée. Pourquoi ce regain d'intérêt pour Aboubi? “Il aurait assisté à une réunion tenue le 19 mai dans la région de Oued Maleh au cours de laquelle les attentats ont été bénis. De même, plusieurs prévenus l'ont désigné comme un orateur connu”, confie une source policière. Probable, mais l'intérêt manifeste du Parquet pour cet individu tient sûrement à son rang dans la hiérarchie intégriste: Quel rang occuperait un licencié en théologie alors que des collégiens se prévalaient du titre d'émir?Devant les juges, Khalid Aboubi est apparu serein par rapport aux autres prévenus de son groupe. “Son audition a été un sans-faute”, commente un avocat qui a tenu à garder l'anonymat. “Comme je l'ai précisé lors de mon procès avec le dénommé groupe d'Assirat Al Moustakim, je ne connais ni Zakaria Miloudi ni Brahim Firdaouss et je n'ai jamais commandé de prêche. Les rares personnes que vous liez aux attentats et que je connais sont des voisins du quartier sans plus”, a déclaré Aboubi. Comme attendu, il n'a pas manqué de soulever devant la Cour la contradiction entre son emprisonnement et le moment des attentats de Casablanca. “J'ai été forcé et surpris, à la fin de ma garde à vue, d'avouer beaucoup de choses. Comment peut-il en être ainsi alors que je n'ai été libéré que le 18 mai après une année de détention?” a-t-il lancé à la Cour. Contrairement à son habitude, cette déclaration n'a suscité aucune “relance” de la part du juge Tolfi et encore moins de la part du représentant du ministère public, Kraïn Saoudi. Aboubi a aussitôt regagné le banc des accusés. Les trois prévenus restants ont été par la suite appelés à la barre. A l'exception de Abdelali Kricha, ex-membre d'Assirat Al Moustakim, qui a avoué sa participation à des prêches de Fizazi (Abou Meriem), Rafiki (Abou Hafs)et Hadouchi. Il a, en revanche, nié sa “connaissance d'une organisation nommée la Salafia Jihadia”. Le procès a été finalement reporté au 12 août. La Cour a fixé cette date pour entendre le réquisitoire du ministère public et pour le démarrage des plaidoiries de la défense. Adil HMAITY

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