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    L'UMA: Une option à ne pas manquer

    Par L'Economiste | Edition N°:10 Le 02/01/1992 | Partager

    LE discours de M. Abdullah Saudi Président du groupe Arabe Banking Corporation a marqué beaucoup plus que tout autre intervention la quatrième réunion des banques maghrébines le 3 et 4 Décembre 1991 à Tripoli.
    Son intervention s'articulait autour du nouveau défi que doivent affronter les banques arabes après la crise du Golfe, les problèmes de la BCCI, le gel des avoirs irakiens et kowetiens, la crédibilité des banques arabes à l'étranger et la nécessité de renforcer davantage la coopération inter-banques arabes.
    Nous reprenons ici les idées fondamentales de son intervention pour insister à notre tour sur la nécessité de faire partie du nouvel ordre économique international et d'y jouer un rôle actif au sein d'un groupement d'intérêts communs tel que l'UMA. Depuis le 2 Août 1990, les banques arabes, partout dans le monde, connaîssent une période très difficile dans leur histoire bancaire.
    La décision des banques internationales de cesser de financer leurs opérations et les nombreux problèmes engendrés par le manque de liquidités durant la période de la crise ont été le premier coup d'alarme.
    A côté de cela vient s'ajouter la perte de crédibilité que des banques arabes ont mis longtemps à bâtir, et qui a eu comme conséquence la baisse des dépôts, notamment en Dollars, et ce, malgré le fait que certaines banques ont jugé utile de déplacer leurs opérations à Londres.

    Effectivement, les banques arabes ont reçu un coup terrible avec la crise de la BCCI, et leur image dans le monde a fait plus qu'en pâtir. De nouvelles mesures d'appréciation des banques ont été mises en place, notamment le ratio Cooke. Ce nouvel instrument au service des pays de l'OCDE consacre encore plus le fossé entre pays riches et pays pauvres. Pendant et après la crise, beaucoup de banques étrangères ont réduit le montant de leurs engagements sur les pays arabes de façon générale, et donc refusaient toute nouvelle opération au delà du seuil nécessaire pour le maintien des relations. Cet état des choses se traduisait par un afflux des opérations sur les banques arabes à l'étranger au lieu et place des banques européennes ou américaines, les lignes de financement arabes ont été augmentées et les espoirs d'une coopération inter-arabe se sont accrus. Mais le rêve n'a pas duré longtemps et le jour s'est levé sur la reprise des échanges avec les mêmes banques.
    La crise a levé le voile aussi sur l'intérêt que peuvent apporter les banques offshore. La faible relation qu'elles ont avec les autorités monétaires locales et même avec l'économie du pays hôte peut ne pas justifier la création de telles zones.
    Certes, leur existence est source de développement d'une industrie bancaire très avancée au service de la circulation de capitaux très importants. Mais si encore à la moindre fièvre du "Financial Times" le risque du pays hôte est écarté pour des "financements plus sûrs", les conditions des banques offshore doivent être reconsidérées en conséquence.
    De plus en plus, pour s'engager avec les pays arabes, les correspondants recrutent des professionnels arabes et les chargent de traiter à leur place des problèmes de financement. C'est encore une autre manière d'entretenir les échanges.

    Par ailleurs, dans la coopération maghrébine comme partout, l'intermédiaire étranger trouve sa place dans chaque opération commerciale, le réglement passe nécessairement par une banque étrangère parce que tout simplement le clearing ne peut être assuré que par une banque du pays de la devise. Et cette situation continuera tant qu'on retardera la création d'une unité de compte maghrébine.
    Cette dernière mesure que doivent prendre rapidement les autorités des cinq pays de l'UMA viendrait comme une conséquence de la compensation multilatérale pour pallier aux problèmes de finan-cement en devises qu'affrontent nos pays d'une part et comme monnaie de mesure pour ne pas tomber dans les rouages du Dollar comme monnaie de référence.
    Jusqu'à une date récente, la coopération entre les pays arabes et les groupements d'intérêts économiques tels que la CEE était le résultat d'accord entre Etat à Etat, et les échanges se trouvaient influencés par les fluctuations des humeurs politiques de chaque gouvernement d'une part, et par le cadre réglementaire imposé par la communauté toute entière d'autre part.
    En 1988, un premier accord a été signé entre le conseil de coopération du Golfe et la CEE, pour une coopération dans le domaine de l'énergie, de l'industrie et de l'agriculture. Cet accord constituait la première étape avant la libéralisation des échanges entre les deux parties.
    La constitution du marché de l'UMA dans une conjoncture mondiale plus ou mois favorable est un nouveau défi pour le monde arabe, et le nouveau paysage mondial ne devrait pas achever sa formation sans le Maghreb Arabe.
    Les banques maghrébines ont un rôle important à jouer dans la construction du marché commun maghrébin en développant d'abord une présence forte à l'étranger et des relations solides avec tous les pays arabes.
    Ensuite au niveau régional, en essayant de lever les handicaps suivants qui sont les recommandations du comité des échanges commerciaux:
    - la création d'un centre de données économiques pour l'information sur les produits et les possibilités existants dans chaque pays;
    - la levée des obstacles pour la libre circulation des personnes et des capitaux;
    - le soutien à la création de la banque de développement et de commerce maghrébine.
    Ces recommandations et d'autres nécessitent l'approbation des pouvoirs publics et leur volonté de faire absolument partie du nouvel ordre économique international en tant que membre actif.

    D.Bentayeb.
    Cadre de banque

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