×
  • L'Editorial
  • Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Maroc/Algérie: Les coûts du non-Maghreb

    Par L'Economiste | Edition N°:2560 Le 02/07/2007 | Partager

    . L’Algérie, un chantier à exploiter. De nombreux contacts noués au cours de la semaine algérienneQue retenir de la semaine algérienne qui vient de se dérouler à l’Ofec à Casablanca (cf. www.leconomiste.com)? D’abord, que les entrepreneurs voisins sont ravis de pouvoir participer, pour bon nombre d’entre eux, pour la première fois à ce genre de manifestation. Ravis et satisfaits aussi de l’accueil qu’on leur a réservé. Pour rappel, alors que les opérateurs marocains ont participé à trois reprises à la Foire internationale d’Alger, c’est la première fois, depuis longtemps, que leurs homologues algériens viennent au Maroc. Et pour la plupart d’entre eux, l’expérience était «satisfaisante». De multiples contacts ont été noués au cours du salon principalement dans les domaines du bâtiment, phytosanitaire et agroalimentaire. Bien plus, certains ont constaté que quantité de leurs produits sont souvent à des prix des plus compétitifs, notamment dans le domaine de l’électroménager. Les appareils de type gazinière, chauffe-eau, ou climatiseur, proposés par la société Sonaric, une société d’Etat utilisant le gaz (convertible au butane et au propane) sont moins chers de 1.000 à 1.500 DH selon les produits. Ils répondent à toutes les normes de garantie et de fiabilité, car comme l’explique Abderrafik Abada, DGA du groupe, «le secteur des entreprises publiques offre les garanties nécessaires pour rassurer le client qui, face aux produits importés à faible coût, chinois notamment, n’a pas confiance. Surtout dans la qualité des composants qui laisse à désirer et qui pourrait entraîner de sérieux problèmes de sécurité». Et d’ajouter qu’ «il faut dénoncer les contrefaçons, qui représentent un danger pour les citoyens». Une leçon à méditer…. Délégation commerciale au grand completOnt répondu présent à l’invitation marocaine, le ministère du Commerce, l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur (Algex), l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), l’Agence nationale de développement de l’industrie (Andi), ainsi que la Compagnie algérienne d’assurance et de garantie des exportations (Cagex), la Banque d’Algérie, la Bourse algérienne de sous-traitance (BASTP) et la direction générale des douanes. Outre ce parterre officiel, c’était plus la présence des sociétés d’Etat et du secteur privé qui méritait l’attention. Les secteurs de l’électrique et de l’électroménager, celui de l’agroalimentaire, de la chimie et des produits pharmaceutiques, celui des grands travaux et du bâtiment, les industries diverses, le secteur du textile, celui de l’artisanat et enfin le secteur des services étaient réunis pour cette occasion. Et malgré tous ces intervenants, il faut bien remarquer que les couloirs étaient quasiment déserts le 27 juin dernier. La faute à une carence publicitaire de l’évènement, ou à un essoufflement des professionnels à qui était spécialement destinée cette rencontre. Pourtant, il y avait de quoi satisfaire les plus curieux. Une tentative de séduction algérienne louable, il est vrai, mais qui ne doit pas faire oublier les carences d’ordre technique concernant les importations des produits marocains à destination de l’Algérie. Et ce, malgré l’Accord d’association de l’Algérie avec l’Union européenne, la baisse sensible des droits de douane, les mesures incitatives à l’investissement, le programme de privatisation des entreprises publiques et la réforme bancaire et judiciaire. «L’ambition des opérateurs étrangers reste freinée par le problème des frontières», souligne Mehdi Abaghad, du groupe Nexans Maroc, présent dans plus de trente pays et qui fabrique des câbles et des transformateurs.  «L’Algérie reste potentiellement l’extension du marché marocain, mais pour les exportations, il faut encore passer par la voie maritime. Le transbordement par mer est plus cher, et surtout plus long. Casablanca/Alger, c’est 15 jours de transport avec escale en Europe, contre 3 jours pour Casablanca-Dakar». D’autant plus qu’avec la réouverture de la frontière terrestre avec l’Algérie, l’élimination des barrières non-tarifaires, l’application des conventions économiques et commerciales signées entre les deux pays, ainsi que l’ouverture de lignes maritimes directes, le Maghreb pourrait enfin jouer un rôle économique de premier plan dans la région. «En fait, le non-Maghreb nous coûte», explique Abdelkader Sediame, chef du département des relations extérieures du Centre marocain de promotion des exportations (CMPE) qui a pris part aux côtés des opérateurs marocains aux 3 dernières éditions de la Foire internationale d’Alger. Il reproche aux entreprises marocaines d’être absentes des salons professionnels spécialisés, notamment en Algérie. «C’est la troisième fois que nous nous y rendons, et la concurrence est là. La Tunisie, le Liban, et même quelques pays européens sont présents», renchérit-il. «L’Algérie est un chantier à ciel ouvert», comme le souligne Saad Sefrioui directeur de Ghassoul et Dérivés, une société qui exportait vers l’Algérie dans les années 70 des trains complets de marchandises, et qui était présente parmi la délégation marocaine composée d’une trentaine d’entreprises nationales.Aujourd’hui, le constat est là. Il y a encore tout à faire en Algérie. Le marché est des plus attractifs, et une forte volonté de reprendre les relations commerciales entre les deux pays anime les entrepreneurs marocains et algériens. Une note d’espoir tout de même: la création de l’Union maghrébine des foires a vu le jour au terme de la semaine algérienne au Maroc. La première foire maghrébine est supposée se tenir à Alger en 2008.


    L’Algérie en chiffres

    L’Algérie est un des pays les plus riche du continent africain. C’est la deuxième puissance économique en Afrique avec un PIB annuel de 113,6 milliards de dollars en 2006. C’est également le 5e producteur de gaz naturel (4e exportateur mondial), et le 13e producteur mondial de pétrole (9e exportateur). Du fer, de l’uranium, de l’or et du zinc sont aussi présents dans le sol. Avec ses créanciers publics du Club de Paris, l’Algérie a clos tout le processus de remboursement anticipé de sa dette pour un montant global de 7,75 milliards de dollars. Elle a également remboursé par anticipation sa dette rééchelonnée avec le Club de Londres en septembre 2006 pour un montant de 800 millions de dollars. Le pays vient en tête de la région Meda en termes de flux d’investissement, selon une enquête de 2004 réalisée par l’Agence Anima, qui annonce que le montant des IDE annoncé par le Mediterranean Investment Project Observatory (MIPO) est de 5,857 milliards de dollars.Alexis BENSAAD

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc