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    Economie

    Migrants de retour
    L’enquête du HCP dresse le profil-type

    Par L'Economiste | Edition N°:2425 Le 19/12/2006 | Partager

    . Ils investissent principalement dans l’immobilier. Le crédit bancaire leur est inaccessibleC’est un homme, parti assez jeune, à peine 28 ans, dans les années 50 et 60, il a 64 ans au moment du retour. A l’étranger, il a passé 20 ans, probablement en Europe occidentale et vraisemblablement en France. Il n’a pas fondé de famille dans le pays d’accueil. Il a attendu la retraite pour rentrer au bercail. Ses derniers jours, il les passe comme il peut, dans la maison qui a absorbé toutes ses économies. N’ayant pas, en général, un projet économique, sa solidarité va en premier lieu à sa famille puis à la mosquée. Il l’affirme avec fierté, «je vis mieux après mon retour». Ceci est le profil-type du «migrant de retour», selon «l’Enquête sur la migration de retour des Marocains résidents à l’étranger» réalisée par le Haut commissariat au Plan (HCP). L’objectif était de «dresser le profil démographique et socioéconomique des migrants de retour, d’identifier les conditions de leur réinsertion professionnelle au Maroc ainsi que de cerner l’impact de leur séjour à l’étranger», affirme Mohamed Bijaad, le secrétaire général du HCP. En effet, menée auprès d’un échantillon de 1.476 migrants identifiés par le recensement national de 1994, cette étude permet d’établir une typologie de ces personnages. . Nouvelle vague jeune et instruiteLes questions ont porté sur les raisons de la migration, l’itinéraire emprunté avant et pendant la migration, les motivations du retour. Le rapport s’est également interrogé sur les conditions et les difficultés ou facilités que les migrants ont rencontrées, une fois réinstallés au Maroc. Ainsi, l’enquête montre que 26,9% des migrants de retour ont réalisé, au moins, un investissement au Maroc dans le tertiaire notamment. L’immobilier reste le secteur dominant. Ne dépassant pas, en majorité, les 200.000 DH, ces investissements ne permettent pas de créer plus que 10 emplois. Près de 75% des sondés affirment n’avoir eu droit à aucune facilité lors de la mise en place de leur investissement. En revanche, ils sont majoritaires à évoquer des tracasseries administratives et une quasi-inaccessibilité au crédit bancaire. Quant à leurs attentes, une assistance technique, en termes d’information juridique et fiscale, ainsi qu’une accessibilité plus importante au financement bancaire sont les principales requêtes formulées. Il convient de signaler que cette enquête a été réalisée entre octobre 2003 et janvier 2004, dans les régions du Grand Casablanca et de Souss-Massa-Drâa. Des interrogations peuvent être soulevées sur la généralisation de ses résultats à l’échelle nationale. Par ailleurs, leur exploitation pour la mise en place de politiques gouvernementales destinées aux migrants de retour pourrait être compromise par le fait que leur profil-type est en mutation. Les faits laissent transparaître un mouvement de retour de jeunes instruits, accompagné d’un mouvement parallèle de retour de Marocains issus de la deuxième et troisième génération. Cela contraste nettement avec les conclusions de l’enquête du HCP. Selon Noureddine Harrami, de l’Université Moulay Ismail de Meknès et l’un des participants à l’enquête, «une donnée sociologique est dépassée au moment où elle est collectée». La nécessité de réaliser des enquêtes plus récentes se pose aujourd’hui comme une évidence. Nabil TAOUFIK

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