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    Economie

    Rivalités géopolitiques
    Quels partenariats pour quelle Méditerranée?

    Par L'Economiste | Edition N°:2560 Le 02/07/2007 | Partager

    . Le défi sécuritaire souligne les déséquilibres des partenariats. La coopération entre les services de renseignements n’a jamais cessé. Américains et Européens: «Tous les mêmes»!Avec les chaudes polémiques qu’ont entraîné la présumée installation de la base militaire Africom au Maroc et la multiplication des interventions de diplomatie publique de l’Otan comme de l’Union européenne vers la Méditerranée. Il semblerait que la fièvre sécuritaire ait largement pris pied sur la rive sud de la Méditerranée, avec son théâtre de périls et de chevaliers blancs.D’un côté, les alliés traditionnels regroupés derrière une politique européenne de sécurité commune (PESD) toujours aussi crainte et incomprise par les partenaires du Sud. Puis de l’autre, le partenariat de défense avec l’Otan, et plus précisément son chef de file les Etats-Unis, qui ont investi depuis 2001 plus de 100 millions de dollars dans des programmes d’aide divers.Qui des deux sauvera le Maghreb du péril terroriste ?Concrètement, la multiplication des cadres de coopération et le manque d’articulation entre les différentes instances n’arrangent rien aux problèmes déjà existants. Que ce soit dans le cadre d’une coopération militaire au sein de l’Otan, d’une coopération multidimensionnelle dans le cadre du processus de Barcelone (débuté en 1995 alors que l’UMA ne s’est pas réuni depuis 1994) ou dans celui de groupes plus restreints comme le groupe 5/5. Tout porte à croire qu’un sentiment général se soit dégagé des pays du Sud : la crainte d’être étouffé par leurs partenaire géants, qu’ils soient américains, européens ou encore chinois. «Il n’existe pas de politique de sécurité commune dans la configuration actuelle du Maghreb», constate Ishane El Kadi, journaliste indépendante à Alger, lors d’un séminaire sur la gestion des risques en Méditerranée(1). En effet, la gestion des risques sécuritaires en Méditerranée est un débat complexe où la montée des périls identifiés ne donnent toujours pas lieu à une politique cohérente. Qu’il s’agisse d’immigration clandestine face au verrouillage de «la grande frontière», comme la qualifiait Mohammed Bennani, professeur d’université à Casablanca, de terrorisme face à la montée des idées extrémistes, ou bien encore des nouvelles formes d’économie souterraine. Les risques s’aggravent alors que les conflits en Méditerranée persistent, handicapant fortement la mise en place d’une politique sécuritaire commune. Pourtant, les menaces sont réelles, c’est pourquoi faire converger les perceptions de l’ensemble des partenaires concernés, pour en ressortir une analyse commune et ensuite un traitement global, s’impose comme le préalable à tout partenariat qui se voudrait «équilibré et responsable». «La question palestinienne sera résolue avant celle de l’UMA!», s’exclamait un patron de presse tunisien. En effet, dans le domaine sécuritaire, la seule coopération, qui n’ait jamais cessé d’exister dans l’ombre, reste celle entre les services de renseignements des pays. Malgré les petites querelles entre le Maroc et l’Espagne, les attentats de Madrid ont confirmé la continuité des échanges d’informations, indépendamment des contextes politiques. Il en va de même pour les pays du Maghreb entre eux. «Le conseil des ministres de l’Intérieur est la seule instance de la Ligue arabe qui est assidue depuis 20 ans, même quand il existe des antagonismes profonds», rappelle Rachid Khechana, patron de presse à la tête du Parti démocratique progressiste tunisien. «On a pas l’impression que l’Europe se soit réellement détachée de la politique américaine sur des points essentiels qui ont un réel impact sur l’opinion des pays de la Méditerranée», a rappelé Said Benmerad, enseignant et consultant pour le Ceneap d’Alger. Dans le même ordre d’idées, le manque de démocratie et l’oppression à différents degrés qui caractérisent les pays du Sud renforcent l’immobilisme de la situation. Pourtant, et comme le rappelle Driss Khrouz, «on ne peut pas avoir de stabilité, ni donc de sécurité, sans démocratie. Mais il ne faut pas dire qu’on ne peut pas régler les questions de sécurité sans démocratie». Démocratie. Sur ce sujet, des reculs inquiétants ont été enregistrés depuis le début de la frénésie sécuritaire engagée au Maghreb. Le Maroc et l’Algérie font piètre figure dans ce domaine, pour leurs présumés flirts dangereux avec les services secrets américains. Mais comme l’a rappelé Pascal Boniface, président de l’Iris, «le tribunal de l’opinion publique exerce une influence grandissante sur la conduite des politiques internationales. Lutter contre le terrorisme en niant les droits de l’Homme n’est pas une option acceptable. Il faut inclure l’aspect humain dans le traitement de la question sécuritaire». Le défi en vaut la chandelle : le traitement humain de la question sécuritaire profiterait autant aux pays du Sud de la Méditerranée qu’à l’ensemble des générations qui vivront dans un espace euroméditerranéen unifié. Najlae NAAOUMI-----------------------------------------------------------------------------(1) Séminaire organisé par le Germ et l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques) qui s’était tenu en février 2007 à Rabat

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