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    Courrier des Lecteurs

    Même à 15,63%, le TEG ne résoudra pas le problème du surendettement

    Par L'Economiste | Edition N°:597 Le 17/09/1999 | Partager

    · Les réactions des professionnels face à la nouvelle baisse du TEG

    · Les opérateurs crient au scandale

    · Le TEG baisse, mais le taux de refinancement ne suit pas


    Les professionnels sont furieux. C'est le moins qu'on puisse dire après avoir récolté quelques réactions à la nouvelle baisse du taux d'enfer (Cf L'Economiste du mercredi 15 septembre). Bank Al-Maghrib l'a communiqué officiellement, le TEG (Taux Effectif Global) sera réduit à 15,63% dès le 1er octobre prochain. Déjà en mars dernier, lorsque le TEG a été ramené de 18,57 à 17,83%, les professionnels criaient au scandale. Maintenant qu'il passe à 15,63%, cela "pourrait être fatal pour les petites sociétés de crédit". Baisser le TEG de 2,2 points, c'est énorme. "Déjà qu'à 17% c'était juste, mais à 15% c'est la ruine", déclare le directeur d'une société. Personne ne veut être nommément cité...
    La baisse du taux maximum veut dire la réduction des marges des sociétés de financement. "Et plus la marge se réduit, moins on acceptera d'accorder des prêts à petits montants, puisque cela reviendra trop cher", commente un opérateur. Et de continuer: "Dans ce cas, au lieu de favoriser la consommation moderne, nous risquons de renvoyer les clients vers les circuits informels". Le TEG inclut les frais de gestion, le coût du risque, les imprévus, le coût des fonds propres, l'IS et même le coût de refinancement. Et c'est sur ce dernier point que les professionnels souffrent le plus. Pour se refinancer, les sociétés de crédit recourent aux banques qui leur facturent un taux aux alentours de 10%. "C'est rare où l'on peut décrocher un 9,5%. Il faut vraiment être un bon négociateur", affirme le directeur d'une société de crédit.

    Provisionner plus


    Face à la réduction continuelle du TEG et l'augmentation du risque client, les professionnels se trouvent obligés de provisionner plus, ce qui risque d'affecter les résultats. "Il y a des sociétés qui sont cotées en bourse et la réaction des marchés peut être brutale", est-il indiqué.
    La plupart des professionnels pensent que les sociétés adossées à une entité financière sont plus avantagées. Mais à en croire le directeur d'une société filiale d'une grande banque de la place, "ce n'est pas parce qu'on est adossé à une banque qu'on supporte mieux le taux d'enfer, mais c'est parce qu'on est mieux structuré". Cela n'empêche pas que la nouvelle baisse va au-delà de toutes les prévisions.
    De plus, et c'est ce qui revient dans plusieurs commentaires, "cela ne résout en rien le problème du surendettement. Au contraire, c'est le consommateur moyen qui va en souffrir le plus. Déjà qu'on était réputé ne prêter qu'aux riches...", est-il souligné.
    Pour sa part, l'APSF (Association des Professionnels des Sociétés de Financement) se refusait encore à tout commentaire à l'heure où nous mettions sous presse. Mais à en croire quelques directeurs des sociétés adhérentes, une réunion d'urgence a été convoquée le soir même du 14 septembre juste après le communiqué de Bank Al-Maghrib. Rappelons que l'APSF en accord avec la DRPP (Direction de la Rémunération et du Paiement des Pensions) avait mis en place une commission mixte ayant en charge de discuter avec les autorités locales de différents points liés aux difficultés de la profession, dont notamment la baisse continuelle du TEG. L'APSF aurait réalisé avec un cabinet spécialisé une étude selon laquelle le taux maximum ne devrait pas être inférieur à 18% pour préserver les intérêts des sociétés et des consommateurs.

    Hanaâ FOULANI

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