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    Economie

    L'OMC file un mauvais coton

    Par L'Economiste | Edition N°:2176 Le 21/12/2005 | Partager

    . Hostilités annoncées entre exportateurs et importateurs. La baisse des droits de douane reportée à avril 2006. Encore 8 ans d’attente pour l’Afrique côté PACA première vue, l’accord convenu au terme du sommet ministériel de l’OMC à Hong Kong, tenu entre les 13 et 18 décembre, semble profiter aux pays en développement qui devront, théoriquement, bénéficier de la suppression, d’ici 2013, des subventions agricoles à l’exportation, notamment sur le coton. La quasi-totalité des produits émanant des pays les plus pauvres devront pénétrer les marchés des riches sans s’acquitter de droits de douane ni respecter de quotas. Cette façade reluisante de l’accord ne peut occulter les «oublis» dissimulés dans ses dispositions. Aucune mention relative aux subventions déloyales dont bénéficient les cotonniers américains, premiers exportateurs mondiaux, n’a été citée. Cela maintiendra leur privilège et ternira encore plus la position des exportateurs africains. L’Union européenne a, certes, dénoué le blocus de la convention en proposant une date butoir à l’annulation des subventions agricoles. Mais cela se fera au terme du cycle budgétaire européen qui prévoit toujours des aides agricoles faramineuses, dans le cadre de la politique agricole commune (PAC). Le «médiateur» européen du commerce, Peter Mandelson, a été obligé de se plier au bon vouloir de la France, acharnée sur le butin que lui réserve la PAC.  Les Africains sont donc restés sur leur faim. Eux qui ont longtemps milité pour la suppression imminente de ces subventions doivent attendre encore huit ans pour «bénéficier» d’un traitement plus ou moins équitable. Quoique dérisoire, l’autorisation accordée aux 49 pays les plus pauvres comporte également plusieurs «omissions». Le texte prévoyant la libéralisation a exclu certains produits-phares des pays en question sous prétexte de «protéger», entre autres, les Etats-Unis des importations de textile bon marché et le Japon de celles du riz. Toutes ces dispositions restent, toutefois, superficielles par rapport à la principale pomme de discorde qui continue à freiner les négociations de l’OMC. Les 149 membres de l’organisation ont encore une fois reporté les négociations relatives à la suppression des droits de douane en raison de l’acharnement des pays riches sur la protection de leurs étroites considérations commerciales. L’OMC a préféré ajourner ce volet pour un prochain rendez-vous prévu en avril 2006. Une rencontre qui mettra aux prises ministres et ambassadeurs au siège de l’OMC à Genève. Les pays en développement considèrent ce point comme le vrai déclic de leur activité commerciale puisqu’il leur permettra enfin de pénétrer des marchés stratégiques qui leur sont prohibés. Mais cela ne se fera certainement pas sans frais.Le sujet belliqueux des droits de douane provoque des confrontations à couteaux tirés entre les exportateurs, pilotés par les Etats-Unis, qui réclament une réduction de 90% sur les droits les plus élevés. L’UE et ses partisans, parmi les pays importateurs, dont principalement la Suisse et le Japon, redoutent l’effet d’une telle baisse sur leur production agricole et ne veulent pas aller au-delà de 60%. Ils réclament, de surcroît, la protection de certains produits jugés «sensibles».Les pays en développement ne peuvent espérer une réduction saine de ces droits de douane. Les Etats-Unis soumettent la baisse de ces aides agricoles à une plus grande ouverture de leurs partenaires. En échange d’une baisse des taxes d’importation sur les produits agricoles, les pays riches exigent que les pays en développement réduisent leurs droits de douane sur les produits industriels. Les dispositions de Hong Kong auront au moins servi à relancer le processus de Doha (initié en 2001), qui marque déjà deux années de retard. Encore faut-il mobiliser la volonté des pays riches pour subvenir à un accord équitable. Les pays membres seront tenus de se prononcer sur la question épineuse du pourcentage de réduction des droits de douane, particulièrement ceux relatifs à l’agriculture.Les médias jugent, cependant, que l’accord obtenu à Hong Kong était colmaté par les pays membres pour éviter un nouveau fiasco après celui de Cancun. Le temps presse: l’ensemble du cycle de Doha doit être bouclé à la fin de l’an prochain. Si les pays membres devaient à nouveau rater cette échéance, cinq années de travail risqueraient de passer à la trappe.


    Altermondialistes

    Les tractations de Hong Kong se sont déroulées toute la semaine sous la pression de manifestations altermondialistes dont Hong Kong n’avait pas l’habitude. L’une d’elles a dégénéré samedi 17 décembre en affrontements avec la police, faisant une centaine de blessés légers et entraînant près de 900 interpellations. Dimanche 18 décembre, plus de 7.000 personnes, dont un cortège imposant de riziculteurs sud-coréens, ont défilé dans le calme.Nouaïm SQALLI (avec AFP)

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