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«Ne répétons pas les erreurs du textile«
Mohamed Benayad du CNCE

Par L'Economiste | Edition N°:2176 Le 21/12/2005 | Partager

. L’Economiste: Les pays en développement «moyens» ne sont-ils pas piégés entre le groupe de Cairns et celui des PMA, les plus pauvres?- Mohamed Benayad: Effectivement, le groupe de Cairns regroupe les pays plus ou moins développés, qui ont une forte production agricole comme l’Australie, l’Argentine, le Brésil, géants de l’exportation. Au sein du groupe des 90, les positions ne sont pas tranchées. Il y a une convergence sur l’idée selon laquelle il faut un traitement différencié et spécifique pour les PVD, avec un temps de démantèlement plus lent que celui des pays développés. Ce qui est plus ou moins la philosophie du Maroc. Nous avons abouti à un point commun qui est la suppression des subventions à l’export, du soutien interne et la réforme de la politique agricole en 2013.. Quid des enjeux agricoles pour le Royaume?- La position du Maroc est délicate. Sur certains produits, il est exportateur net (légumes, tomates…). Sur d’autres, il est importateur net (essentiellement les produits de base). La situation est difficile à gérer, car on ne peut pas ne pas adhérer à l’esprit de la PAC (politique agricole commune de l’UE) puisqu’elle nous assure un accès préférentiel sur certains produits. En même temps, la situation internationale pour le blé nous avantage.. Comment le Maroc doit-il réagir?- Il ne faut pas répéter les erreurs faites avec le textile. Nous savions il y a dix ans que l’Accord multifibres allait être démantelé. Mais nous avons attendu la dernière minute pour développer des politiques spécifiques. En 2013, pour l’agriculture, nous allons vivre des grands chamboulements. Il faut nous y préparer. Pour l’instant, nous ne pouvons imaginer l’ampleur de ces changements vu que les négociations continuent à Genève. Mais les principes sont acquis. Il est impératif de réfléchir dès maintenant à la manière de s’ajuster pour au moins limiter les effets négatifs.Propos recueillis par Mouna KADIRI

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