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Economie

Oléiculture: Le legs d’une seule variété

Par L'Economiste | Edition N°:2622 Le 02/10/2007 | Partager

. La Picholine marocaine domine 90% des plantations. Forte fluctuation interannuelle de la production. Faibles rendements d’olives et d’extraction d’huileCe qui distingue l’oliveraie nationale, c’est la forte fluctuation interannuelle de la production. Une année, la récolte dépasse le million de tonnes, la saison d’après, elle recule de moitié. Et la campagne qui s’annonce ne déroge pas à la règle. Après les 700.000 tonnes récoltées l’année passée, les prévisions pour 2007/2008 tablent sur un tonnage sensiblement identique. Grâce, dit-on, à l’entrée en production des nouvelles plantations estimées chaque année entre 10.000 et 15.000 ha. Mais le phénomène d’alternance n’en demeure pas moins récurrent pour l’essentiel de l’oliveraie. «Car il est propre à la variété qui prédomine», font observer les oléiculteurs. La variété dite «Picholine marocaine» représente en effet plus de 90% des plantations. Outre l’alternance qui caractérise sa production, la variété présente quelques inconvénients. Les conserveurs lui reprochent le pourcentage élevé des écarts de triage dus à la forme et aux calibres des fruits. Elle se prête mal à certaines préparations fort prisées sur les marchés extérieurs comme le dénoyautage ou la coupe en rondelles. Mais ses performances ne sont pas négligeables non plus. La Picholine est d’abord une olive à double vocation: la conserve et la trituration. Elle s’adapte, ensuite, à tous les reliefs et demeure peu exigeante en eau. Aussi, l’olivier est-il présent dans les zones montagneuses (où l’entretien est quasi-inexistant), dans le bour favorable et les périmètres irrigués. Et c’est dans ces derniers que l’on trouve les plantations modernes avec une bonne proportion de nouvelles variétés d’importation ou issues de la recherche agronomique nationale.Des variétés comme Haouzia, Ménara et Dahbia sont en effet concentrées dans des zones irriguées, notamment le Haouz, Tadla et El Kalaâ. Cependant, des variétés espagnoles et italiennes ont été récemment introduites dans d’autres zones, notamment le Gharb et Fès-Meknès. Il s’agit, entre autres, de la Manzanille, Gordal Sévillane, et l’Arbiquine (cf. www.leconomiste.com). Mais l’ensemble ne représente que moins de 10% de l’oliveraie nationale. C’est que les différents plans oléicoles menés jusqu’à présent ont été réalisés, dans une large part, avec la variété dominante. Surtout quand il s’agit des plants subventionnés ou distribués gratuitement aux agriculteurs. Aussi ne faut-il point s’étonner de constater le peu de progrès réalisé par la filière dans son ensemble.La production d’olives atteint en moyenne 550.000 à 600.000 tonnes générant près de 60.000 tonnes d’huile et environ 120.000 tonnes d’olives de table dont 50.000 sont exportées. Ces niveaux traduisent une situation vieille de deux décennies. Les superficies ont bien augmenté depuis lors de quelque 120.000 ha, passant de 500.000 à 650.000 ha. Mais les rendements stagnent: une tonne en moyenne à l’hectare et moins de 20% comme taux d’extraction d’huile. Plus grave encore, un recul tendanciel affecte la branche la plus avancée de la filière, car orientée vers l’export: les olives de table. Celle-ci qui plaçait le Maroc au 2e rang mondial des exportateurs est en perte de vitesse. Sa compétitivité s’est beaucoup amenuisée face à la concurrence étrangère plus productive et plus performante. La branche souffre également de la concurrence maroco-marocaine développée par les exportations indirectes des conserveries artisanales. Les expéditions qui ne portent que sur le vrac souvent constitué par des olives non encore désamérisées. Résultat, la matière première marocaine sert de principal support à la concurrence. Et le phénomène a vite impacté quelques unes des unités parmi les mieux structurées. Lesquelles se sont, à leur tour, reconverties dans la fabrication et l’exportation des olives en vrac. Pourtant, le potentiel est considérable. Le verger marocain présente une pyramide d’âge assez équilibrée. D’après un rapport de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader), publié en juillet 2007, le potentiel productif demeure très important. Il est représenté par 40% de jeunes plantations et 45% en pleine production. Les vieilles plantations n’interviennent que pour 15%.C’est donc l’effet de la variété. Mais aussi la persistance de structures archaïques de production et de valorisation. Au niveau des zones montagneuses, l’entretien des plantations est top sommaire. Il porte sur deux à trois opérations dans le bour et ne prend sa signification que dans l’irrigué. Lequel constitue la principale zone d’approvisionnement des conserveries modernes. En fait, l’oléiculture demeure l’activité à deux vitesses par excellence. Et le dualisme est flagrant à tous les stades de la filière. Globalement la valorisation de la production se fait à raison de 65% par la trituration et 25% par la conservation. Le reste constitue les pertes dues aux manipulations et l’autoconsommation. Or, cette valorisation fait une large place à la transformation artisanale. Que ce soit dans le domaine des olives de table ou la production d’huile. Si bien que la lampante y prédomine à raison de 60%.


Des contraintes à lever

Le développement du potentiel oléicole reste lié, selon les professionnels, à l’amélioration du matériel végétal et des techniques culturales, d’une part, et à l’assainissement du contexte socio-économique agricole, d’autre part. Près de 50% du patrimoine oléicole couvrent des micro-exploitations, relevant parfois de statut juridique complexe. De même 40% des plantations sont localisées sur des sols marginaux et à reliefs accidentés. D’où d’importantes pertes de récoltes et surcoûts au ramassage. Les insuffisances relevées à divers niveaux des techniques culturales, d’entretien et de protection complètent le tableau des contraintes à lever. A. G.

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