×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste



eleconomiste
Vous êtes 203.440 lecteurs à vous connecter sur leconomiste.com chaque jour. Vous consultez 254.995 articles (chiffres relevés le 29/5 sur google analytics)
Politique

Nador/Mellilia, entre colère et liesse
DNES K. E. H. et A. R.

Par L'Economiste | Edition N°:2647 Le 08/11/2007 | Partager

. Une matinée avec les manifestants à Nador . Ratissages et contrôles à outrance à MelliliaPoste-frontière de Béni Nssar à Nador. Ce mardi matin du 6 novembre une ambiance particulière anime la zone frontière. Elle n’a rien à voir avec les flux habituels de et vers Mellilia. Le temps est lourd de ce côté-ci de la frontière. Une manifestation contre la visite de Juan Carlos à l’enclave marocaine se prépare. Il n’est pas encore 9 heures lorsque les premiers manifestants prennent place pas loin de la police des frontières, face aux guichets. Des jeunes, des femmes, quelques quadragénaires et des militants associatifs venus de Nador, Oujda, Taza, Berkane... s’activent d’un côté. De l’autre, un important cordon sécuritaire est déjà mis en place: police, forces auxiliaires, brigade d’intervention rapide en plus des effectifs renforcés du poste-frontière. 9 heures 30, les premières instructions des organisateurs de la manifestation sont données aux quelques manifestants qui s’impatientaient face à la frontière. «Nous voulons surtout manifester dans le calme et la discipline. Alors pas de dérapages!» exhorte Abdelmounaïm Chawqi, membre de la Commission de coordination de la société civile du nord. Autour de lui, la foule s’excite et l’on commence à brandir pancartes, banderoles et scander des slogans en arabe et en espagnol: «Mellilia à tout prix, si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera demain» ou encore «Fuera Espana». Le ton monte et les encadrants n’arrivent plus à maîtriser la foule de plus en plus importante. L’on fait alors appel à des haut-parleurs pour faire entendre les directives. Le mot d’ordre était d’enclencher un mouvement vers la zone tampon à partir de 10 heures 30, y rester jusqu’au passage du convoi de Juan Carlos et rebrousser chemin vers midi et demi.Mais, les organisateurs n’ont pas réussi à retenir une foule surexcitée qui s’est tout d’un coup déchaînée telle une marée vers le portique espagnol. Les journalistes présents en force, presse écrite espagnole et marocaine, chaînes TV étaient contraints de courir dans le sens du mouvement. De l’autre côté de la frontière, la mobilisation est à son paroxysme: Guardia civile, gendarmerie, agents civils, police munie de boucliers, gourdins et armes.Des hélicoptères survolent aussi la zone au sud de Mellilia. Des Espagnols, drapeaux et flyers aux couleurs ibériques viennent narguer leurs vis-à-vis de l’autre côté du poste-frontière. En même temps, le contrôle se durcit: Visa ou permis de travail sont les seuls sésames autorisés. Ceux qui ont réussi à franchir le sas sont passés au peigne fin. Le journaliste de L’Economiste a dû subir 5 contrôles d’identité avant d’arriver à la grande place de la Municipalidad où devait se rendre le monarque espagnol. A quelques encablures, dans la place marchande frontalière de l’enclave qui compte quelque 70.000 habitants, tous les commerces sont fermés, les habituels de la place, commerçants et autres clandestins sont aux abonnés absents: «la police a ratissé large la veille», confie un jeune Marocain résidant à Mellilia. Vers 10 heures 15, les Espagnols ferment momentanément l’accès à l’enclave. Du coup, la tension monte d’un cran côté marocain. Des manifestants tentent de forcer la clôture, un jeune essaie de placer un drapeau marocain du côté du préside. Des altercations avec les gardes espagnoles s’ensuivent. L’agitation monte parmi la foule. «Yahia Yahia est interpellé par les forces de l’ordre espagnoles au poste-frontière», lance-t-on. Yahia Yahia, le président de l’Association d’amitié maroco-espagnole, aurait appelé à l’organisation d’une conférence de presse à Mellilia. Ce qui a exacerbé davantage la tension. Tension qui se traduit par des déclarations virulentes des députés, syndicalistes et autres membres de la société civile venus soutenir la manifestation. «Nous dénonçons fermement le déplacement inopportun et provocateur du roi espagnol, fustige Omar Hejira, député istiqlalien à Oujda (et parent du ministre istiqlalien de l’Habitat Taoufiq Hejira). Mais, renchérit-il, «à quelque chose parfois malheur est bon». Cette visite rappelle au monde entier que Mellilia et Sebta sont marocaines, pourquoi alors avoir accepté d’y accéder par Visa Schengen». Idée reprise par Miloud Hammouche, secrétaire provincial de l’UGTM à Nador: «La situation des deux enclaves ne cadre plus avec le contexte mondialisé de démocratie. L’ère du colonialisme est révolue», martèle-t-il. «Ce sont les partis et non le roi qui gouvernent en Espagne. Le lobbying des socialistes a, pour contrer le poids du parti populaire dans les enclaves, poussé Carlos à s’y rendre pour asseoir sa popularité». C’est dire, selon le syndicaliste, que la visite de Carlos est simplement motivée par des pressions partisanes, sans plus. Quoi qu’il en soit, sur la grande Plaza Espana au centre de Mellilia, des milliers d’Espagnols sont venus saluer le monarque. Ils brandissent flyers et drapeaux rouges et jaunes sur fond de roulement de tambours et fanfares. Parmi eux, des dizaines d’Espagnols d’origine marocaine que l’on reconnaît à leurs djellabas, foulards, voiles. «C’est la honte, ils viennent saluer Carlos. Ils oublient qu’ils sont d’abord Marocains, s’indigne une septuagénaire restée en retrait. «Mais, tempère-t-elle: on ne peut pas faire autrement, on vit ici!» 12 heures 15 mn (heure européenne), toujours à Mellilia, Juan Carlos passe par la Grande Place. Il est acclamé, aux cris de «Viva España», «Melilla espanola» ou encore «Viva El Rey» avant le discours. 12 heures 30, retour à Nador. Le contrôle au poste-frontière espagnol est toujours aussi corsé. Devant le préposé, la foule s’impatiente. L’interdiction d’accès est levée. Les premiers automobilistes sont autorisés à franchir la frontière après une fouille minutieuse. Au poste de Béni Nssar, les manifestants commencent à quitter la zone tampon. «Les manifestations ne suffisent pas. Il est temps de passer à d’autres moyens, lance un quadragénaire. Pourquoi pas une mobilisation à l’instar de la Marche verte vers Sebta et Mellilia?»

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc