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    Mes premiers pas dans Internet

    Par L'Economiste | Edition N°:168 Le 23/02/1995 | Partager

    Cliquez sur la souris, le monde vous appartient. Mais auparavant, il faut se brancher. Un mordu raconte les tracasseries pour entrer à Internet et les plaisirs à y vivre.

    Je le reconnais, je suis un malade de la technique. Mettez - moi n'importe quel gadget technologique devant les yeux et je m'emballe. Alors quand j'ai entendu parler d'lnternet, évidemment, ça m'a rendu fou.

    Quoi de plus excitant que ce réseau parmi les réseaux, reliant les ordinateurs du monde entier? Quoi de plus troublant que ce tissu de câbles conçu pour être indestructible en cas de guerre nucléaire?

    Mais j'ai vite compris que les portes du royaume d'lnternet n'étaient ouvertes qu'aux coeurs vaillants. Pour être tout à fait franc, c'est un dédale impénétrable. J'avais entendu dire qu'Internet avait été créé à l'intention d'informaticiens, d'universitaires et du Ministère de la Défense américains; ces gens-là n'avaient manifestement aucune raison de faciliter la tâche au commun des mortels.

    J'ai donc commencé par acheter une grosse documentation sur ce réseau, espérant qu'elle m'indiquerait le chemin de la connexion. En plus d'un ordinateur et d'un modem, les manuels indiquaient qu'il me fallait trouver un opérateur, c'est-à-dire une société ou un organisme acceptant de me vendre l'accès à Internet.

    Ce ne fut pas une tâche facile. Il existait certes des centaines de documents sur le mode d'accession au réseau et son utilisation mais, étant tous publiés aux Etats-Unis, ils n'offraient d'informations que sur les opérateurs établis dans ce pays. Par malchance, je me trouvais dans un désert informatique. La France.

    Une modeste liaison

    J'ai fini par trouver une société britannique, Demon Systems, dispensant l'accès moyennant 10 Livres par mois (environ 80 F) avec temps de communication illimité. Je leur ai passé un coup de fil pour savoir s'ils avaient un partenaire en France. La réponse fut "non".

    "Connaissez-vous quelqu'un en France qui offre un service équivalent?", demandais-je.

    "Non", me répondit encore le vendeur, en me promettant toutefois de m'envoyer des informations sur leurs services.

    "Plutôt que de passer par un serveur français, me conseilla-t-il, pourquoi ne pas plutôt passer directement par nous ?".Demon promis de m'envoyer sa documentation par la poste. Deux semaines plus tard, je n'avais toujours rien reçu. Après un nouveau coup de fil de ma part, ils renouvelèrent l'envoi. Dix jours plus tard, ma boîte à lettres était encore vide. Ils l'envoyèrent une troisième fois. Le lendemain je recevais leur premier fascicule.

    Une forêt vierge

    En attendant, j'avais eu le temps de trouver une société française, Oléane, offrant l'accès à Internet. Leur formule la plus économique était de 1.500 FF par mois, plus 2.500 FF de frais et un tarif de 90FF l'heure de connexion, soit trente fois plus que Demon. Je les remerciai cordialement et raccrochai.

    J'étais prêt à abandonner quand je découvris FranceNet. Ils offraient un service comparable à celui de Demon, seulement un peu plus cher en raison d'un taux horaire de connexion.. Après quelques calculs, je réalisai que les communications internationales n'étaient pas aussi bon marché que Demon l'avait laissé entendre et qu'il me reviendrait moins cher de passer par un service français. Ainsi, après avoir rempli quelques formulaires et réglé les modiques frais d'abonnement (160 F), j'étais inscrit.

    Je n'étais pas encore au bout de mes peines. Pour me relier effectivement à Internet, je devais installer et configurer le logiciel de FranceNet. Il me fallut passer plusieurs coups de fil à la société pour y voir clair. Après avoir enfin établi la transmission avec l'ordinateur de FranceNet, je dus encore me frayer un chemin dans une nuée de données propres au réseau. Figurez-vous Internet comme une immense forêt vierge: c'est un peu effrayant lorsque l'on n'a aucun repére. Heureusement, j'étais armé de mon guide et de ma passion pour l'exploration informatique. J'avais un ami en Angleterre disposant d'une adresse électronique et je voulais lui faire savoir que j'étais enfin connecté. Je chargeai mon programme, frappai les coordonnées de mon ami au clavier et lui envoyai un petit message de salutations. Quelques secondes plus tard, mon ami m'envoyait sa réponse. La ligne était vraiment établie!

    Mais cela ne me suffisait pas. Il n'était en effet pas possible concrètement d'envoyer à chacun de mes 25 contacts utilisateurs d'lnternet un message pour leur dire "Je suis là". Ma documentation suggérait d'essayer le système Usenet. C'est une sorte de cocktail-party géante où une multitude de petits groupes discutent chacun de son côté.

    Je chargeai le logiciel d'accès à Usenet, Internews, me connectai et commençai mon exploration. Je choisis un groupe discutant de mon auteur préféré, Douglas Adams, forum intitulé alt.fan.douglas. adams".

    Gagné ! Je me débrouillais pas trop mal pour un début.

    Au 7ème ciel

    Ceci dit, la navigation dans Internet demeurait une procédure compliquée. C'est là que je découvris le WWW (World Wide Web, soit le réseau international). Il introduit une interface graphique rendant l'utilisation d'lnternet plus conviviale. FranceNet disposait d'un bon démarrage sur le 3W. Grâce à ce système, il me suffisait de cliquer sur les mots soulignés en bleu pour me voir transféré sur une autre "page" d'informations appartenant à un autre ordinateur quelque part dans le monde.

    En consultant la liste des options du menu de FranceNet, je vis une liaison au musée du Louvre. Je cliquai et vis apparaître une liste de tableaux. Encore quelques clics et j'avais traversé la planète pour consulter des milliers de coupures de presse. J'étais au septième ciel, je surfais sur Internet au gré de ma souris. Cette connexion fut un véritable chemin de croix, mais je suis largement récompensé: un simple clic de souris et le monde m'appartient.

    Daniel Roseman World

    Media Coordination

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