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    Plus de barrages ou moins de barrages?
    Par Mokhtar Bzioui(*)

    Par L'Economiste | Edition N°:2649 Le 12/11/2007 | Partager

    Dans la presse écrite, apparaissent, par moments, des articles où sont développés des positions, pas souvent objectives, sur les options stratégiques de la gestion des ressources en eau au Maroc; et la politique des barrages y est particulièrement mise à l’index.Commençons par donner un exemple d’appréciation sur le sujet, par un regard neutre, mais connaisseur: le président du Conseil mondial de l’eau, dans son discours prononcé en novembre 2006, lors de l’ouverture du débat national sur l’Eau, avait déclaré:«Ce qui a été fait dans ce pays [le Maroc] pour l’eau, depuis plusieurs décennies, est exceptionnel. Peu de pays peuvent prétendre avoir fait de même, et avoir fait autant en si peu de temps… chers amis marocains, soyez fiers de ce qui a été fait, soyez fiers des efforts consentis, fiers des résultats obtenus, fiers d’être regardés comme des précurseurs dont on vient aujourd’hui quérir l’expérience et la compétence».«… Un réchauffement léger de la planète, dont la principale conséquence, pour l’instant, est de renforcer les extrêmes climatiques: sécheresse accrue d’un côté, inondations brutales de l’autre… contraignant à surcalibrer les infrastructures, pour protéger les populations en surélevant les digues, à pomper plus profond ou à augmenter le nombre des barrages, des stockages et des adductions… Ces problèmes que vous rencontrez ne sont pas particuliers au Maroc.»On remarquera, d’après ces passages dudit discours, que le président du Conseil mondial de l’eau, fort de sa bonne connaissance de tout ce qui se fait de bon et de moins bon, à l’échelle internationale, en matière de gestion des ressources en eau, juge favorablement tout ce qui s’est fait au Maroc pendant les dernières décennies.On y remarquera également qu’il insiste sur le rôle des barrages dans l’atténuation des effets des changements climatiques, dont l’impact sur les ressources en eau n’est pas seulement la raréfaction des ressources en eau, mais aussi l’accentuation des crues; ce qui est désigné communément par «l’accentuation des phénomènes extrêmes».Il faut comprendre la gestion des ressources en eau, d’une manière générale, comme un ensemble d’actions qui vont de l’évaluation de ces ressources en eau à leur exploitation, en passant par leur planification, leur mobilisation -notamment par les barrages-, leur protection, etc. Ces actions doivent absolument être réalisées d’une manière complémentaire sous peine de conduire à un développement non durable. On désigne cette façon de faire par «la gestion intégrée des ressources en eau».C’est bien de la gestion intégrée des ressources en eau qui a été pratiquée au Maroc depuis des décennies, et non pas seulement une «politique de mobilisation» que d’aucuns redoutent de voir «revenir» comme choix des futurs responsables du secteur de l’eau.Avancer que la gestion des ressources en eau a été réduite à sa seule composante de mobilisation c’est nier les importants résultats acquis dans différents domaines de cette gestion, et notamment la planification, la gestion décentralisée et concertée des ressources en eau avec la création des agences de bassins, la législation de l’eau, pour ne citer que ceux-là.C’est bien de la gestion intégrée des ressources en eau qui doit continuer à être pratiquée, à l’avenir, avec toutes ses composantes, y compris celle de la mobilisation des ressources en eau; mais cette mobilisation ne doit être pratiquée que là où elle s’impose et non comme seul «choix stratégique», intention que l’on veut attribuer aux futurs responsables du secteur de l’eau.Pour s’en convaincre prenons l’exemple du bassin hydraulique du Tensift. Les ressources en eau de ce bassin sont déficitaires si on les compare aux besoins actuels et futurs. Satisfaire la demande en eau pour les différents usages passe, bien entendu, par les mesures d’économie d’eau, la protection des ressources en eau, le recours à la réutilisation des eaux usées, le contrôle des prélèvements d’eau, etc.; mais ce ne sera jamais suffisant sans la mobilisation de ressources supplémentaires d’eau de surface, c’est-à-dire par des barrages ou, à défaut, par un transfert d’eau d’un autre bassin hydraulique. Revenons maintenant au rôle spécifique des barrages. Ces ouvrages sont destinés à réguler les apports d’eau qui varient d’une année à l’autre (dans le cas du bassin du Tensift, cité auparavant, ces variations sont dans un rapport de 1 à 60). Ce rôle devient primordial pendant les périodes de sécheresse, mais aussi pour contenir les crues.Prenons le cas du barrage 9 Avril 1947. Ce barrage, livré à temps, aurait pu éviter le drame de pénurie d’eau vécu par les habitants de Tanger en 1995, suite à une période de sècheresse qui a duré près de cinq ans. Ce barrage s’est aussi distingué par un quasi-remplissage dès l’année 1996, année de sa mise en eau, sécurisant l’approvisionnement en eau potable de la ville de Tanger, même avec l’occurrence de cinq autres années de sècheresse.Autre exemple d’efficacité des barrages, le barrage Al Wahda permet, depuis sa mise en service, d’éviter à la plaine du Gharb de subir les inondations catastrophiques qui se manifestaient pratiquement tous les deux ans.Que dire du barrage de Twizgui Remz aménagé sur un cours d’eau qui n’a pas connu d’écoulements significatifs pendant près de deux décennies, et dont le réservoir s’est rempli en quelques heures, contenant une crue d’un débit de 3.500 m3/s, de quoi anéantir la palmeraie située à l’aval de cet ouvrage.Ces trois exemples, choisis parmi d’autres, donnent une parfaite illustration de la contribution des barrages à l’atténuation des effets des sècheresses et des crues, en permettant la compensation des situations de manque d’eau par celles où l’eau est en excès.Les phénomènes extrêmes -les sècheresses, alternées avec les crues- vont probablement s’accentuer avec les changements climatiques, nécessitant encore plus le recours aux barrages. Mais, insistons encore une fois là-dessus, c’est bien dans le cadre d’une gestion intégrée des ressources en eau que la mobilisation de l’eau par les barrages, avec les transferts comme action complémentaire, doit continuer à être développée.---------------------------------------------------------------------------------(*) - Mokhtar Bzioui a été directeur de la Recherche et de la Planification de l’eau de 1992 à 2004 - Il est actuellement consultant international en gestion des ressources en eau - Il est gouverneur du Conseil mondial de l’eau depuis 1999.

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